Critique de film

Complexx

"Complexx"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Slasher
  • Année de production : 2006
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Robert Arthur Jansen
  • Pays d'origine : Pays-Bas
  • Durée : 1h18
  • Budget : 50 000 euros
  • Scénariste : Clifford Adsonn, Robert Arthur Jansen
  • Musique : Robert Arthur Jansen, Alex Sanders
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Sander Foppele, Kirsten Walraad, Yolanthe Cabau Van Kasbergen, Sebastiaan Labrie
  • Récompenses : Meilleur film au Insomnifest 2008

Aux Pays-Bas, une réunion de gamers se transforme en soirée spéciale pour les meilleurs joueurs du pays. Ceux-ci sont en effet conviés à participer à un nouveau concept de jeu vidéo, dans un hangar gigantesque. Le but de ce jeu grandeur nature : survivre, pour empocher une forte récompense. Mais les joueurs ignorent que le jeu est très réel.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Complexx - Dans la vie, faut slasher
Par : Damien Taymans




Tous les adeptes de jeux vidéo, et plus spécifiquement du jeu Dark planet, se réunissent à une convention au cours de laquelle le créateur du jeu vient présenter sa nouvelle merveille : Dark planet 2 (original !). La journée se terminant, le complexe ferme ses portes, laissant les lieux vides. En réalité, pas tout à fait vides puisqu’une poignée d’irréductibles en ont profité pour se cacher dans le bâtiment, suivant les recommandations d’un mystérieux SMS les invitant à rester au sein du complexe pour s’adonner à un nouveau jeu permettant à l’unique gagnant de remporter la somme rondelette d’un million d’euros. Ils ignorent que ledit gagnant sera le survivant d’un véritable jeu de massacre…

« Mais où sont les gamers d’antan ? » aurait chanté Villon s’il avait vécu à notre époque, composant une sérénade pour témoigner de sa nostalgie à l’égard des jeux du temps jadis. Ces magnifiques aventures de plate-forme dans lesquelles un Mario Bros égyptien (toujours de profil) avançait infiniment au petit-bonheur la chance vers la droite de notre écran dans l’espoir de phagocyter un champi revigorant ou de s’infiltrer dans un tuyau salvateur. Depuis, la 3-D, les manettes vibrantes et les pads tactiles de la Wii ont envahi le marché et les vieilleries linéaires ont été reléguées au placard. Désireuses de toucher au réel, les productions lancent des jeux qui possèdent une affiliation de plus en plus grande avec le cinéma en ce sens qu’elles tentent, à l’instar du septième art, de reproduire fidèlement la vie quotidienne (pensons aux Sims, exemple le plus idoine), utilisant force détails réalistes, complexifiant ses règles au détriment de la maniabilité et améliorant d’année en année le graphisme pour toucher à l’humain. Les intrications entre septième et dixième art se faisant de plus en plus prégnantes, de nombreuses adaptations cinématographiques de jeux virent le jour : Super Mario Bros, Street fighter, Mortal kombat, Resident evil, Doom, Hitman, envahissant du même coup le genre propice à ces explorations aventureuses emplies de combats à mains nues et de fusillades dévastatrices.

Complexx, à l’instar du EXistenZ de Cronenberg (moins brillamment, il est vrai), ne se cantonne pas à reproduire le monde ludique décliné par les consoles mais utilise plutôt le milieu des gamers, asseyant par ce biais une intrigue aux relents de slashers. Usant sans en abuser du complexe gigantesque dans lequel se situe l’action (un lieu labyrinthique aux multiples recoins), le réalisateur néerlandais Robert Arthur Jansen crée un jeu grandeur nature à l’objectif double, financier et vital, dans lequel les individus doivent éviter un serial-killer au couteau finement aiguisé. Réaliste, le métrage ne l’est cependant pas, s’inscrivant davantage dans l’univers des players que dans celui des cinéphiles, eu égard à sa musique électronique assourdissante (également composée par le réal) et au déploiement préjudiciable de sa narration. Basé sur un pitch simpliste, tourné en à peine 20 jours pour un budget rachitique (50 000 euros), Complexx relève pourtant le défi de proposer un spectacle, sympathique parfois, ennuyeux souvent, qui ne s’enfonce jamais dans la moralisation outrancière de ce genre de productions, contrairement à ce que pouvait laisser présager l’intervention d’une donzelle lors du gala d’entrée. Jansen entend avant tout livrer un huis clos claustrophobique (mission qui échoue en raison de l’espace gargantuesque dont disposent les personnages) sans s’encombrer d’une quelconque considération métaphysique sur la nécessité ou non des jeux vidéo et leur appétence à insinuer des pulsions violentes aux adeptes de la console. Amoral, Complexx pousse même le bouchon plus loin en faisant fi de toute émotion rébarbative si l’on excepte une somptueuse scène de rêve de Myrna.

Récompensé au festival Insomnifest en 2008, Complexx possédait tous les atouts pour devenir une référence en termes d’univers cinéplay. Reprenant mécaniquement tous les poncifs du slasher et dénigrant la cohérence de son intrigue, Jansen n’a pourtant pu offrir un mix alléchant entre les deux univers cinématographique et ludique.

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage