Critique de film

Doomsday

"Doomsday"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Neil Marshall
  • Pays d'origine : Angleterre, USA, Afrique du Sud
  • Durée : 2h00
  • Budget : 20 millions de Dollars
  • Scénariste : Neil Marshall
  • Musique : Tim Williams
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Rhona Mitra, Malcolm McDowell, Bob Hoskins, Alexander Siddig, David O'Hara, Sean Pertwee
  • Récompenses : Aucune

Il y a trente ans, un virus mortel a décimé une bonne partie des Etats-Unis. Lorsque ce virus, connu sous le nom de Reaper, refait surface dans un autre pays, une unité d'élite est envoyée dans ce pays afin de trouver un remède. Là, l'équipée se retrouve coupée du reste du monde, et doit se battre dans un contexte cauchemardesque...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Doomsday - Le post-apocalyptique a trouvé son maître !
Par : Quentin Meignant






Neil Marshall était attendu au BIFFF avec une certaine impatience. En effet, le réalisateur y avait déjà gagné le Prix Pégase du public et le Corbeau d’Or en 2002 avec Dog Soldiers. C’est donc tout transi que le public, venu très nombreux, a envahi la salle.

Tout le monde s’attendait bien entendu à ce que le maître nous en mette une fois de plus plein la vue et c’est donc l’esprit serein et empli d’espoir que tout le monde se dirigea vers une projection totalement folle.

En effet, dès l’instant où l’on entame le film, on a déjà compris que l’on va assister à une action de tous les instants, totalement débridées et sans cœur et qui aura comme objectif nos frémissements, toujours plus forts face à tant de barbarie.

Ainsi, la première séquence vaut déjà son pesant d’or (et de sang) ! Nous assistons, impuissants que nous sommes, à l’épidémie virale qui frappe l’Ecosse en 2008. Il faut avouer que l’efficacité des maquillages d’Axelle Carolyn, Paul Hyett, Kristyan Mallett (…) sont d’une infinie qualité.

Toutes ces cloques qui pètent et ces membres qui sont déchiquetés au fur et à mesure sont d’un réalisme qui laisse sans voix : bien plus qu’un grand spectacle, Marshall nous offre un grain d’authenticité sur fond de gore bien répugnant et d’action ultra-violente !

Car c’est bien la violence et le manque d’empathie dont fait preuve l’espèce humaine qui sont visés ici. Le simple fait de voir ces soldats lourdement armés tirer sur des civils malades (ou pas) dans le seul but de protéger un mur érigé pour protéger les anglais a quelque chose de profondément choquant.

Il en va bien sûr de même quand on voit un militaire tirer dans la foule et atteindre un innocent enfant. A ce moment-là, on peut déjà avancer que Marshall est non seulement un maître de l’action, mais aussi d’une horreur que l’on qualifiera de morale.

C’est donc réellement dès le début que Doomsday nous prend aux tripes et ne nous lâche plus ! Arrive alors la deuxième phase du film quand Londres est lui aussi contaminé en 2035. Il faut alors tous le courage et le talent de quelques agents d’élite pour retourner se frotter à des survivants écossais complètement fêlés.

Avant cette partie rendant clairement hommage à des œuvres post-apocalyptiques comme Mad max, Marshall se permet même de dénoncer la petite mentalité de « ceux qui tirent les ficelles ». Un peu comme ce qui se fait dans la réalité, le conseiller du premier ministre est un être assoiffé de pouvoir qui dicte sa loi à tout le monde et qui s’apprête à laisser crever tout un ghetto pour des raisons économiques.

Que rêver de mieux comme lancement d’une aventure ? La vérité est que Neil n’a pas son pareil pour faire monter notre haine et, surtout, notre adrénaline. Il envoie ainsi ses héros à la mort entre deux clans de barbares et revanchards écossais. Pour ce faire, les héros doivent passer la porte du mur fabriqué voici trente ans lors d’une séquence bien émouvante où les photos d’enfants collées sur les parois et le fameux R.I.P. (Rest In Peace) ont tôt fait de faire chavirer nos cœurs.

Au milieu de tout cela, on remarque dès les premières secondes la fabuleuse-somptueuse-pharamineuse-génialissime-excitante-dominante (Oups ! Je m’emballe ! Je crois que je suis amoureux !) Rhona Mitra, véritable perle au centre de cet écrin fait de sang et de baston. Cette actrice, que l’on a déjà vu dans Le nombre 23 et Spartacus, donne toute son énergie et tout son charme à une intrigue à laquelle elle donne encore un indéniable plus.

Cette héroïne, à la limite du super-héros comme dans tout bon film de geek, va servir de détonateur à la « partie Mad Max » du film. Véritable vision post-apocalyptique d’une Ecosse divisée en deux clans, cette partie du film est sans doute l’une des plus impressionnante jamais réalisée au cinéma.

Marshall ne nous laisse pas une seule seconde pour souffler et enchaîne des séquences de combat, toujours plus rapides et sanglantes. Décapitations, craquements de vertèbres, tout y passe à la vitesse grand V.

L’action chez les cannibales (le clan de Sol) est proprement hallucinante de bestialité et, chose incroyable, la scène d’anthropophagie est réellement heurtante avec un homme que l’on cuit d’abord vivant avant de la livrer à la tribu. Assimilant l’être humains à une sorte de poulet (la chair y ressemble en tout cas !) à la broche, Neil Marshall frappe les esprits de manière indélébile.

Les héros passent alors à l’autre clan où une magnifique surprise venue d’un autre temps attends des spectateurs qui ne s’attendaient sans doute pas à ça. Ce passage aurait pu couler complètement l’intérêt du métrage mais la mise en scène sublimissime de Marshall en fait au contraire l’un des points forts.

Le reste du film perpétue cette action incessante tout en nous assénant de gros coups au cœur, comme certains décès ou encore certaines cascades improbables. Jusqu’à un final magnifique, le spectateur est donc comblé par un film qui laissera des traces dans les esprits.

Marshall signe avec Doomsday un véritable hommage à certains films post-apocalyptiques et en profite pour faire de son métrage une légende à part entière. C’est noyé par l’action que l’on sort de ce film éprouvant et jouissif. Ce chef-d’oeuvre est à voir sans tarder pour les amateurs d’action et mérite toutes les louanges possibles.


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