Critique de film

Dans le noir

"Lights Out"
affiche du film

Petite, Rebecca a toujours eu peur du noir. Mais quand elle est partie de chez elle, elle pensait avoir surmonté ses terreurs enfantines. Désormais, c'est au tour de son petit frère Martin d'être victime des mêmes phénomènes surnaturels qui ont failli lui faire perdre la raison. Car une créature terrifiante, mystérieusement liée à leur mère Sophie, rôde de nouveau dans la maison familiale. Cherchant à découvrir la vérité, Rebecca comprend que le danger est imminent… Surtout dans le noir.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Dans le noir - Another Wan bites the ghost
Par : Samuel Tubez


Nouveau venu dans l’univers de l’épouvante, David F. Sandberg augmente son court métrage Lights out (2013) sous la tutelle d’un James Wan au nez parfaitement creusé.

Dans un couloir, une femme éteint la lumière avant d’aller se coucher et découvre, tétanisée, qu’une étrange silhouette apparaît dans l’obscurité à chaque fois qu’elle appuie sur l’interrupteur. Deux petites lignes résument le (très) court métrage (3 min.) de David F. Sandberg qui a fait son petit effet sur la toile (si ce n’est déjà fait, vous pouvez toujours le visionner sur YouTube). De cette production indépendante à l’horreur industrielle, il n’y avait qu’un pas, que James Wan a aidé à franchir pour le jeune réalisateur qui se formalise donc dans l’écurie du réalisateur de Conjuring qui l’a d’ailleurs d’ores et déjà placé sur la suite du piteux Annabelle. Pour l’heure, Sandberg se débrouille à vrai dire pas trop mal, malgré les scories propres au cinéma d’épouvante actuel. Personnages pas toujours très dégourdis, absence de véritable mystère (son spectre a désormais un nom, Diana, et l’on va presque tout savoir sur elle), mécanique éprouvée du jumpscare, design éculé de l’esprit hanteur et édulcoration de la violence sont désormais le lot de ces productions horrifiques américaines et Dans le noir n’y échappe pas. Malgré tout, Sandberg fait preuve d’un certain talent dans sa mise en scène, posée et lisible, voire même parfois inspirée, et ménage ses effets (quasiment aucun CGI ici) pour nous faire frissonner. Ce n’est pas la grande frousse mais le minimum syndical est atteint et, malgré des comportements stupides (le scénario est co-signé Eric Heisserer à qui l’on doit les remakes des Griffes de la nuit et The Thing, du coup ça n’aide pas vraiment), les personnages formant une cellule familiale éclatée s’avèrent crédibles voire touchants. Les deux actrices principales, Teresa Palmer et Maria Bello sont parfaitement convaincantes, la première dans le rôle de la fille indocile tandis que la seconde forme avec aisance une mère sous emprise. Le spectateur n’est du coup pas totalement indifférent à leur sort et l’on suit avec intérêt et quelques frémissements leur combat contre la terrifiante Diana.

(Trop ?) Proprement exécuté, Dans le noir accumule les défauts de l’épouvante actuelle mais demeure toutefois suffisamment intime et parvient à nous absorber avec un minimalisme et une efficacité éloquente. Ce n’est pas la trouille du siècle et ça ne révolutionne pas le film de hantise mais ça nous fait gentiment frissonner entre deux blockbusters estivaux dégoulinants de CGI.


Concours

Sondage