Critique de film

Captifs

"Captifs"
affiche du film
  • Genre : Thriller, Horreur
  • Année de production : 2010
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Yann Gozlan
  • Pays d'origine : France
  • Durée : 1h24
  • Scénariste : Yann Gozlan, Guillaume Lemans
  • Musique : Guillaume Feyler
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  • Bande annonce
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  • Casting : Zoé Félix, Eric Savin, Arié Elmaleh, Ivan Franek, Igor Skreblin
  • Récompenses : --

Dans les Balkans, Carole achève sa mission humanitaire et s’apprête à prendre le chemin du retour, entourée de ses deux coéquipiers. Sur la route, la menace se fait sentir. Des chiens aboient. La route principale est bloquée, les voilà engagés sur un chemin sinueux. Carole et ses deux coéquipiers sont brutalement attaqués, puis enlevés par des criminels aux motivations inconnues. Enfermés dans une cave, les captifs n’auront qu’une idée en tête : découvrir la vérité sur leurs ravisseurs et trouver le chemin de leur liberté.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Captifs - A l’intérieur
Par : Damien Taymans


Engoncé dans sa tendance au survival (pour exemple Haute tension, Martyrs, Frontières, A l’intérieur, Humains), le cinéma de genre hexagonal semble éprouver toutes les peines du monde à se sortir de ce carcan "budgétaire". Captifs ne déroge pas à la règle : un huis clos dans des sous-bassements yougoslaves qui semblait promettre une sorte de Hostel franchouillard avec des tortionnaires aussi charismatiques que le pauvre nazillon de gouttière campé par Samuel Le Bihan dans le survival banlieusard de Xavier Gens. A l’inverse, cette troisième livraison de la firme Sombrero (Mutants, Vertige) captive - littéralement - dès les premières minutes : une enfant joue à cache-cache avec une camarade tandis que des grillons stridulent dans la campagne. Le décompte terminé, la jeune Carole se met en quête de son amie et découvre le corps sans vie de celle-ci avant de se faire sauvagement attaquée par un molosse...

Concentrée en à peine cinq minutes, toute la force de Captifs est illustrée dans cette séquence liminaire. Le pari osé du néophyte Yann Goslan qui certes met en boîte un nouveau survival, mais y incorpore des mômes et des cabots. La dynamique de ce thriller psychologique pour l’essentiel centré sur son héroïne (son traumatisme, ses peurs, ses culpabilités). L’anéantissement de toute bienséance (une gamine dézinguée dès l’entame, plutôt rare en France) au profit d’un réalisme en béton. La qualité plastique de l’ensemble au niveau de l’image (l’opposition clarté et ténèbres déjà mise en exergue) et du son (la berceuse des grillons vs. l’assourdissement des aboiements).

Côté influences, il convient de chercher davantage dans le cinéma d’horreur des années 50-60 (Psychose, Les yeux sans visage, entre autres) que dans la vague des torture porns actuels représentée notamment par le diptyque craspec d’Eli Roth. Aucun sous-texte politique (le cadre yougoslave pourrait être abandonné au profit des décors alsaciens dans lesquels le film a effectivement été tourné) ni surenchère d’hémoglobine (les maquillages signés Olivier Alfonso, déjà à l’oeuvre sur La Horde, La meute et A l’intérieur, s’avèrent aussi crédibles que sobres). La pellicule de Yann Goslan mise sur la focalisation quasi totale de son héroïne, brillamment interprétée par la sublime Zoé Felix, plongée au coeur d’un enfer dont elle ignore, au départ du moins, les tenants et les aboutissants. Peu à peu, le noeud narratif se desserre tandis que celui atmosphérique étrangle de plus en plus les captifs promis à être engloutis dans les ténèbres d’un interminable couloir qui sépare leurs geôles.

Récompensé pour son court métrage Echo au festival de Gerardmer 2007 (pour l’anecdote, dans le jury se trouvait Zoé Felix), Goslan prouve avec Captifs qu’économie de moyens et efficacité peuvent encore aller de pair dans le paysage du genre francophone fonctionnant en marge de la production "mélodramatique" habituelle. Poignant dès son entame, le film monte ensuite crescendo, mélangeant au passage des images d’une rare poésie et des passages plus bruts et réalistes. De quoi faire oublier aux festivaliers que, deux ans auparavant, ils ont dû se coltiner Sara Forestier et Lorant Deutsch en lutte avec des hommes préhistoriques...


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