Critique de film

Dead Set

"Dead Set"
affiche du film
  • Genre : Mini-série - Morts-vivants
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Yann Demange
  • Pays d'origine : Angleterre
  • Durée : 2h21
  • Scénariste : Charlie Brooker
  • Musique : Dan Jones
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Jaime Winstone, Andy Nyman, Raj Ghatak, Kyle Summercorn, Riz Ahmed
  • Récompenses : Aucune

Le pays est en émoi suite à l'attaque de morts-vivants qui massacrent la population. Les participants de l'émission de télé-réalité Loft Story ignorent ce qui se trame à l'extérieur. Pas pour longtemps...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Dead Set - Un petit pas pour le genre, un bond de géant pour la télévision !
Par : Quentin Meignant




A l’heure où l’Angleterre fait à nouveau preuve d’inventivité au niveau de son cinéma de genre, les efforts des producteurs se traduisent aussi par de véritables OFNI dévolus au petit écran. A ce titre, Dead Set du réalisateur Yann Demange s’est bien vite révélé être LA référence de ces dernières années. Au milieu des Dexter, Supernatural et autres productions un brin décevantes, Dead Set s’est rapidement imposée comme une œuvre ultime, tant dans les idées que dans la mise en scène. Diffusés sur le BBC, chaque épisode, un d’une heure et quatre de 20 minutes, fut couronné d’un franc succès. Dead Set dépeint l’émoi régnant en Angleterre suite à une invasion zombiesque qui met le pays à feu et à sang. Enfermés dans un loft, les participants d’une émission de télé-réalité sont les seuls à ne pas se rendre compte du danger. Hélas, cette insouciance ne durera pas longtemps…

Profitant de la présence à l’affiche de quelques stars du petit monde de la télé-réalité anglaise, Dead Set s’attache immédiatement à détailler cet univers particulier. Cela vaut à l’ensemble de s’ancre dans le réel, entre des protagonistes un brin décérébrés et un envers du décor peu ragoûtant. L’un des personnages, producteur véreux, représente d’ailleurs à lui seul une exquise caricature de ce phénomène médiatique à la mode. Plus encore que cette sérieuse réussite qui, bien souvent, prend des airs de critique acerbe, les bons mots sont légion, laissant entrevoir un important travail de sape au niveau des dialogues. Bien amenés, provoquant à de nombreuses reprises un comique de situation du plus bel effet, ceux-ci rythment à merveille un premier épisode fort plaisant.

Mais c’est réellement dans la seconde partie de l’épisode initial que Demange livre ce que la série offre de meilleur : les excès gores d’artistes hors du commun. Profitant de l’apport de zombies aux maquillages exceptionnels, jouant de montages et d’effets de caméra virevoltants, Dead Set fait preuve d’une incroyable inventivité et donne lieu à des massacres hauts en couleurs. Prenant un plaisir sadique à mettre tripailles et boyaux à l’honneur (une séquence de dépeçage d’intestins à peine supportable à la clé), le réalisateur signe la série la plus sanglante de l’Histoire. Mais bien au-delà de ces simples effets sanguinolents, l’œuvre rend surtout hommage à George A. Romero, le Pape des morts-vivants lui-même. Entre une séquence de sniper, descendante directe du fabuleux Zombie, et une scène évoquant le siège du camp du Jour des Morts-vivants, Dead Set, en plus d’être réussi, demeure l’exemple même de l’œuvre référentielle et de qualité. Jusqu’à un massacre final tout bonnement insupportable, la série maintient ce niveau de haut vol, son seul défaut étant d’être trop courte.

Bien plus qu’une simple série, Dead Set est une œuvre mémorable et constitue sans doute l’une des meilleures productions télévisées jamais réalisées. A ce titre, Yann Demange mériterait à coup sûr de passer au grand écran… après, on l’espère, avoir réalisé une seconde saison de Dead Set.

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