Critique de film

Dorothy

"Dorothy Mills"
affiche du film
  • Genre : Fantastique, Drame
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Agnès Merlet
  • Pays d'origine : France, Irlande
  • Durée : 1h42
  • Scénariste : Agnès Merlet, Juliette Sales
  • Musique : Nathaniel Mechaly
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Carice van Houten, Jenn Murray, David Wilmot, Ger Ryan, David Ganly
  • Récompenses : Aucune

La psychiatre Jane Morton est envoyée au sein d'une communauté recluse dans une petite île au nord de l'Irlande. Elle doit étudier le cas de Dorothy Mills, adolescente accusée de tentative de meurtre sur un bébé. Alors qu'elle vient en aide à Dorothy, la psychiatre tente d'affronter ses propres démons et d'éclaircir le secret qui hante la communauté.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Dorothy - La fille qui en savait trop
Par : Gilles Penso


Le Village des Damnés, Wicker Man, Carnival of Souls, Ne Vous Retournez Pas, Les Innocents… Lorsqu’Agnès Merlet cite ses sources d’inspiration, on ne peut s’empêcher de partager son enthousiasme. Mais se mesurer à de tels chefs-d’œuvre est un pari risqué, et tel n’est pas l’objectif de la cinéaste, habituée jusqu’alors à des intrigues réalistes très éloignées de notre genre de prédilection (Le Fils du Requin, Artémisia).

En s’intéressant à Dorothy Mills, un personnage fictif inspiré par un cas réel découvert au début du vingtième siècle en Philadelphie, Agnès Merlet aborde le fantastique avec pudeur, élégance et crudité, l’impact du film n’en étant que plus fort. Evitant tout manichéisme trop prononcé et contournant habilement les codes de la traditionnelle « ghost story », la réalisatrice brosse le portrait peu reluisant d’une micro-société coupée du reste du monde et aveuglée par sa bigoterie. Dorothy agissant comme un révélateur, le rôle du monstre qu’on lui attribue bien hâtivement s’inverse bientôt.

La réussite du film est le résultat d’une heureuse alchimie et d’une parfaite combinaison de talents. La mise en scène libre et naturaliste (caméra à l’épaule, décors réels, lumière simple, absence d’effets spéciaux) favorise une approche réaliste et crédible, tandis que le scénario millimétré imbrique une à une les pièces du puzzle, combinant le présent et le passé, les vivants et les morts, jusqu’à un ultime coup de théâtre aussi surprenant qu’émouvant.

Quant au casting, il est tout simplement prodigieux. Carice Van Houten est un parfait pôle d’identification, alliant la grâce et la sensibilité tout au long du métrage, et Jenn Murray, pourtant actrice débutante, s’avère époustouflante dans le rôle complexe d’une adolescente tiraillée par des caractères contraires.

La bande originale est la cerise sur le gâteau, parachevant en beauté l’un de nos coups de coeur de l’été, assurément.

Pour découvrir les critiques d’Herbert West, cliquez ici


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