Critique de film

Cold Prey 2

"Fritt vilt II"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Mats Stenberg
  • Pays d'origine : Norvège
  • Durée : 1h26
  • Scénariste : Thomas Moldestad, Martin Sundland, Roar Uthaug, Axel Hellstenius, Marius Vibe
  • Musique : Magnus Beite
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Ingrid Bolsø Berdal, Marthe Snorresdotter Rovik, Mats Eldøen, Kim Wifladt, Robert Follin, Fridtjov Såheim
  • Récompenses : Aucune

Pendant l'hiver 2006, quatre jeunes ont été sauvagement assassinés dans les montagnes norvégiennes de Jotunheimen. La seule femme ayant survécu au massacre est transférée dans un hôpital de la région. A son réveil, le lieu est plongé dans l'obscurité et le silence, sans âme qui vive...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Cold Prey 2
Par : Damien Taymans

A l’aube de ce nouveau millénaire, un nouveau foyer devenait l’eldorado du cinéma de genre. La Scandinavie, ce berceau considéré par les plus ignares comme une immense banquise peuplée de frigorifiés nantis de chapkas, livrait coup sur coup une kyrielle d’œuvres sinon novatrices au moins totalement revigorantes. La Finlande dispensait Dark Floors et Sauna, la Suède emboîtait le pas avec Morse, l’Islande osait Harpoon tandis que la Norvège mitraillait l’épouvante via Next Door, Dead Snow, Manhunt et The Troll Hunter. Une éclaircie aussi lumineuse que celle, ibérique, qui touchait le septième art européen quelques années auparavant. Mais ce Scandinywood n’aurait pu se frayer un tel chemin s’il n’y avait eu Cold Prey. En soi, un slasher aux apparences assez classiques, certes, mais qui parvient dans le même temps à reprendre une tradition scénaristique et des codes instaurés depuis des décennies et à les faire siens pour mieux s’en affranchir par la suite.

Sans être brillante, la péloche de Roar Uthaug n’en est pas moins une parenthèse nordique rafraichissante et, après un petit tour des festivals spécialisés, l’idée d’une suite est directement mise en chantier. Uthaug en cosigne le scénario mais laisse sa chaire de metteur en scène à son compatriote Mats Stenberg qui s’appuie sur le travail de son prédécesseur mais opte pour une mise en scène plus épurée, plus contemporaine mais néanmoins glaciale et oppressante. Le vieil hôtel miteux du premier volet est abandonné pour le cadre "idyllique" et aseptisé d’un hôpital tout aussi froid et désert. Deux médecins, de rares patients et un affolement incompréhensible dès l’arrivée d’une jeune femme accidentée. La jeune femme en question n’est autre que Jannicke (Ingrid Bolsø Berdal), final girl du premier film qui est parvenue d’un coup de pioche à envoyer reposer dans sa crevasse l’increvable crevure qui la pourchassait et qui a, accessoirement, dézingué tous ses amis.

Mais les innombrables séquelles des aventures de Jason Voorhees, Michael Myers et consorts nous ont bien enseigné que ce genre de créature est aussi aisée à éliminer que les poux de la tignasse d’un grunge. Quelques heures après avoir narré ses exploits à la police locale, Jannicke se retrouve nez à nez avec le serial killer que ces abrutis de toubibs sont parvenus à réanimer. Dès lors, le jeu du chat et de la souris peut reprendre en milieu médicalisé sur le même calque qu’un certain... Halloween 2 (1982). Jannicke, à mesure que la trame se déroule, s’épaissit considérablement, suivant le modèle de son égérie Laurie Strode (Jamie Lee Curtis). De même, le monstre sort de l’ombre et, s’il ne découvre pas stricto sensu son vrai visage (à peine un œil visible à travers une cagoule), voit une partie de son histoire dévoilée à travers une formidable synthèse offerte par quelque témoin du passé et autres coupures de presse. Enfant mort-né, considéré comme autre et différent, le bestiau a été abandonné par ses géniteurs et a profité des bienfaits du froid pour s’endurcir encore davantage et développer dans son coin une petite haine à l’égard de ceux qu’il peut croiser sur sa route.

Du coup, zick-zick, il décapite, éventre, ampute à tout-va, sans se fier une seule seconde aux codes amerloques : ni drogue ni sexe pour l’heure, dans Cold Prey, on tranche absolument tout ce qui passe, à grands renforts de raisiné et d’effets sanglants plutôt bien foutus. Puis, y a pas à dire, le sang dans la neige, ça a de la gueule !


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