Critique de film

Doctor Strange

"Doctor Strange"
affiche du film

Doctor Strange suit l'histoire du Docteur Stephen Strange, talentueux neurochirurgien qui, après un tragique accident de voiture, doit mettre son ego de côté et apprendre les secrets d'un monde caché de mysticisme et de dimensions alternatives. Basé à New York, dans le quartier de Greenwich Village, Doctor Strange doit jouer les intermédiaires entre le monde réel et ce qui se trouve au-delà, en utilisant un vaste éventail d'aptitudes métaphysiques et d'artefacts pour protéger le Marvel Cinematic Universe.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Doctor Strange - Rien de neuf, Docteur ?
Par : Samuel Tubez


Marvel phase 3, épisode 2 avec Scott Derrickson (Le Jour où la Terre s’arrêta, Sinister) qui se penche sur le cas du Docteur Strange, super-héros tendance inclassable créé par Stan Lee (à la plume) et Steve Ditko (au crayon) en 1963. Un personnage de papier atypique rendu banal dans le Marvel Cinematic Universe (MCU), sous le regard du producteur Kevin Feige et de ses complices.

Stephen Strange est un neurochirurgien surdoué et égocentrique qui, après un grave accident de voiture veut retrouver l’usage de ses mains. Pour cela, il se rend au Népal où un traitement alternatif semble possible et va apprendre à maîtriser les arts mystiques tout en découvrant les secrets des dimensions parallèles du multivers. Et bien sûr, botter au passage les fesses d’un méchant qui veut détruire le monde.
Voilà un personnage proche de Tony Stark, autre génie imbu de sa personne auquel on pense beaucoup durant la vision de ce Doctor Strange. Un sentiment de déjà-vu présent dès l’entame qui va malheureusement envahir tout le film. L’origin story développée lorgne vers le Batman Begins de Christopher Nolan (l’apprentissage au Népal fait écho à celui de Bruce Wayne auprès de Ra’s al Ghul) et les accumulations de clichés vont déferler sous une nuée de thématiques affligeantes. Strange est d’abord incrédule face aux sorcelleries auxquelles il fait face mais s’avérera être « l’élu », se rendra compte que l’égoïsme c’est pas bien et se sacrifiera pour sauver le monde. Rien de neuf sous le soleil Marvel. Connus pour ses œuvres horrifiques sérieuses et austères, Scott Derrickson (peu aidé par les scénaristes Jon Spaihts et C. Robert Cargill) peine également dans quelques tentatives d’humour qui tombent systématiquement à plat (on entend les mouches voler dans la salle lors de la blague sur Beyoncé). Le divertissement est néanmoins sauvé par son casting convaincant où l’on trouve Tilda Swinton, Mads Mikkelsen (même en mode cachetonnage, il a la classe) et surtout Benedict Cumberbatch qui s’impose immédiatement dans le rôle-titre et a vraiment de l’allure dans la cape de lévitation du Doc. Les scènes d’action assurent de même le spectacle, ainsi que les chorégraphies prenant place dans des décors psychédéliques et kaléidoscopiques du plus bel effet, même si très inspirés (pillés ?) d’Inception, et de Dark City.

Doctor Strange se conforme bien trop au carcan imposé par le MCU du terrible Kevin Feige. Aucune folie, aucune audace, mais une pelletée de poncifs au programme d’un film bien inoffensif et sans personnalité qui n’a strictement rien à nous raconter entre les lignes. Rien d’honteux ni d’irregardable mais juste un divertissement sage et appliqué pour servir la soupe aux prochains films prévus dans la Phase 3, notamment Thor : Ragnarok indirectement évoqué dans une des traditionnelles scène post-générique.


Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage