Critique de film

Dolores Claiborne

"Dolores Claiborne"
affiche du film
  • Genre : Thriller, Drame
  • Année de production : 1995
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Taylor Hackford
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 2h12
  • Scénariste : Tony Gilroy (scénario) / Stephen King (roman)
  • Musique : Danny Elfman
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  • Bande annonce
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  • Casting : Kathy Bates, Jennifer Jason Leigh, Judy Parfitt, Christopher Plummer, David Strathairn, John C. Reilly
  • Récompenses : Meilleure actrice de second rôle (Ellen Muth) au festival de Tokyo en 1995

Lors d'une enquête sur une vieille affaire, Selena, journaliste new-yorkaise, découvre que sa mère fut suspectée du meurtre d'une riche veuve, Vera Donovan...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Dolores Claiborne - Bates et King, le tandem
Par : Damien Taymans


Dolores Claiborne constitue à ce jour l’une des rares escapades de Stephen King loin des sentiers fantastico-horrifiques qu’il chérit. Habituée des adaptations non fantastiques du maître de l’épouvante, l’actrice Kathy Bates conserve toujours en bouche le goût suave de cet Oscar durement gagné grâce à son interprétation cinq étoiles dans le Misery de l’auteur. Mais Bates a pris des rides depuis et l’adaptation de ce roman faussement linéaire dénué de chapitres n’est pas une mince tâche pour Taylor Hackford, réalisateur de l’excellent Les princes de la ville et du génial L’associé du diable.

Le roman de King se prête de prime abord assez mal au jeu de la transposition cinématographique : histoire introspective à souhait et amputée de sa trame scénaristique, l’écrit accumule les descriptions et ne laisse que peu de place à une intrigue finalement peu stressante. Dès lors, Hackford opte pour une trame linéaire (l’imminence du procès de l’accusée et les retrouvailles avec sa fille Selena) pour y glisser ici et là des fresques du passé de la gouvernante. Utilisant des couleurs flamboyantes pour dépeindre les souvenirs et recourant à une mise en image uniformément morne et triste pour le présent, le réalisateur teinte son métrage d’une véritable magnificence visuelle.

Tel l’aiguille de l’oscilloscope, Dolores Claiborne va et vient entre présent sordide et passé guère plus éclatant pour conter à sa fille tous les épisodes qu’elle a manqués ou dont elle n’a que peu de souvenirs. Et l’on suit cette quête de la vérité sans sourciller, comme happé dans un drame auquel on participe. Avides d’informations vitales, baignés dans cette peinture douce-amère de la vie de l’héroïne, émus par son histoire, hilares devant ses expressions argotiques bien placées, les spectateurs outrepassent les longueurs qui minent le métrage à divers endroits. Les sempiternels duels opposant une mère qui a sacrifié sa vie pour la chair de sa chair et sa fille qui nourrit haine et incompréhension à l’égard de sa maternelle sont le principal attrait du film puisque, en outre d’être le lieu béni d’un affrontement entre deux personnages poignants, il est également celui d’un affrontement entre deux actrices épatantes.

Interprétation sans faille et construction narrative et visuelle intelligente sont les ingrédients qui rendent incontestablement cette œuvre fascinante. Dommage dès lors que le final tombe dans un mélodrame assez fâcheux en totale opposition avec les émotions versatiles qu’il procurait jusque-là.

Dolores Claiborne est l’une des adaptations les plus brillantes tirées d’écrits de Stephen King. Thriller judiciaire, drame îlien ou biographie lacrymale ? Le métrage est un peu tout ça à la fois, ce qui contribue indéniablement à son charme en plus d’être porté par des actrices de talent et un réalisateur qui est parvenu à signer l’une de ses plus belles perles visuelles.

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