Critique de film

Camp 731

"Hei tai yang 731"
affiche du film
  • Genre : Gore
  • Année de production : 1988
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Tun Fei Mou
  • Pays d'origine : Hong Kong
  • Durée : 1h45
  • Scénariste : Mei Liu, Wen Yuan Mou, Dun Jing Teng
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Mau Dui Fai, Wang Gang, Wu Dai Yao
  • Récompenses : Aucune

1945, le Japon voit pointer la défaite. Une unité spécialisée dans les expérimentations chimiques et bactériologiques est chargée par l'empereur de mettre au point de nouvelles armes capables d'inverser le cours de la guerre. Le camp 731, vivier de cobayes humains, est des lors mis a contribution.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Camp 731 - Une terrible face cachée de l’histoire
Par : Chroniqueurs




Par Nicore

Film controversé s’il en est, ce Men behind the sun, également connu sous le titre de Camp 731, ne peut en tout cas laisser indifférent devant les atrocités montrées à l’écran, le tout sur un ton documentaire rendant encore plus glauque et réalistes les méfaits de ces japonais dignes cousins des "scientifiques" nazis.

En effet, le script suit, vers la fin de la seconde guerre mondiale, les activités macabres et expérimentales de soldats et de scientifiques japonais ayant installé un camp de prisonniers dans la Manchourie chinoise annexée, afin d’y créer des armes bactériologiques et chimiques en se servant de chinois et de russes captifs comme cobayes.

Après un petit rappel géographique et historique des faits et lieux, le métrage suit en parallèle l’arrivée dans ce fameux Camp 731 d’un nouveau responsable des opérations et de nouvelles recrues, des gamins à peine adolescents qui vont devoir s’acclimater des conditions de vie rudes dans ces lieux, amenant même un trio à tenter une vaine évasion dans laquelle l’un d’eux trouve même la mort.

Mais rapidement, le métrage relègue plus ou moins au second rang ces jeunes dont nous ne suivons que quelques entraînements éreintants et d’autres situations plus légères pour s’intéresser aux expériences toutes plus cruelles les unes que les autres de ce tortionnaire qui n’hésite pas à casser des doigts congelés, à arracher la peau d’une femme dont les mains ont été gelées puis ébouillantées, pour une succession de séquences malsaines et dérangeantes, filmées sur un ton neutre et détaché.

Sous couvert de dénoncer les horreurs commises par des Japonais vraiment peu éloignés de leurs cousins germaniques du moment aussi bien au niveau des expériences terribles que du nationalisme exacerbé lors du final, le métrage met en avant des séquences extrêmement dérangeantes et flirtant même avec le "snuff", notamment lors de scènes cruelles mettant en scène des animaux qui eux sont vraisemblablement sacrifiés pour le film. Le métrage laisse également planer le doute sur une autre séquence, l’autopsie d’un jeune enfant, celui-là même qui avait sympathisé avec une des jeunes recrues, montrant ainsi bien le peu de sentiments faits par ces bourreaux qui ne manquent pas de demander à ce jeune soldat d’amener son ami dans le camp pour l’éviscérer afin de recueillir ses organes, avec un tel réalisme écoeurant que l’on pourrait être amené à penser que…

Si certains ne manqueront pas de taxer ce Men behind the sun de film crapuleux, honteux et largement complaisant, on ne pourra quand même pas négliger l’impact évident qu’il génère, surtout que la réalisation, sans aucune fioriture ni artifice quant il s’agit de montrer les méfaits commis, donne à l’ensemble un aspect documentaire volontairement travaillé. Usant de détails réalistes à souhait, n’utilisant aucune pudeur ni tabous, le métrage parvient sans équivoque à dénoncer les aberrations engendrées par cette guerre, même si l’on sait que le gouvernement chinois a participé au financement du film.

L’interprétation est convaincante, sans aucun surjouage qui aurait pu nuire à la crédibilité globale du film, et même l’interprète du détestable Dr. Shiro Ishii brille par une sobriété toute aussi dérangeante.
La mise en scène du réalisateur est tout simplement adaptée au propos du métrage, impartiale et posée, mais ne reculant devant aucun gros plan vomitif. Les effets spéciaux sont par contre plutôt mitigés, certaines mutilations restant primaires et porteuses de trucages presque visibles, qui tranchent avec l’extrême réalité d’autres séquences déjà évoquées.

Men behind the sun restera une œuvre définitivement différente, difficilement supportable et même insupportable selon les sensibilités, mais qui aura le mérite de s’acharner à montrer une réalité peu souvent avancée ! Défendre l’indéfendable, peu importe le prix, pourquoi pas !

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