Critique de film

Cat's eye

"Cat's eye"
affiche du film
  • Genre : Fantastique
  • Année de production : 1985
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Lewis Teague
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h34
  • Budget : 7 millions de dollars
  • Scénariste : Stephen King
  • Musique : Lewis Teague
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Drew Barrymore, James Woods, Alan King, Kenneth McMillan, Robert Hays, Candy Clark
  • Récompenses : Aucune

Trois histoires de Stephen King faisant toutes trois intervenir le même chat...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Cat’s eye - Pas très chat... toyant !
Par : Damien Taymans




Dans les eighties, Stephen King est un phénomène à la mode. Fort du succès des adaptations de ses œuvres comme Carrie de Brian De Palma ou encore Shining de Stanley Kubrick, le romancier peut commencer doucement à se targuer d’être l’écrivain d’horreur le plus célèbre. Dino De Laurentiis a déjà flairé le coup puisqu’il est à l’origine de deux adaptations au début des années 80 : Dead zone confié à Cronenberg et Charlie qui a incombé à Mark L. Lester. Le producteur décide de réaliser un film à sketches à partir de deux nouvelles extraites de Danse macabre dont il vient d’acquérir les droits ; pour compléter le métrage, Stephen King en rédige une inédite.

Le projet est confié à Lewis Teague dont King a particulièrement apprécié la version de Cujo. Côté casting, le métrage tourne autour de la jeune Drew Barrymore, star en devenir, qu’on a pu admirer dans le ET de Steven Spielberg et le Charlie dont nous avons parlé plus haut, film dans lequel la gamine mettait littéralement le feu. Autre figure célèbre : James Woods dont la prestation étonnante dans le Vidéodrome de Cronenberg reste toujours dans la mémoire de De Laurentiis.

Trois sketches reliés par un même personnage : un chat (ce qui explique le titre de l’œuvre). D’abord chassé d’un foyer et poursuivi par un saint-bernard ressemblant volontairement à Cujo, le chat évite de justesse de se faire écraser par une superbe Cadillac portant sur sa plaque Christine. Après ces seuls clins d’œil à l’œuvre kingienne, le félin continue ses pérégrinations de ville en ville pour assurer une certaine cohérence entre les trois sketches. Il atterrit d’abord à New York où il se retrouve pris au piège dans un cabinet médical spécialisé dans la persuasion anti-tabac pour se faire recueillir ensuite par un bandit à Atlantic City avant de finir dans la maison d’une belle petite famille lambda dans la petite ville de Wilmington. En réalité, l’animal ne joue un rôle prépondérant que dans le troisième segment et est relégué au titre de guest-star dans les deux précédents, assurant passivement la transition entre les historiettes.

Le premier sketch, tiré de la nouvelle Desintox, Inc., présente un fumeur invétéré qui pousse la porte d’un cabinet médical pour tenter de s’affranchir de la cigarette. Il est alors confronté à un médecin aux méthodes aussi persuasives que drastiques : celui-ci lui promet de s’il se met à refumer, sa femme sera maltraitée… Rempli d’humour noir du début à la fin, le segment brille seulement par la peinture réaliste de l’assuétude découlant de la cigarette. Les efforts de James Woods et Alan King ne parviennent pas à calfeutrer le manque de rythme de cet épisode qui est expédié de manière trop brutale.

Inspirée de la nouvelle La corniche, la deuxième histoire nous met aux prises avec un gangster bien décidé à se venger de l’amant de sa femme avec lequel la garce s’est enfuie. Parieur dans l’âme, le bandit offre une possibilité de rédemption au cocufieur : s’il parvient à faire le tour de l’immeuble en déambulant sur la mince corniche, il pourra retrouver sa douce. La corniche est indubitablement le meilleur des trois segments. Qualitativement, l’exercice est un véritable tour de force puisque vingt minutes servent à observer les pérégrinations funambulesques de l’amant et, assez étrangement, l’ennui ne guette que très peu. En outre des virages et des coups de vent, le parcours est parsemé d’embuches naturelles et artificielles (mises en place par l’escroc cocufié).

Le troisième segment, intitulé Le Général (pseudonyme dont est affublé le chat), est basé sur un écrit inédit du romancier. Une jeune fille (Drew Barrymore) recueille le chat malgré les recommandations de sa mère qui ne veut pas que l’animal dorme avec sa fille, de peur qu’elle l’étouffe durant la nuit. Pourtant, le félin tigré éloigne de la petite Amanda le vilain lutin qui vient chaque nuit pour tenter de la tuer… Enfantin et grotesque, ce troisième segment est de loin le pire du trio. D’autant plus que la mise en place prend un temps considérable. Dès lors, l’affrontement entre le chat et le lutin n’arrive que très tard et prend également énormément de temps afin d’installer une certaine tension qui ne tient à rien (ben oui, être stressé parce que les parents ne verront pas le lutin, c’est idiot !).

A mille lieues des meilleurs films à sketchs de l’auteur (Creepshow, Darkside), Cat’s eye n’est qu’une petite adaptation édulcorée de toute violence. Un ersatz des vraies réussites de l’auteur en quelque sorte…

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