Critique de film

CJ7

"Cheung Gou 7 Hou"
affiche du film
  • Genre : Comédie fantastique
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Stephen Chow
  • Pays d'origine : Hong Kong
  • Durée : 1h24
  • Scénariste : Stephen Chow, Vincent Kok, Sandy Shaw, Chi Keung Fu, Kan Cheung Tsan
  • Musique : Raymond Wong
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Stephen Chow, Jiao Xu, Kitty Zhang Yuqi, Chi Chung Lam
  • Récompenses : Aucune

Ti, un pauvre ouvrier multiplie les petits boulots pour permettre à son fils de suivre les cours d’une école privée. Dicky, son fils, est rejetés par ses camardes de classes du fait de sa pauvreté. Une nuit alors qu’il fouille une décharge, Ti va découvrir un étrange objet venu d’ailleurs. Mais c’est objets va révéler bien des surprises et changer la vie du père et de son fils.

Les critiques à propos de ce film

Critique de CJ7 - The Chow Must Go On
Par : Seb Lecocq


Nous ici, chez cinémafantastique, on est des gros durs, des tatoués, des buveurs de bières, des vrais mecs quoi (et quelques filles aussi mais c’est que pour les quotas). On ne nous la fait pas à nous. Ce qu’on aime, c’est la violence, le sang, les zombies, les monstres et autres fillettes aux cheveux sales. On a tout vu, tout vécu et plus rien ne nous effraie. C’est pas faux. Mais Stephen Chow va venir remettre en cause toutes nos certitudes. Comment ? En détruisant cette carapace pour mettre à nu l’âme d’enfants qui sommeille en nous tous. Il sera aidé dans sa tâche par un enfant surdoué et une étrange petite créature. Le retour à la réalité va être dur. En fait, plutôt que de gros durs, nous sommes juste de grands enfants et nous allons fondre devant CJ7.

Après les succès retentissants et mondiaux de Shaolin Soccer et Crazy Kung Fu, Stephen Chow est un peu considéré comme le sauveur de l’industrie cinématographique hongkongaise au plus mal à l’époque. Depuis il a carte blanche pour donner vie à ses désirs de cinéma cartoon délirants sauce mo lei tau (ndla : comédie nonsensique typiquement cantonaise inventée par Chow lui-même). En bon réalisateur qu’il est, ce qu’il aime le plus, c’est surprendre son public et ses fans de plus en plus nombreux.

Alors qu’il avait poussé son style à son paroxysme avec Crazy Kung Fu, Chow ne pouvait pas aller plus loin, il lui fallait changer de direction sous peine de tomber dans la redite ou l’auto parodie mais le tout sans se renier. Et CJ7 c’est exactement ça. Un Chow nouveau mais reconnaissable en deux plans, une évolution plutôt qu’une révolution en somme. Voire CJ7 pour un fan, c’est comme refaire toute la déco de son appart’. On se sent toujours chez soi mais quelque chose a changé.

Souvent comparé à une sorte de E.T cantonais, CJ7 c’est plus que ça. Bien sûr les parallèles entre les deux films sont évidents et le score de Raymond Wong déroule des sonorités on ne peut plus John Williamsesque mais on est bien plus dans l’hommage que dans la copie conforme. Sur un postulat de base semblable au film de Spielberg, Stephen Chow greffe sa personnalité, sa patte et ses thèmes de prédilections : pauvreté, cruauté enfantine, loosers magnifiques, personnages féminins joués par des acteurs, héroïne pure et innocente (et je ne parle pas de drogue ici…), humour absurde, hommage à Bruce Lee, effets spéciaux à gogo et chaussures trouées. Mais là où le film fait fort, c’est dans son subtil mélange des genres. Rares sont ceux capables de faire à la fois couler les larmes de joie et de tristesse. Chow réussit son coup. Et plutôt deux fois qu’une. On connaissait Stephen l’Auguste, place maintenant au clown blanc. Force est de constater qu’il excelle dans les deux rôles.

Pour réaliser ce tour de force, il dispose de deux atouts essentiels. Dans la main droite, un enfant acteur de génie, Jiao Xu. Ce petit bonhomme d’une petite dizaine d’années est tout simplement phé-no-mé-nal. Sa bouille d’enfant de chœur malicieux et son talent en font sans conteste la vedette du film. Souvent au cinéma les enfants peuvent être horripilants mais ce petit Jiao Xu est juste incroyable, sa prestation mérite à elle seule le coup d’œil. L’autre arme de Stephen Chow est ce CJ7 justement, la créature du film, entièrement numérique, dont l’apparence va en séduire plus d’un. Mix improbable entre Flubber, un Pokémon et un chien, on ne connaît pas vraiment son origine. Robot, animal, végétal…c’est un peu tout ça à la fois. Son apparence va attendrir même les plus endurcis et c’est exactement le but recherché par le réalisateur.

Je le disais plus haut, Chow laisse de coté les aventures délirantes et les scènes d’action pour se concentrer sur son histoire. Celle d’un petit garçon et de son père. Les histoires simples sont souvent les plus belles et c’est le cas ici. L’arrivée de CJ7 va bouleverser cette famille de la même façon que l’arrivée d’un alien au doigt lumineux avait bouleversé une famille américaine il y a maintenant plus de vingt cinq ans…l’humour en plus. Car oui on rit dans ce film (on est quand même chez Chow hein, faut pas l’oublier), beaucoup même. La première partie du métrage est clairement orientée comédie et le réalisateur peut laisser libre cours à son inventivité et à son génie de la mise en scène, ce qui nous donne quelques scènes hilarantes. Mention spéciale encore et toujours à Jiao Xu. Puis subtilement, le film bascule, les scènes drôles se font plus rares et l’émotion arrive, par petites touches d’abord avant de tout submerger. Mention spéciale à Jiao Xu toujours.

Si j’ai pleuré ? Je ne vous le dirai pas, j’ai une réputation à défendre mais de toute façon là n’est pas le plus important car chez Stephen Chow, tout se termine toujours par un grand éclat de rire en musique. C’est une nouvelle fois le cas mais on rit et on danse avec un petit pincement eu cœur.

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