Critique de film

Confession of Murder

"Nae-ga sal-in-beom-i-da"
affiche du film
  • Genre : Thriller
  • Année de production : 2012
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Corée du Sud
  • Durée : 1h59
  • Musique : Woo-keun Kim
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Suite à l'expiration du délai de prescription de 15 ans applicable à l'un des crimes commis par un tueur en série, un membre de la famille de sa victime se jette du haut d'un immeuble, sous le regard impuissant du détective Choi Hyeong Gu. Deux ans plus tard, un jeune homme nommé Lee Du Seok publie un livre autobiographique intitulé « Je suis le Meurtrier », à travers lequel il s'attribue la responsabilité des meurtres ayant eu lieu 17 années auparavant.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Confession of Murder - Miroir aux alouettes
Par : Damien Taymans




Faut-il voir dans Confession of Murder la nouvelle bombe du polar coréen, à la mesure de Memories of Murder, The Murderer ou I saw the Devil ? La première demi-heure le laisserait présager : Jung Byung-gil s’offre une entrée en matière particulièrement trépidante, émaillée de quelques subtils et vertigineux mouvements de caméra. La chasse à l’homme, à couper le souffle, échappe aux conventions en débutant sans que les forces aient été présentées, chasseur et chassé n’ont pas le temps de s’apprivoiser que déjà l’heure des adieux a sonné et que le rideau tombe. L’étendard sud-coréen se hisse sur le monde du néo-polar. Le vent de fraicheur venu du Pays du Main calme revigore à nouveau un genre devenu moribond dans notre cinéma français, incapable de rivaliser avec la machine hollywoodienne et ses productions testostéronées.

Hélas, l’illusion est de courte durée. En dépit des nombreuses torsions scénaristiques qui ravivent ponctuellement l’intérêt du spectateur et attestent que les Coréens sont passés maîtres dans la confection de thrillers psychologiques hard boiled, Confession of Murder devient bien vite moins passionnant. A mesure que les bobines s’enfilent, le récit offre une série de scènes capillotractées à l’image de cette course-poursuite manquée de manière tellement ahurissante (mise en scène, montage et effets spéciaux y sont d’une tenue très contestables) qu’on penserait presque regarder une parodie de Matrix Reloaded. C’est que progressivement la tonalité même de l’œuvre se modifie (les familles des victimes et leurs méthodes d’enlèvement approximatives) pour tendre vers la polyphonie la plus assourdissante.

Pourtant, la composition de Jung Byung-gil respectait les canons de ses grands frères : le cinéaste dresse ainsi un portrait acide de son propre pays a-moralisé par la pauvreté intellectuelle des mass-media et leur culture du sensationnalisme. A travers l’iconisation du meurtrier devenu une légende grâce à la publication de ses confessions, le malaise d’une société entièrement soumise au prêt-à-penser télévisuel surgit et, avec elle, l’absence totale du moindre sens moral. Mais le miroir déformant appliqué au monde coréen se noie dans un autre miroir, celui aux alouettes qu’on a de moins en moins d’envie de plumer...


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