Critique de film

Cloverfield

"Cloverfield"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Monstres
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Matt Reeves
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h30
  • Budget : 30 millions de dollars
  • Scénariste : Drew Goddard
  • Musique : Aucune
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Michael Stahl-David, Lizzy Caplan, Jessica Lucas, T.J. Miller, Mike Vogel
  • Récompenses : Aucune

Alors que cinq jeunes New-Yorkais organisent une soirée pour le départ d'un de leurs amis, un monstre de la taille d'un gratte-ciel envahit Manhattan... Caméra au poing, ils nous livrent l'unique témoignage de la lutte sans merci qu'ils vont mener pour leur survie.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Cloverfield - It’s apocalypse now...
Par : Damien Taymans






Malgré un matraquage publicitaire omniprésent depuis quelques semaines à coups de trailers et d’informations incomplètes, on savait assez peu de choses sur le très attendu Cloverfield. A part le style de caméra à l’épaule choisi par le réalisateur pour donner un aspect documentaire au métrage et la présence d’un monstre géant qui débarque dans New York, les autres informations n’avaient pas filtré et, après l’avoir visionné, on comprend aisément pourquoi : le style documentaire et le thème traité sont les deux seuls pôles d’attraction du métrage.

On ne peut donner tort à ceux qui imaginent un mix entre Le projet Blair witch et Godzilla puisque le film se résumerait assez facilement de cette manière. Seulement, ce serait passer sous silence d’excellentes scènes du film et tapir dans des armoires scellées l’incroyable atmosphère qui s’en dégage. Car Cloverfield, s’il n’est pas un très grand film, a au moins le mérite de livrer quelque chose de plus ou moins novateur (nombreux sont ceux qui critiqueront le pompage patent du réalisateur sur les deux œuvres mentionnées avant) en n’omettant pas le côté formel de l’œuvre.

Une innovation par le mélange des idées et des initiatives. Un film de monstre sans monstre. Ou un monstre livré de manière fragmentaire. De même, le reportage amateur livré par l’un des protagonistes est lacunaire et est entaché de nombreuses ellipses et se caractérise par le mauvais cadrage des propos. C’est d’ailleurs l’une des raisons des critiques de certaines personnes avisées. Que je sache, il est évident que le côté documentaire du métrage, pour peu qu’il soit livré de bout en bout, impose un amateurisme dans le cadrage que l’on retrouvait lors des scènes de poursuite du Projet Blair witch. Sauf que, au lieu d’errer gaiement dans la forêt de la sorcière de Blair, les protagonistes s’égarent dans un Manhattan poussiéreux et angoissant. Le pouvoir de métrage réside dans son absence de monstration et dans son côté (parfois trop) suggéré : des cris, des tremblements, des gens affolés qui courent et nous nous situons du même côté de la barrière que les héros. Nous ignorons tout de ce monstre qui ravage New York et ne sommes confinés qu’aux seules informations que détiennent les protagonistes. Un traitement interne parfaitement réussi qui plonge le spectateur dans cet univers apocalyptique ressemblant étrangement au 11 septembre 2001 et lui laisse imaginer à l’envi toute une série de possibilités plus improbables les unes que les autres.

Cependant, comme je l’ai dit précédemment, Cloverfield n’est pas à considérer non plus comme un chef-d’œuvre incontournable du fait qu’il accuse de cruels manques de lucidité de la part de Matt Reeves, davantage habitué aux séries commandées par le producteur J. J. Abrams (comme c’est le cas ici). Une vision fragmentaire beaucoup trop elliptique et qui manque parfois de cohérence. Des dialogues réduits à leur plus simple appareil et des louvoiements interminables qui viennent miner un métrage pourtant déjà sujet aux bombardements.

Cloverfield est un film à voir, n’en déplaise aux sempiternels amoureux du cadrage conventionnel, ne serait-ce que par son côté documentaire et par le traitement narratif interne cohérent de bout en bout. Seul petit conseil : si dans la salle de cinéma, vous ressentez des vibrations, prenez la fuite vite fait et évitez les couloirs de métros…


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