Critique de film

Dementia 13

"Dementia 13"
affiche du film
  • Genre : Thriller horrifique
  • Année de production : 1963
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Francis Ford Coppola
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h15
  • Budget : 42.000 Dollars
  • Scénariste : Francis Ford Coppola, Jack Hill
  • Musique : Ronald Stein, Les Baxter
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  • Bande annonce
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  • Casting : William Campbell, Luana Anders, Bart Patton, Mary Mitchel, Patrick Magee
  • Récompenses : Aucune

Toute la famille est réunie autour de Lady Haloran pour discuter de son testament. Une belle occasion pour ressasser de vieilles rancoeurs et exorciser un terrible secret de famille. C'est le moment que choisit un tueur à la hache pour éliminer un à un les membres de la famille.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Dementia 13 - Erreur de jeunesse
Par : Quentin Meignant


Dementia 13, c’est un fait certain, n’est pas le film le plus connu de l’immense Francis Ford Coppola. Néanmoins, après avoir signé Nebo zovyot, The Bellboy and the Playgirls et Tonight for sure, il s’agit du premier film du réalisateur qui a fait un temps soit peu de bruit. Ses précédentes œuvres demeurent aujourd’hui presque introuvables tant l’oubli de ces films plutôt médiocres a fait des ravages. Hormis un porno soft que les collectionneurs s’arrachent désormais, Dementia 13 peut être considéré comme la première véritable contribution de Coppola au cinéma.

Pour mener à bien ce premier projet, le réalisateur de la saga Le parrain et de Dracula a joui d’un budget microscopique (42.000 dollars) et fut donc obligé de restreindre le spectacle offert au strict minimum.

Ce constat peut ainsi être dressé dès les premiers instants du métrage à cause d’une scène particulièrement morne : John Haloran et sa femme, Louise, se promènent en barque. Cette séquence sans aucun fond sonore et sans âme paraît fort longue et dénuée de tout spectacle.

John décède alors d’une crise cardiaque et c’est à ce moment que Coppola nous offre une des meilleures scènes du film. Louise se débarrasse du corps de son époux, ce qui a le don de créer une certaine ambiance. Cette ambiance où chacun des protagonistes n’en veut plus qu’à l’argent d’un héritage devient bien vite lourde et subit, hélas, les quelques problèmes de justesse de l’ensemble. Là où Coppola aurait pu nous livrer un huis-clos oppressant, nous avons juste droit à une intrigue molle qui sombre corps et biens dans une monotonie abyssale.

Les dialogues ne sont pas pour rien dans ce flop : d’une mollesse hors du commun, jamais nous n’avions vu Coppola si peu inspiré. A l’inverse des tirades jouissives du Parrain, il nous assomme véritablement avec des phrases et des déductions aussi inutiles qu’interminables. Le fond sonore de l’ensemble est sans aucun doute pour beaucoup dans la monotonie instaurée par le réalisateur. Manipulant très mal les rares notes musicales dont bénéficie le film, montant l’ensemble sonore par à coups (le montage des images n’est pas plus brillant !), Coppola ne parvient pas à canaliser véritablement l’attention.

Certes, on reconnaît parfois la vista de celui qui est aujourd’hui un des réalisateurs les plus connus et appréciés au Monde. Ainsi, la séquence où Louise va cacher des poupées sous l’eau avant de se faire massacrer par le tueur à la hache jouit d’un superbe montage malgré une mise en scène parfois un peu chaotique.

Bien sûr, on n’en voit pas beaucoup et le massacre paraît plutôt gentillet, mais cette scène a le mérite de faire monter une tension qui, jusque-là, frisait le zéro ! Hélas, le métrage va vite retomber dans ses travers et s’engouffrer à nouveau dans la médiocrité.

Dès les séquences suivantes, où l’on s’attend à un massacre haletant et surtout rapide, Coppola enchaîne des scènes que l’on ne comprend même pas à cause de l’obscurité ou du montage hésitant. L’intérêt retombe alors au ras du sol avant que Coppola ne nous serve un final banal, à la hauteur de l’ensemble.

Bref, l’ennui est roi dans un film qui n’apporte rien du tout au genre. Heureusement, Coppola ne s’est pas arrêté à cet échec et a persévéré pour devenir aujourd’hui un grand réalisateur. Au vu de Dementia 13, il y avait pourtant de quoi douter du talent de ce génie en puissance !

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