Critique de film

Borderland

"Borderland"
affiche du film
  • Genre : Thriller horrifique
  • Année de production : 2007
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Zev Berman
  • Pays d'origine : Mexique, USA
  • Durée : 1h45
  • Scénariste : Zev Berman, Eric Poppen
  • Musique : Andrés Levin
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Brian Presley Martha Higareda Jake Muxworthy Damián Alcáza Sean Astin
  • Récompenses : Aucune

Une virée au Mexique tourne mal pour un groupe d'étudiants texans.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Borderland - Paradise lost
Par : Damien Taymans


Alors qu’ils vont bientôt rentrer à l’université, trois jeunes texans décident de tenter l’aventure en terre mexicaine et de séduire les conchitas de province en mettant en avant leur jolie gueule de gringos americanos. Une occasion unique pour eux de sa bourrer la tronche à moindres frais et de croquer de la nénétte à bas prix. Tout dérape lorsque l’un des membres du groupuscule se fait enlever par une bande d’autochtones armés de machettes et déterminés à soumettre l’Amerloque à la fleur de l’âge à de terribles sévices pour contenter leur grand prêtre…

Comment ne pas percevoir dans ce pitch des réminiscences de la vague torture porn réintroduite par Hostel ? Pourtant, dépassant le cadre goresque du brûlot de Roth, Borderland ne se cantonne pas à la seule recherche d’effets sanguinolents mais outrepasse le schéma horrifique et s’attarde spécifiquement sur les circonstances géopolitiques de l’histoire décrite. Basée sur un fait divers sordide et authentique qui se produisit en terre mexicaine alors que le cinéaste y résidait, l’histoire s’intéresse particulièrement à une secte sévissant en bordure américaine. Conduits par un grand prêtre charismatique, les dévots commettent des enlèvements à la pelle et sacrifient ensuite leurs captifs sur l’autel de leur folie dévorante. Des rituels d’autant plus effrayants que les cris et gémissements poussés par les victimes sont autant de louanges qui sonnent favorablement aux oreilles d’un démiurge avide de sang, seul capable de rendre « invisibles » les cargaisons illégales que le cartel débarque de part et d’autre de la frontière.

Sublimant chacune des séquences de tortures (qui profitent du savoir-faire anatomique de la firme KNB), Zev Berman opte pour une atmosphère poisseuse à l’aune des rues jonchées de détritus de ce trou du cul d’un Nachos semblables aux ruelles sombres géographiquement proches des gares ferroviaires des grandes villes. Ne sombrant jamais dans le cliché grossier qui consiste à stigmatiser le Mexicain comme un comploteur anti-américain primaire qui jouit à l’idée de rapporter à la maison une oreille de gringo, Borderland préfère dépeindre judicieusement une faune hétéroclite moins féroce qui interagit directement avec les survivants à la recherche de leur ami. De la prostituée contrainte à vendre son corps pour nourrir son moutard en bas-âge à la commerçante flippée par le crime qui court dans les rues de sa ville, en passant par les représentants de l’ordre atteints d’une incompréhensible cécité lorsque les bandits agissent en plein jour, le métrage compile ces morceaux de vie qui sont mis davantage au service de l’intrigue qu’ils ne dressent un constat peu pittoresque de ce no american’s land.

Tantôt complètement virulent, tantôt intelligemment dramatique, Borderland est une péloche intense de part en part, jalonnée de nombreux actes jubilatoires (la course de l’hôtel ou la tentative de fuite du torturé) et enrobée d’une vraie coloration exotique. Une œuvre qui ne décline jamais ni dans la démagogie outrancière ni dans la xénophobie gerbante (Turistas, où es-tu ?) et opte au contraire pour une arme plus incisive et probante : le réalisme.

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage