Critique de film

Creepshow

"Creepshow"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 1982
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : George A. Romero
  • Pays d'origine : Etats-Unis
  • Durée : 120 min
  • Budget : 8 millions de dollars
  • Scénariste : Stephen King
  • Musique : John Harrison
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Ted Danson, Ed Harris, Leslie Nielsen, Hal Holbrook, Adrienne Barbeau, Stephen King
  • Récompenses : Nomination au prix du meilleur film d'horreur et de la meilleure affiche pour Johann Costello, par l'Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur en 1983

Un père confisque à son petit garçon un magazine d'épouvante et le jette dans la poubelle. Le vent fait tourner les pages et cinq histoires s'en échappent: La fête des pères, La mort solitaire de Jody Verrill, Un truc pour se marrer, La caisse et Ca grouille de partout.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Creepshow - Belle anthologie...
Par : Damien Taymans






Quatre ans après son savoureux Zombie, métrage portant sur les morts-vivants empreint d’une virulente critique anticonsumériste, George Romero tente de faire oublier son catastrophique retour via Knightriders en se plongeant dans l’univers souvent porteur de Stephen King (qui avait fait une apparition dans le dernier film de Romero d’ailleurs). Nourrissant une passion commune pour les EC Comics et leur délire gore graphique incomparable, les deux amis qui se connaissent depuis un sacré nombre d’années, décident ensemble de s’atteler à réaliser un métrage dans l’esprit des comics de leur adolescence. Le résultat de cette entreprise est Creepshow, anthologie réunissant cinq histoires scénarisées par le maître de l’épouvante et dirigés par le roi des zombies qui avait déjà effleuré l’esthétique des comic novels dans son kitsch Zombie.

Un adolescent en devenir lit en toute impunité le recueil de nouvelles graphiques Creepshow à l’âge où d’autres commencent déjà à dégrafer la double page qui encombre le milieu de leur Playboy favori. Non content de l’éducation de son fils, un père autoritaire veut montrer à son rejeton qu’il sait prendre des décisions et, non sans lui avoir foutu une torgnole en pleine tronche qui laisse des marques on ne peut plus visibles, le paternel balance ladite revue dans la poubelle qui orne la devanture du pavillon familial. Au gré du vent, les pages se tournent, nous livrant au compte-goutte chacune des cinq historiettes qui composent le film, nous permettant de nous replonger, par le truchement d’illustrations graphiques réussies, dans le monde des comics horrifiques popularisés notamment par Les Contes de la crypte.

A l’instar des prologues et épilogues assez douteux de florilèges comme Darkside, les contes de la nuit noire ou Necronomicon, cette introduction n’est mise en place que pour permettre d’établir un lien entre les différentes histoires et offre un dénouement peu jouissif (d’autant que les plus fins auront capté la disparition du bon de commande du magazine) même si elle est plus enthousiasmante que celle assénée dans les deux métrages précités. Néanmoins, si le point de raccord des segments n’est pas optimal, on ne peut en dire autant des segments en question qui parviennent tous à maintenir une vraie tension et présentent le même avantage dichotomique : ils marquent par leur contenu original sinon effrayant au moins amusant et rappellent les doux effluves des comics d’antan aux personnages atypiques, à l’humour grinçant et aux couleurs criantes.

Cinq segments scénarisés par King, réalisés par Romero et dont les maquillages sont effectués par … le grand Tom Savini qui range pour un temps les maquillages verdâtres et les effusions d’hémoglobine pour rentrer de plein pied dans la création de monstres (quatrième segment). Que demander de mieux ? Des stars ? Pas de soucis, le métrage en regorge : Leslie Nielsen, Ed Harris, Stephen King lui-même et Adrienne Barbeau. Avec autant de grands noms au générique, le film ne pouvait être qu’une réussite…

Le premier segment, Father’s Day, implique une réunion de famille, un cendrier et un zombie un peu trop gourmand lorsqu’il s’agit de gâteaux d’anniversaire. The Lonesome Death of Jordy Verrill nous montre King lui-même transformé en péquenaud campagnard qui découvre une météorite et, suite à son contact, se transforme peu à peu en incroyable Hulk version écolo. Something To Tide You Over conte le plan démoniaque que monte un Leslie Nielsen cocufié pour se débarrasser des vicieux amants. The Crate, quatrième épisode, aborde la fascination sans borne d’un chercheur d’université et d’une fameuse boîte contenant une créature mystérieuse. They’re Creeping Up On You clôture superbement l’ensemble en mettant en image l’invasion des cafards dans un laboratoire tenu par un maniaque patenté.

Comme dans toute anthologie qui se respecte cohabitent dans ce Creepshow des segments de très bonne facture avec d’autres au bilan un peu plus mitigé. Cependant, ledit florilège présente le curieux apanage de ne jamais livrer de sous-produits trop rapidement expédiés et dégrossis au marteau et au burin. Si le ton varie de l’un à l’autre de ces segments, la qualité est présente dans chacun d’entre eux et, à défaut d’être efficaces, ils sont tous au moins distrayants.

Contrairement aux nombreuses anthologies horrifiques qui le précèdent et le suivent (notamment la mauvaise séquelle dont il sera affublé qui en est le plus cuisant exemple), Creepshow ne rate que rarement le coche. Mis sur pied par de vrais passionnés désireux de rendre hommage aux comics, le métrage n’accuse que de menus défauts et, malgré un vieillissement relatif, Creepshow mérite toujours son statut d’œuvre culte.


Oeuvres liées :

Creepshow 2 (1987)

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