Critique de film

Bloody Mallory

"Bloody Mallory"
affiche du film
  • Genre : Fantastique
  • Année de production : 2002
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Julien Magnat
  • Pays d'origine : France, Espagne
  • Durée : 1h34
  • Scénariste : Stéphane Kazandjian, Julien Magnat
  • Musique : Kenji Kawai
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Olivia Bonamy, Adria Collado, Jeffrey Ribier, Laurent Spielvogel, Valentina Vargas
  • Récompenses : Aucune

La nuit de ses noces, Mallory découvre non sans horreur qu'elle a épousé un démon. Elle le tue aussitôt d'un coup de hache et décide de consacrer sa vie à la lutte contre cette monstrueuse engeance. Quelques années plus tard, la voici à la tête d'un gang anti-paranormal composé de Vena Cava, une drag-queen experte en explosifs, et de Talking Tina, une petite fille télépathe. Mallory doit enquêter sur l'enlèvement du Pape par une étrange créature. Le Vatican n'approuve guère ses méthodes, mais Mallory est la seule à pouvoir retrouver le Saint-Père dans les prochaines vingt-quatre heures, avant que les médias ne s'emparent de l'affaire.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Bloody Mallory - Bloodrayne hexagonal
Par : Damien Taymans


Lors de sa nuit de noces, Mallory découvre qu’elle vient d’accepter en épousailles un démon mais, prévoyante, la belle dégaine une immense hache pour contrer l’attaque de son nouvel époux et, du même coup, l’expédie ad patres. Pour Mallory, c’est la révélation : elle veut devenir une guerrière luttant contre les forces du Mal. Accompagnée de ses fidèles amis, la drag queen Vena Cava et la mioche télépathe Talking Tina, Mallory poursuit sa quête contre les méchants…

Au royaume du bis domine la sempiternelle lutte entre les nanars involontaires et les Z prémédités. A première vue, difficile de placer Bloody Mallory dans l’une ou l’autre de ces catégories tant, via son décalage non maîtrisé, il semble appartenir aux deux. Débrouillard et créatif, Julien Magnat jouit d’une réputation de faiseur de miracles depuis son court Chastity Blade bricolé avec des restants de bouts de ficelle trouvés çà et là pour un budget dérisoire. Avec Bloody, voilà que Magnat récidive, tenant le pari de réaliser un film fantastique digne de ce nom avec les moyens financiers d’un téléfilm. Aussi, bien conscient de la difficulté de l’entreprise, le réal joue-t-il la carte du décalage en signant une espèce de Buffy contre les vampires tricolore au sein duquel on se fend la gueule. Un savoureux trio (le transsexuel à l’accent anglais qui flingue d’emblée tout espoir de crédibilité, une gamine muette télépathe qui change d’enveloppe corporelle comme de chemise pour se retrouver successivement dans la peau d’une chauve-souris, d’un malabar campagnard, d’un rat et d’une infirmière reine du top-less et un garde papal tout de cuir vêtu) accompagne Mallory dans ses pérégrinations contre les vampires qui rêvent de dominer le monde, sa sérénissime altesse papale en tête.

Loin de se distinguer par son esprit djeuns et de rendre hommage à tout un pan du cinoche fantastique, Bloody Mallory, à bien y regarder, tient plus du Bloodrayne bollien que de la série de Sarah Michelle Gellar. D’autant que, si les effets latexifiés amusent dans un premier temps, ils ne permettent pas à eux seuls de colmater les brèches laissées par une mise en scène foutoir usant allègrement de toute une série d’effets rendus incompatibles par la réalisation amateure du réal. Ultraréférentiel, le métrage de Magnat renvoie constamment aux délicieuses amours de son géniteur en incorporant un humour noir et des combats à la Xena, des personnages assez proches de ceux de l’Indiana Jones de Spielberg et des procédés filmiques écervelés propres aux mangas. Pourtant, les ambitions sont là et les idées (pas toujours bonnes) foisonnent au sein de cette œuvre volontairement décalée qui se veut élogieuse à l’égard du septième art mais n’en est qu’un balbutiement, qui se révèle irrévérencieuse (les blagues potaches sur le sexe, les attaques contre la religion) sans l’être tout à fait et qui se réclame décalée tout en accumulant les zones d’ombre où décalage et sérieux se mélangent maladroitement.

Entre hommage et scénar’ (filiforme vous en conviendrez), entre subversion et gagatismes, Bloody Mallory devient un fourre-tout référentiel arythmique qui ne soulève pas les passions même s’il peut se targuer de quelques amusements lourdingues efficaces.

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