Critique de film

Dragons 2

"How to Train Your Dragon 2"
affiche du film
  • Genre : Animation, Fantastique
  • Année de production : 2014
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h45
  • Musique : John Powell
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Tandis qu’Astrid, Rustik et le reste de la bande se défient durant des courses sportives de dragons devenues populaires sur l’île, notre duo désormais inséparable parcourt les cieux, à la découverte de territoires inconnus et de nouveaux mondes. Au cours de l’une de leurs aventures, ils découvrent une grotte secrète qui abrite des centaines de dragons sauvages, dont le mystérieux Dragon Rider. Les deux amis se retrouvent alors au centre d’une lutte visant à maintenir la paix. Harold et Krokmou vont se battre pour défendre leurs valeurs et préserver le destin des hommes et des dragons.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Dragons 2 - Fire and ice
Par : Samuel Tubez






En 2010, Dreamworks livrait aux petits et grands le premier Dragons, film d’animation nous plongeant en plein univers fantasy qui se détachait judicieusement de l’excès et l’humour potache, marque de fabrique des plus gros succès animés du studio. Cette réussite tant critique que publique engendra, tel Madagascar et ses pingouins, une poignée de courts destinés à la télévision (Les Cavaliers de Beurk, notamment) mais aussi et surtout cette suite sobrement intitulée Dragons 2, dans la droite de son prédécesseur.

Les dragons vivent désormais en harmonie avec les vikings de l’île de Beurk, grâce au jeune Harold et son fidèle Krokmou qui, cinq ans plus tôt, ont prouvé que les dragons ne représentaient aucune menace s’ils étaient traités avec délicatesse et respect. Pendant que les autochtones se défient dans des courses effrénées avec leurs désormais fidèles destriers à écailles, notre héros parcourt les cieux en quête de territoires inconnus accompagné de son Furie Nocturne. S’essayant également à quelques cascades risquées afin de maîtriser les handicaps de chacun d’entre eux (Krokmou ayant un aileron de moins et Harold ayant précédemment perdu une jambe, rappelons-le), ils découvrent une grotte secrète abritant des centaines d’espèces de dragons vivant auprès du mystérieux Dragon Rider. Mais ils vont aussi faire la connaissance avec le perfide Drago qui tente de maîtriser l’entièreté des dragons par le biais d’une espèce Alpha…

Dreamworks aurait-il enfin atteint l’âge de la maturité ? Le premier Dragons proposait une certaine « fraîcheur » dans le cinéma d’animation, assumant magnifiquement son appartenance à la fantasy tout en restant une comédie familiale sans pour autant se vautrer dans la parodie lourdingue. Cette suite poursuit sur cette lancée, affichant en sus davantage de fantasy, d’actions nobles, et dissimulant même au passage des sentiments inespérés. En outre, cette œuvre pas uniquement destinée aux marmots n’a jamais peur de montrer des personnages amputés (et pas seulement son héros), allant même jusqu’à sacrifier l’un de ses principaux protagoniste juste après une séquence de retrouvaille émouvante. Etonnant venant du studio derrière Shrek et Kung Fu Panda ! Un revirement heureux, en partie de nouveau dû à la présence du réalisateur Dean DeBlois (le déjanté Lilo & Stitch) bien sûr, œuvrant cette fois seul, mais aussi à une réelle volonté du studio de livrer des divertissements plus adultes qui ne s’appuient pas uniquement sur des clins d’œil appuyés envers toute une génération de geeks et autres cinéphiles. Quel plaisir d’assister à un récit mieux emballé qu’à l’accoutumée, plus dense thématiquement, non dénué d’émotion, voire plus sombre, à l’image du récent Les cinq légendes. Mais contrairement à ce dernier, Dragons 2 évite la surabondance de bons sentiments et le ton moralisateur en se concentrant sur ses attachants personnages principaux ainsi que sur l’aventure, que l’on peut sans sourciller qualifier d’épique. Côté design, le film est une merveille tant au niveau des décors et textures tout en continuant de proposer un bestiaire original et toujours plus impressionnant (aucun film jusqu’ici n’aura proposé une telle variation d’espèces de dragons et il sera très dur de l’égaler sur ce point). Les espèces et les éléments (feu, glace, terre, mer) se côtoient dans des joutes et des balais virtuoses et héroïques qui n’ont presque rien à envier aux monuments d’heroic fantasy live les plus notoires. Il est juste dommage d’assister au déroulement d’un scénario convenu (une fois de plus, une plongée dans le passé du héros, ici via le retour de la figure maternelle) et de voir agir un bad guy (Drago) qui manque cruellement de consistance, notamment en ce qui concerne ses motivations (le gars se venge parce qu’un dragon lui a fauché un bras), bien que sa manière de le faire (en maîtrisant ces derniers, donc) nous change quelque peu du désir d’extermination pur et dur. Une manière d’illustrer le célèbre adage « combattre le feu par le feu », en quelque sorte.

A l’image de son héros, Dragons 2 a gagné en maturité en proposant un divertissement intelligent et épique, à l’humour subtil et possédant même une dimension émotionnelle inattendue. Pour ne rien gâcher, l’animation et le spectacle visuel offert sont époustouflants de maîtrise tout en étant incroyablement diversifiés d’un point de vue esthétique. Un tout bon blockbuster estival !


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