Critique de film

Décadence

"Décadence"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 1998
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Jean-Clément Gunter
  • Pays d'origine : Suisse
  • Durée : 1h19
  • Budget : 200 000 euros
  • Scénariste : Jean-Clément Gunter, Katina Lorzino
  • Musique : Kristian Unell
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Olivier Lafrance, Nicolas Bickel, Nicole Andenmatten
  • Récompenses : Aucune

Alfred, René et Arthur vivent dans les montagnes avec Yves, âgé de 13 ans, quâ

Les critiques à propos de ce film

Critique de Décadence - Un cinéma autre
Par : Damien Taymans


Tourné quelques années après son œuvre de jeunesse que l’auteur ne distribuera pas, la considérant trop amateure, Décadence est le deuxième long-métrage de Jean-Clément Gunter, réalisateur suisse aux moyens plus que limités mais à l’ambition énorme. Faut-il souligner que Gunter est sans doute le seul réal suisse à écrire, réaliser et produire comme il peut des films de genre ? Rien que pour ça, le bougre mérite notre admiration et notre plus grande estime...

Rêvant un beau jour d’une histoire mêlant un trio de psychopathes terrorisant les badauds qui ont la mauvaise idée de se promener dans la forêt, Gunter crée de ses menottes adolescentes son 3 psychopathes, œuvre malsaine empreinte d’un amateurisme imputable à la juvénile maîtrise du réalisateur. L’idée fera son chemin jusqu’à l’émergence de ce Décadence tourné avec un autre casting tout en conservant à peu près le même thème que le métrage adolescent. De sa genèse à son montage, huit ans se sont écoulés, étirement temporel qui explique immanquablement certaines incohérences également imputables à un classique comme Bad taste.

Aisément classable dans la catégorie des Z, Décadence transpire l’amateurisme ne serait-ce que par le biais des prestations d’acteurs risibles à souhait. Les interprètes pseudo-chevronnés surjouent plus qu’il n’en faut et livrent des prestations dignes des plus mauvais sitcoms allemands. Mention spéciale à Olivier Lafrance dont le nom de famille prédisait sans doute une potentielle distribution transfrontalière qui incarne l’omniprésent et peu photogénique Alfred. Jouant un personnage à la fois pédéraste, pédophile et sanguinaire, l’acteur ne se cantonne qu’à des expressions très convenues faites de grimaces et de cris.

Curieusement, le film de Gunter touche à son but. L’intention clairement dévoilée de choquer le spectateur est plus ou moins atteinte grâce à certaines scènes atypiques telles que les attouchements d’Alfred envers le jeune Yves ou les scènes de cannibalisme. Faisant fi des effets gores très peu convaincants et des bras cassés qui composent son cast, Gunter instaure une atmosphère dérangeante par le truchement d’une photographie poisseuse à l’excès et d’une caméra très instable qui, à défaut d’être subjective, nous installe en qualité de témoins de ces drames incompréhensibles. Surfant sur la vague hooperienne de Leatherface et baignant dans les flots craveniens, Décadence se présente comme une oeuvre volontairement jusqu’au-boutiste et profondément perturbante.

Malheureusement, la maîtrise relative du cinéaste tombe bien souvent à plat car portée par aucune autre alternative créatrice. Le rythme élevé ne contrebalançant que très peu la narration décousue et répétitive, le métrage devient franchement indigeste dès l’heure passée pour tomber dans la mièvrerie démagogique du chemin de la rédemption emprunté par le jeune Yves. Espérons que le métrage suivant arborera une autre dynamique mieux desservie par des artistes de talent. En attendant, on ne peut qu’applaudir Gunter pour l’élaboration de son entreprise de prod’ qui a permis de distribuer le Vacuum killer de Doctor Chris.

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