Critique de film

Carrie, la vengeance

"Carrie"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Kimberly Peirce
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h40
  • Budget : 30 millions de dollars
  • Scénariste : Roberto Aguirre-Sacasa, Stephen King
  • Musique : Marco Beltrami
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Tourmentée par une mère névrosée et tyrannique, la vie n'est pas rose pour Carrie. D'autant plus qu'elle est la tête de turc des filles du collège. Elle ne fait que subir et ne peut rendre les coups, jusqu'à ce qu'elle ne se découvre un étrange pouvoir surnaturel...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Carrie, la vengeance - Grosses pertes
Par : Samuel Tubez






Proposer une nouvelle adaptation du premier roman publié de Stephen King n’est en soi pas une mauvaise chose, surtout si cela est agrémenté d’un regard neuf et féminin, en l’occurrence ici celui de la réalisatrice Kimberly Peirce (Boys don’t cry). Faire un remake du classique du cinéma d’horreur signé par Brian de Palma en 1976 est par contre une très mauvaise idée. Hélas, je vous le donne en mille, c’est davantage la seconde option qui a été au final retenue…

Petite piqûre de rappel pour les jeunes fantasticophiles qui ont grandi devant Saw : Carrie White est une ado tourmentée par une mère bigote et tyrannique qui est également la tête de turc des filles du collège. Alors qu’elle subit les pires humiliations, suite notamment à l’apparition de ses premières menstruations, Carrie développe un don de télékinésie qui lui permet de déplacer à distance des objets par la force de son esprit…

Malgré l’ajout d’une scène d’introduction renforçant les rapports malfaisants entre Carrie et sa mère qui n’apparaissait pas dans le film original, l’intrigue revient très vite dans le chemin balisé du remake sans risque, reprenant sans originalité ni panache (la mise en scène s’avère évidemment on ne peut plus plate comparée à celle de de Palma) les principaux évènements connus des aficionados. Pas grand-chose de neuf à l’horizon, si ce n’est que, époque numérique oblige, les pouvoirs de Carrie doivent être plus puissant pour impressionner l’audience (elle peut faire léviter une bagnole, la classe !) et que l’on doit user de cgi pour tout et n’importe quoi alors qu’un bon vieil effet « live » ferait parfaitement l’affaire. Carrie 2013 est bien un film de son époque, destiné à ceux qui ne connaissent pas l’histoire du cinéma et qui de toute façon ne s’y intéressent pas, voulant leur petit instant d’épouvante bien calibré. On filme Carrie sous la douche avec son iPhone, on cite « Dancing with the Stars » lors du slow durant le bal (comparé au vertigineux travelling circulaire de Palma, ça fait mal où je pense) et le sang versé sur Carrie se disperse dans les airs dans un bidouillage numérique assez moche. Inutile mais pas forcément honteux, le film s’avère tout de même bien interprété, Chloë Grace Moretz incarnant une Carrie White timide mais aussi davantage consciente de ses pouvoirs que Sissy Spacek auparavant, et Julianne Moore étant on ne peut plus convenable dans le rôle d’une Margaret s’adonnant à des sévices corporels un peu plus poussés. Mais même si la relation toute particulière entre la mère et la fille fonctionne bien à l’écran, force est de constater que l’horreur n’est pas vraiment de mise et que l’ensemble manque cruellement de puissance. Tout cela satisfera peut-être la génération actuelle mais pour notre part, nous préférons revoir le seul, le vrai, le classique de 1976.

Remake totalement fade et inutile par son manque d’innovation réelle et le classicisme de sa mise en scène, Carrie 2013 ne surprendra pas les connaisseurs qui auront vite fait de revenir vers le classique de Brian de Palma, bien plus puissant. Pour les autres, l’actualisation de l’ensemble, la conviction des nouveaux protagonistes et les quelques effets-chocs du grand final suffiront peut-être à leur faire passer un bon petit moment d’angoisse. Mais on a tout de même envie de leur conseiller d’aller plutôt découvrir les vrais classiques au lieu d’avaler n’importe quel remake déboulant sur les écrans.


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