Critique de film

Cold Prey

"Fritt vilt"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Slasher
  • Année de production : 2006
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Roar Uthaug
  • Pays d'origine : Norvège
  • Durée : 1h37
  • Scénariste : Roar Uthaug, Thomas Moldestad, Martin Sundland
  • Musique : Magnus Beite
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Ingrid Bolsø Berdal, Rolf Kristian Larsen, Tomas Alf Larsen
  • Récompenses : Amanda Award de la Meilleure actrice (Ingrid Bolsø Berdal) et Prix du public en 2007

Jannicke, Morten, Eirik, Mikael et Ingunn, sont 5 jeunes Norvégiens qui décident de partir en vacances dans les montagnes de Jotunheimen, afin de pouvoir faire du snowboard. Alors qu'il sont isolés de tout Morten se casse la jambe. Les 5 amis vont alors se réfugier dans un hôtel abandonné, mais se rendent rapidement compte que l'endroit n'est pas aussi désert qu'il n'y paraît...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Cold Prey - Le meilleur du slasher nordique
Par : Chroniqueurs


Par Nicore

Nous venant de Norvège, Cold prey prouve une fois de plus que le "slasher" peut encore nous délivrer d’excellents films, tendus, violents sans pour autant verser dans le gore outrancier, préférant jouer sur une ambiance et un climat propices au suspense. Le script envoie cinq amis dans les montagnes norvégiennes pour un week-end de ski et de snowboard, mais, suite à un accident qui blesse l’un d’eux, ils vont devoir trouver refuge dans un vieil hôtel désaffecté qui semble en apparence abandonné... En apparence seulement !

Après une séquence d’introduction suivant un jeune garçon poursuivi dans la neige par quelqu’un qui essaie de l’ensevelir et un générique mettant en avant de nombreuses disparitions de skieurs dans les montagnes, le métrage nous présente ses cinq personnages principaux en route dans leur véhicule pour une sortie de ski en hors piste puisqu’ils détestent se conformer à la masse des skieurs qu’ils raillent verbalement au cours de leur conversation. Une conversation destinée à tuer le temps du trajet qui permet de faire connaissance avec ces protagonistes résolument réalistes et loin de tout stéréotype, ce qui a pour effet de les rendre attachants au fur et à mesure des développements de l’intrigue. Arrivés à leur destination, ils se lancent à l’assaut de la montagne en skis pour, une fois au sommet, pouvoir contempler l’autre versant qu’ils dévaleront en snow-board. Cette mise en situation est également l’opportunité de mettre en avant la beauté immaculée de la montagne norvégienne avec ses décors splendides et grandioses qui démontrent formidablement l’isolement dans lequel les personnages vont se retrouver. Un isolement périlleux puisque l’un d’eux fait une mauvaise chute et se casse la jambe par une fracture ouverte, blessure rendue douloureuse par le biais d’un montage convaincant du réalisateur. Les téléphones portables ne captant aucun réseau, c’est avec une certaine délivrance que les protagonistes découvrent au loin un ensemble de bâtiments qu’ils s’empressent de rejoindre, pour y découvrir un hôtel abandonné dans lequel ils pénètrent par effraction, sans que cela ne puisse gêner personne à la vue de leur éloignement de toute civilisation.

L’exploration de cet endroit sinistre donne lieu à un climat de tension palpable (même si les fausses alertes décrétées par l’intrigue demeurent facilement anticipables et peuvent paraître bien faciles dans leur exécution), grâce à des décors froids et presque sordides qui évitent les clichés du genre (pas de rats ou autres bestioles répugnantes ici) pour devenir parfois malsains (la chambre brûlée). Au bout d’un moment, l’ambiance se détend, avec la mise en marche du générateur qui délivre de l’électricité qui permet au petit groupe de prendre un peu de bon temps au coin du feu autour d’un verre d’alcool avant d’aller se coucher. A l’instar de l’australien Wolf Creek, le métrage prend le temps de bien présenter les personnages et la situation dans laquelle ils se retrouvent avant de commencer le jeu de massacre, laissant ainsi largement le temps au spectateur de se familiariser avec chacun des protagonistes sans qu’aucun d’eux ne prenne de l’ampleur par rapport aux autres, laissant de la sorte planer le danger sur chacun d’eux.

Il faut donc attendre qu’une dispute éclate dans l’un des deux couples pour que le premier meurtre survienne, brutal, imprévisible et saisissant dans son agencement porteur d’une ironie sadique (lorsque la victime aperçoit son compagnon qui ne la voit pas juste avant d’être achevée et entraînée par l’assassin), sans pour autant déclencher la moindre panique chez les autres personnages qui ne se rendent compte de rien jusqu’au matin et laissent l’un des hommes valides partir chercher du secours dans la vallée. Les trois jeunes restés à l’hôtel continuent à s’affairer comme si de rien n’était, mais la découverte dans la cave, proche du générateur qui faisait des siennes, d’un local crasseux et sordide, que l’on devine être l’antre de l’assassin, contenant des tas d’objets récents "empruntés" à ses victimes (clés, bagues, lunettes...) et contrastant amplement dans cet endroit fermé depuis des années. La découverte de flaques de sang dans la chambre de la première victime achève de les convaincre et lance la traditionnelle partie de cache-cache au cours de laquelle ils vont être confronté au tueur.

Cette partie du métrage est efficace aussi bien via ses effets de surprise réussis et inattendus qu’avec ses accumulations de rebondissements sur un rythme vif mais empreint d’un suspense et d’une tension conséquente, tout en laissant les protagonistes agir avec une logique tout à fait crédible dans leur quête de survie, bien loin de l’imbécillité habituelle stéréotypée répandue dans les films du genre. Mais malgré les apparitions sporadiques du meurtrier, le métrage continue de se focaliser sur les victimes qui occupent largement le terrain et reléguent l’assassin au second plan. Un serial killer qui offre pourtant un look réussi mais assez neutre dont l’histoire, rapidement expédiée à l’issue du métrage, reste secondaire.

Alors, même s’il respecte certains codes du genre (meurtrier insaisissable et monolithique, découverte des corps par les derniers survivants, traque dans les couloirs de l’hôtel, par exemples), Cold prey arrive à garder une autonomie propre grâce à ses personnages placés au centre de l’intrigue agissant de manière cohérente, apportant de la sorte son lot d’émotions parfois contradictoires au spectateur, en plus de l’atmosphère froide et sinistre parfaitement retranscrite et de la tension omniprésente, rarement troublée par un humour de situation discret et efficient, et ce même si l’assassin tarde à faire son apparition. Et s’il n’est pas très sanglant, le métrage avance tout de même quelques scènes brutales qui montrent la détermination sans faille et l’inhumanité du tueur qui sait aussi se montrer vicieux quand il le faut pour mieux piéger ses adversaires. L’interprétation est convaincante, sans surjouage néfaste dans un souci de crédibilité qui fonctionne amplement, tandis que la mise en scène du réalisateur est efficace, vive et parvient à reproduire l’isolement, le froid (grâce à une photographie adéquate parfaitement maîtrisée), mais aussi l’étendue de l’hôtel sans pour autant sombrer dans le "film de couloirs". Les quelques effets spéciaux sanglants sont probants, mais on voit bien que l’auteur n’a pas voulu verser dans le gore franc pour préférer une violence sèche et brutale.

Cold prey est une vraie réussite du genre "slasher". Efficace, tendu et impliquant largement son spectateur, le métrage ne finit pas de surprendre.


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