Critique de film

Dracula vs Frankenstein

"Los monstruos del terror"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 1970
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Tulio Demicheli
  • Pays d'origine : Espagne, Allemagne de l'Ouest, Italie
  • Durée : 1h25
  • Scénariste : Paul Naschy
  • Musique : Rafael Ferrer-Fitó, Franco Salina
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Michael Rennie, Karin Dor, Craig Hill, Helga Geissler, Patty Shepard
  • Récompenses : Aucune

Des aliens venant d'un monde mourrant envisagent d'envahir la Terre en se servant de la supersticion des terriens. Ils ramènent deux scientifiques à la vie et utilisent leurs connaissances pour ranimer des créatures légendaires comme le Loup-Garou, la momie Tao-Tet, le vampire de Meirhoff et le monstre de Frankenstein.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Dracula vs. Frankenstein - Monstres contre Aliens
Par : Fred Pizzoferrato


Paul Naschy est un passionné de cinéma populaire, un vrai, dont toute la carrière fut consacrée à la relecture de thèmes classiques du fantastique. Un personnage fort sympathique donc, même si il n’a pas tourné que des chefs-d’œuvre, loin de là ! Bien qu’il ait eu l’occasion d’interpréter pratiquement tous les monstres sacrés du patrimoine, sa création la plus fameuse reste toutefois le loup-garou Waldemar Daninsky, qu’il incarna une douzaine de fois dans autant de métrages. Ce Dracula vs Frankenstein, datant de 1970, constitue le troisième volet de cette longue saga. Malheureusement, en dépit de prémisses intéressantes, il s’agit également d’un des plus faibles et le ratage s’avère quasi complet.

L’intrigue débute par la présentation d’une petite troupe d’extra-terrestres belliqueux lesquels, pour échapper à leur monde à l’agonie, décident d’envahir la Terre et de soumettre en esclavage la race humaine. Refrain connu donc. La première étape de leur plan les mène à un cirque ambulant où un vampire (qui doit être Dracula puisque le titre le laisse entendre) se trouve exposé, le cœur transpercé d’un pieu. Bien sûr, nos Aliens retirent le bout de bois et provoquent la résurrection de l’enfant de la nuit. Peu aprés le même scénario se répète avec Daninsky, le fameux loup-garou, suivi par Tao Tet, une momie, et une créature monstrueuse créée par ce cher Victor Frankenstein (lequel, pour sa part, n’est pas présent). Bref, nos visiteurs de l’espace se constituent une petite mais redoutable armée. La domination planétaire semble donc en bonne voie mais, hélas, nos extraterrestres se laissent dominer par leurs émotions et tout cafouille, d’autant que Daninksy est un brave type (à poil certes mais brave quand même !) et qu’il proteste vigoureusement...

Dracula vs Frankenstein fut coproduit par l’Espagne et l’Allemagne et le scénario, signé de Paul Naschy lui-même, rappelle évidemment la fin de l’âge d’or de la Universal (et les métrages comme Frankenstein rencontre le loup-garou, La maison de Frankenstein et La maison de Dracula) ainsi que certaines séries Z (impossible de ne pas dresser un parallèle entre le plan de conquêtes de ces envahisseurs et le fameux « plan 9 » cher à Ed Wood dans son mythique Plan 9 from outer space). Le résultat final avait donc peu de chances de figurer parmi les incontournables de la cinémathèque mais le spectateur pouvait raisonnablement espérer un divertissement bis de haute volée. Hélas il n’en est rien tant Dracula vs Frankenstein se révèle anémique et ennuyeux.

Le scénario, propice à un fumeux délire (et accessoirement une bonne poilade), patine rapidement dans la semoule et enchaîne lieux communs et scènes attendues. Nos aliens trouvent le squelette de Dracula dans un cirque et le ramènent à la vie. Ils partent en Egypte, trouvent une momie en deux temps trois mouvements et…hop !, ils la ressuscitent ! Il faut dire que les extraterrestres sont aidés par un certain Warnoff, lequel ne pouvait forcément être que le Méchant (un Méchant avec un « m » majuscule !) avec un tel patronyme. Warnoff est incarné par un Michael Rennie (« He was ill the Day the Earth Stood Still », ne l’oublions pas !) en fin de carrière…tellement en fin de carrière que le pauvre décéda peu après sa participation au film (pour un peu il aurait fallu lui trouver un sosie se baladant une cape devant le visage !). Dans le genre « sortie glorieuse » ça rivalise bien avec les derniers… euh…films de Lugosi ou Karloff.

Bref, le Méchant spécule aussi sur la possibilité d’utiliser une armée de gonzesses top bonnes pour l’assister dans sa tâche. Grâce à une machine à laver le cerveau, notre Warnoff recrute logiquement deux assistantes, lesquelles n’auront pas d’autre utilité que de jouer les potiches, ça tombe bien on ne leur en demande pas davantage. L’intrigue suit ensuite son cours logique, tout comme l’enquête menée par un flic opiniâtre (dans la série B le flic est toujours opiniâtre ou alcoolique) qui parvient à remonter la piste menant tout droit au repère secret du terrible savant fou (dans la série B le savant est toujours fou).
Dracula vs Frankenstein va encore continuer un bon moment, accumulant des péripéties souvent trop stupides ou incompréhensibles pour maintenir l’intérêt d’un spectateur de plus en plus atterré par la bêtise du script. Au final, la police les habituels paysans en colère iront remettre de l’ordre dans tout ce bazar et le métrage pour se terminer tandis que les monstres commenceront à se battre l’un l’autre à la manière de catcheurs en pleine « bataille royale »

Incohérent, mal fichu, fauché, Dracula vs Frankenstein constitue une œuvre sans prétention mais malheureusement sans beaucoup d’intérêt. En dépit de quelques idées sympathiques et de la présence de Michael Rennie et Paul Naschy, l’ensemble ne saura contenter que les inconditionnels du nanar horrifique des années 70. Les autres s’abstiendront avec raison.

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