Critique de film

Diary of the dead

"Diary of the dead"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Morts-vivants
  • Année de production : 2007
  • Sortie belge : 2008-06-04
  • Réalisateur : George A. Romero
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h35
  • Budget : 2 millions de dollars
  • Scénariste : George A. Romero
  • Musique : Norman Orenstein
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Shawn Roberts, Megan Park, Chris Violette, Tatiana Maslany, Todd William Schroeder
  • Récompenses : Prix de la critique au festival de Gerardmer en 2008

Des étudiants en cinéma décident de tourner, dans une forêt, un film d'horreur à petit budget. Tombant de manière assez impromptue sur un soulèvement de morts-vivants, ils sont témoins de massacres, de destructions et du chaos ambiant. Ils choisissent alors de braquer leurs caméras sur les zombies et les horreurs bien réelles auxquels ils sont confrontés. Ils tentent de rendre ainsi compte de la situation apocalyptique et de l'appétit féroce des revenants dans un style " cinéma-vérité " documentaire à la première personne.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Diary of the Dead - Alléluia, Romero is back !
Par : Gore Sliclez




Deux ans après son grand retour aux affaires, Romero nous revient donc avec ce (forcément) très attendu Diary of the Dead, l’occasion pour celui-ci de reprendre son thème de prédilection qui aura fait de lui le pape du zombie movie.

Une équipe de tournage d’un film d’horreur se retrouve plongé loin de tout dans une invasion de zombies. Oubliant le film, ils décident de rentrer chez eux le plus vite possible, prendre des nouvelles de leurs proches. Mais leur voyage du retour s’annonce extrêmement périlleux…

Ce qu’il y a de formidable chez Romero, c’est qu’on sait d’avance à quoi s’attendre avant d’entrer dans la salle de cinoche et qu’on en ressort toujours malgré tout en ayant l’impression d’avoir vu le mythe du mort-vivant revisité et innové. Dès lors, détaillons un peu ces fameux codes récurrents un à un pour ce film-ci…

La satire sociale ? Après la société de consommation, l’antimilitarisme voici l’ultramédiatisation de notre civilisation moderne. La course à l’image et à l’info prend paradoxalement tout son sens dans cette vision apocalyptique et zombiesque. Romero utilise la caméra à l’épaule de son héros pour filmer dans un réalisme effrayant les évènements qui se déroulent autour de lui. Chaque caméra trouvée durant leur périple en terre infectée permet le relais d’information entre les membres de l’expédition ne laissant que peu de répit au spectateur et de place aux ellipses forcées. Les images ou films trouvés sur Internet et les quelques bribes d’informations radio entretiennent cette vision du Chaos planétaire. Mais l’information est-elle toujours exacte ou est-elle manipulée au profit de certains ? Voilà la question centrale du film où le caméraman vedette devient témoin de l’horreur au profit de l’unique vérité au péril de sa vie. Un twist pertinent ou quand l’information agressive et omniprésente redevient enfin témoin de l’innommable dans un but humanitaire et non mercantile.

L’humour ? Romero nous avait habitué à un humour visionnaire et de circonstance. Ici l’humour est partout dans le film et surtout il fait mouche à chaque fois. Des situations hilarantes dans une mise en scène que le maître ne nous avait pas jusqu’à présent offert à ce point. Jubilatoire à souhait…

Le gore ? Reprenant une partie de l’équipe déjà présente sur Land of the Dead mais aussi, et surtout, de Dawn of the Dead (2004) de Snyder pour les maquillages, Romero nous offre une fois encore des scènes d’un gore jouissif et toujours très visuel et parfait. Cependant, force est de constater qu’ici point d’orgie carnivore marquante comme si le réal voulait, pour une fois, s’attarder plus sur une intrigue très bien écrite et une vision d’angoisse très réaliste. Ah oui et les zombies… ben… à la Romero tout simplement !

Le casting ? Ou ce souhait répétitif de ne jamais, ou presque, prendre des acteurs connus (ben oui c’est évidement moins cher) comme pour augmenter le côté réaliste du récit et nous permettre de s’identifier plus facilement à des personnages lambda. On retiendra la sobriété d’un flegmatique Scott Wentworth (Andrew Maxwell) ou la beauté renversante de Michelle Morgan (Debra) tout simplement convaincante. Ah et elle a de beaux yeux aussi…

L’Homme ? Dans ce qu’il a de plus courageux, de plus émouvant mais aussi de plus cruel. À l’instar de cette scène où des rednecks s’amusent comme dans Dawn of the Dead (1978) au tir aux pipes avec des zombies. Une déshumanisation qui dérange et fait dire à Debra cette phrase déjà entendue : « nous sommes eux et ils sont nous »…

Diary of the Dead sonne non seulement le grand retour du génial Romero mais aussi la continuité du genre à travers une œuvre terriblement angoissante et innovante. Mais au-delà de tout ça le film est complet, solide, parfait et nous rappelle la fortune que Maître George a légué au cinéma d’horreur depuis maintenant quarante ans… Diable que c’est bon !


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