Critique de film

La Course à la mort

"Death Race"
affiche du film
  • Genre : Science-Fiction, Action
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 2008-10-08
  • Réalisateur : Paul W.S. Anderson
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h45
  • Scénariste : Paul W.S. Anderson, Robert Thom (1975), Charles B. Griffith (1975), Ib Melchior (1975)
  • Musique : Paul Haslinger
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  • Bande annonce
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  • Casting : Jason Statham, Joan Allen, Ian McShane, Tyrese Gibson, Natalie Martinez, Max Ryan
  • Récompenses : Aucune

Une course de voiture ultraviolente en 2020. Dans une Amérique futuriste, les prisonniers sont contraints de participer à de très violentes courses automobiles dans des arènes fermées. C'est dans ce contexte qu'un homme qui doit être libéré dans quelques semaines se voit assigné à participer à l'une de ces courses. Celle-ci est une course à la mort ! Il devient alors l'un des favoris du public qui le connaît sous le nom de Frankenstein.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Death Race - Anderson nous envoie au septième ciel !
Par : Quentin Meignant




Paul W. S. Anderson, malgré un premier opus respectable de Resident Evil, ne fait pas partie de ces réalisateurs dont les fans du genre attendent la sortie suivante avec impatience. Avec des œuvres mitigées, comme Event Horizon ou Soldier, et un raté monumental (mais commercial), Alien VS Predator, l’Anglais était à la recherche d’un scénario attrayant afin d’enfin montrer son talent aux yeux du monde entier et faire la nique à tous ses détracteurs. A ce titre, le remake de Death Race 2000, production de Roger Corman sortie en 1975, était sans doute le projet qui collait le plus aux desiderata du réal. L’œuvre de Paul Bartel avait en effet marqué les esprits il y a 33 ans et son scénario simpliste privilégiant l’action pure est sans doute plus en rapport avec les qualités intrinsèques d’Anderson, véritable metteur en scène dans l’âme, ne prenant que peu de temps pour les considérations scénaristiques (quelqu’un se souvient de l’histoire de Resident ?). Jouissant d’un budget confortable, Anderson embaucha alors le transporteur Jason Statham pour incarner Jensen Ames, victime d’un complot et incarcéré à tort dans une prison d’état. Le seul moyen pour lui de sortir de ce trou est de gagner La Course de la mort, mais il se rend vite compte que les dés sont pipés et que le mécanisme de ce challenge est bien plus retors et meurtrier qu’il n’y paraît.

Sans détour, Anderson plante le décor de ce monde futuriste, véritable enfer pour les petites gens, où les ouvriers opprimés sont traités de manière dégradante. Insultés, attaqués par la police, ces derniers doivent survivre dans un univers cauchemardesque parfaitement rendu par des décors grisâtres aux connotations populaires. Sans perdre un instant, le réalisateur enchaîne alors avec le meurtre de la femme de Jensen Ames, tourné efficacement, multipliant les ralentis et les apparitions en tous genres. En insinuant directement le doute dans l’esprit du spectateur, Anderson ancre clairement son ensemble dans un complot de grande envergure, complot qui ne tarde pas à prendre des allures de course déjantée. Les premières images de la Course de la mort qui avaient été livrées avant même le générique ne sont rien à côté de ce que le réal offre par la suite. Ces scènes d’action omniprésentes sont virevoltantes et ne laissent aucun temps de répit. Sans jamais décélérer, le métrage consiste en une succession de séquences où la vitesse et la mort sont reines. Du gore, des chocs dans tous les sens, des moments vraiment poignants, le cinéaste n’épargne jamais le spectateur, offrant incessamment un spectacle décomplexé et carrément jouissif.

Ces éléments éprouvants sont parsemés ça et là de quelques bons sentiments de bon aloi qui donnent un véritable sens au film et à la quête de Jensen. Sans se montrer lourd, Anderson parvient donc à donner de l’humanité à son héros, instillant une puissance supplémentaire à l’ensemble. Avec quelques séquences plus drôles (les sculpturales prisonnières débarquent sur fond de RNB bien sexe, à la manière d’un clip de rap), le réal dote aussi son œuvre d’un brin de légèreté indispensable pour éviter la suffocation totale. Tantôt délurée, tantôt sérieuse, la pellicule délivre sur un rythme fou son action virevoltante jusqu’à un final aussi explosif qu’étonnant.

Voilà donc LA plus belle réussite d’un metteur en scène que l’on aimerait voir se cantonner dans pareils projets. L’action lui réussit tellement bien !


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