Critique de film

Dark Blood

"Dark Blood"
affiche du film
  • Genre : Thriller
  • Année de production : 2012
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA, Pays-Bas
  • Durée : 1h26
  • Musique : Florencia di Concilio et James Michael Taylor
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Boy vit reclus dans un refuge, depuis la mort de sa femme, dans une zone destinée aux essais nucléaires. Il collectionne des petites poupées en bois qu'il pense dotées de pouvoirs magiques. Un jour, un couple traverse le désert de l'Arizona. Ils tombent en panne et sont aidés par Boy...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Dark Blood - Cry me a River
Par : Seb Brunclair


Parmi les étoiles filantes du cinéma, le nom de River Phoenix n’est pas forcément celui qui vient le plus spontanément à l’esprit. Pourtant, le frère aîné de Joaquin Phoenix était visiblement promis à une belle carrière dans le septième art, si seulement l’excès de drogues ne l’avait pas mené à sa perte au tout jeune âge de 23 ans, en 1993. À l’époque, l’acteur était en plein tournage d’un thriller du nom de Dark Blood, tournage en grande partie terminé mais nécessitant encore quelques plans d’intérieur tournés en studio, à l’inverse de la majorité de scènes tournées en milieu naturel.

Suite à sa mort, le studio décida d’annuler purement et simplement le projet.
Pas de quoi décourager le réalisateur George Sluizer qui, ayant réussi à s’approprier les bandes, s’est mis en tête de terminer son œuvre malgré l’impossibilité de tourner les scènes manquantes. Après être passé par l’étape, très en vogue, du financement participatif et avoir récolté suffisamment d’argent pour assurer la post-production du film, le cinéaste est finalement apte à présenter un montage cohérent, bien qu’incomplet.

La solution choisie pour combler les vides est toute simple : lorsqu’une scène manquante doit intervenir, George Sluizer lui-même fait office de narrateur en décrivant la situation et en lisant les dialogues, ce qui permet au spectateur d’apprécier l’histoire dans sa totalité. Mais que raconte ce Dark Blood, justement ?

En route pour un voyage romantique, Harry et sa femme Buffy se retrouvent coincés en plein désert, au cœur d’un ancien site d’essais nucléaires. Ils font alors la connaissance d’un étrange jeune homme solitaire, simplement connu sous le nom de Boy, qui se montre vite sensible aux charmes de la dame. Bientôt, le comportement du garçon deviendra de plus en plus étrange, à mesure que l’attirance ressentie devient dangereusement réciproque...

De ce scénario somme toute classique, George Sluizer tire un thriller à l’intensité grandissante, magnifiquement porté par un trio d’acteurs investis. River Phoenix, en particulier, surprend dans son premier rôle de « méchant » en faisant preuve d’une vraie gradation dans l’évolution de la mentalité de son personnage. La réalisation tire partie au maximum de décors désertiques sublimes qui donnent de la force et du réalisme au sentiment d’isolement ressenti par le personnage de Boy.

Le principal souci est, évidemment, l’absence de certaines scènes, en particulier celles censées montrer l’aboutissement de la relation ambiguë entre Boy et Buffy. La narration du cinéaste permet de comprendre tous les tenants et aboutissants du récit mais rompt inévitablement l’immersion. Impossible, étant données les circonstances, de lui en tenir rigueur.

Interprété de manière très juste, doté d’une réalisation inspirée et d’une tension allant crescendo sans jamais chuter, Dark Blood méritait sans conteste l’acharnement dont a fait preuve son réalisateur. Pas forcément voué à être un classique, la faute à un scénario pas vraiment original, c’est surtout l’occasion de découvrir un film ayant manqué de peu de finir aux oubliettes et, surtout, d’être témoin une dernière fois du talent incontestable de River Phoenix, qu’on est désormais en droit de regretter plus que jamais.

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