Critique de film

Chained

"Chained"
affiche du film
  • Genre : Thriller horrifique
  • Année de production : 2012
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Jennifer Chambers Lynch
  • Pays d'origine : USA
  • Scénariste : Jennifer Chambers Lynch
  • Musique : Climax Golden Twins
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Vincent D'Onofrio, Julia Ormond, Gina Philips, Eamon Farren, Jake Weber, Shannon Jardine, Conor Leslie
  • Récompenses : --

Un samedi après-midi, Tim et sa mère se font enlever par Bob, un chauffeur de taxi totalement désaxé. Après avoir assisté, impuissant, au meurtre de sa mère, Tim est utilisé comme esclave, forcé à nettoyer puis à enterrer les corps des jeunes victimes de Bob. Après des années d’asservissement, le jeune malheureux, désormais adolescent, apprend qu’il lui sera laissé quelques libertés à une seule solution : que lui aussi devienne un tueur en série.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Chained - Family portraits
Par : Damien Taymans


Réalisatrice mal-aimée, Jennifer Chambers Lynch connaît des débuts difficiles avec Boxing Helena avant de connaître de nouveau la vindicte populaire et critique avec Hisss, en sus d’un tournage indien infernal, malgré un efficace Surveillance. C’est que la "fille de" aura avant tout séduit par l’écriture de Diary of Laura Palmer, sorti entre les première et deuxième saisons de Twin Peaks. Pourtant, le cinéma de Jennifer n’est jamais aussi touchant que lorsqu’elle s’extrait de l’influence paternelle pour opter pour un style plus naturaliste, une esthétique plus froide, une violence plus âpre. Cette violence se débarrasse de ses oripeaux graphiques pour privilégier un sadisme psychologique par le prisme de la plus infâme dictature qui soit, celle de l’éducation. Car le petit garçon qu’il utilise au départ comme un esclave mécanisé (le décompte de dix secondes), enchaîné au mur en guise d’entrave à une évasion potentielle, entretient des liens de plus en plus étroits avec son tortionnaire, son mentor, son père...

Comme le mi-figue mi-raisin Bereavement, Chained autopsie le quotidien et la relation ambiguë entre un sociopathe hanté par ses racines (un père à la main leste qui le poussait à l’inceste) et un automate en recherche de ses propres racines, celles dont ce monstre l’a extirpé. Un monstre (la meilleure interprétation de Vincent D’Onofrio depuis Full Metal Jacket) que Lynch dépeint comme un échoué de la société, un traumatisé de l’âme incapable de considéré les femmes autrement que comme des objets sexuels destinés à être violées puis éliminées. Une vision qu’il tente de léguer à son Rabbit, sobriquet en adéquation avec la fonction "copulatrice" à laquelle il est destiné. Chambers Lynch refuse à nouveau les grands espaces, qui écrasent les êtres, pour préférer un intérieur propret et épuré, à l’image de la photographie : dans cette tanière où se terrent un loup et un "lapin", chaque élément est à la place qui lui est déterminé (voir le fauteuil offert en offrande au jeune Rabbit pour entériner son passage), conformément à l’idéal que se fixe le propriétaire.

Si l’on adopte un point de vue meta-analytique, Chained constitue la rupture définitive de la filiation que certains voyaient avec le cinéma de son paternel. La violence brute (le film a écopé d’un classement R17 aux États-Unis), la force de chaque image, la puissance évocatrice de chaque plan attestent que la "fille de" possède désormais (si certains en doutaient encore) son cinéma : intense, bouleversant, écœurant même.


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