Critique de film

Dark Touch

"Dark Touch"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : France, Angleterre, Suède
  • Durée : 1h30
  • Musique : Christophe Chassol
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses :

Seule rescapée du massacre de sa famille, causé par leur maison qui s'est mise à vivre et a lancé son contenu sur ses occupants, Niamh, 11 ans, est recueillie par des amis de ses parents. Mais les évènements étranges ne s'arrêtent pas pour autant.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Dark Touch - Attention, enfants !
Par : Damien Taymans


Sous une averse, la jeune Neve rejoint la maison de ses voisins. Bouleversée, ensanglantée, la fillette semble être la victime de bourreaux. C’est que, la nuit tombée et toutes les portes fermées, elle est abusée par ses géniteurs. Les chaussures parfaitement alignées au pied du lit, le slip descend doucement et le calvaire de la jeune fille débute. Une nuit, affolée par des phénomènes étranges qui se produisent dans sa chambre, Neve court prendre son petit frère et se réfugie dans une armoire tandis que les objets s’agitent autour d’eux et tuent leurs parents. Le couple de voisins/amis prend sous son aile l’orpheline qui, dans le drame, a perdu son petit frère mort écrasé entre ses bras. Au cœur de cette famille aimante, la vie de Neve devrait devenir plus légère. Pourtant, même dans ce nid moelleux, le mobilier gigote et les gestes de tendresse de ses parents de remplacement ressemblent aux attentions déplacées de sa famille d’origine...

Marina De Van, après avoir trempé ses mimines dans les tripes du cinéma de Cronenberg, visite le Carrie de de Palma, convoque Les révoltés de l’an 2000 pour un petit périple dans Le village des damnés. La première séquence où se manifestent les pouvoirs télékinésiques de la gamine donne le "la" : Dark Touch sera une œuvre jusqu’au-boutiste et folle ou ne sera pas. En guise de psychanalyse, Marina de Van délivre toute sa hargne, imprime toutes ses angoisses sur cette pellicule qui met en exergue l’impossibilité communicationnelle entre le monde des adultes, jouant la comédie de l’éducation ("A l’époque, l’école se chargeait de l’éducation. Aujourd’hui, tout le monde a un avis."), pris au piège entre le culte de l’enfant-roi et les méthodes rigides et immuables de ses ancêtres, et celui des enfants, cobayes non-consentants de ces expérimentations éducatives. Coincée dans cette brume, Neve (l’impressionnante et flippante Missy Keating) se méfie des coups de ceintures comme des caresses et développe dans ce chaos une morale singulière, héritage de ces allers-retours émotionnels dont elle est la victime.

Dans son dernier acte, Dark Touch rejoint définitivement le panthéon des œuvres de "gamins tueurs" les plus viscérales. Marina de Van signe un film puissant, séminal, qui s’abandonne totalement, au mépris de la bienséance, à explorer jusque dans les abîmes les plus profondes les blessures physiques et psychologiques de ces blessés de l’âme.


Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage