Critique de film

Bloodlands

"Bloodlands"
affiche du film
  • Genre : Drame, Horreur
  • Année de production : 2017
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Albanie, Australie
  • Durée : 1h22
  • Musique : Steven Kastrissios
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Une famille albanaise se trouve au milieu d'une "querelle de sang" face à un clan autre connu pour être connecté à une sorcière de la montagne...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Bloodlands - SOS. Ma famille a besoin d’aide
Par : Damien Taymans


Skender, boucher un brin bourru, est de ces hommes qui tapent du poing sur la table pour se faire entendre et exhibe ses bras potelés dans des singlets seyants pour imposer sa figure patriarcale au sein du clan. C’est que l’homme est un Albanais pur jus, capable de jouer les Artaban quand son commerce ne compte plus le moindre client et que sa famille part à vau-l’eau. Seulement voilà : les emmerdes s’accumulent et les pépins financiers risquent de ne devenir qu’un détail face à l’océan de bouse qui s’apprête à s déverser sur sa fiole et celle de sa maisonnée. Jugez plutôt : des péquenauds itinérants pillent les poubelles de sa boucherie et menacent son fils tandis que sa fille boucle déjà ses bagages pour se faire la malle à l’étranger. Puis surtout, suite à une altercation, Skender vient de descendre l’un des membres dudit clan qui passe le plus clair de son temps à taper dans la nécromancie. Bref, y a quelque chose de pourri au Royaume d’Albanie...

A l’instar du britannique Peter Strickland parti se ressourcer en Roumanie avant de revenir à domicile pour y tourner l’incroyable Berberian Sound Studio, l’Australien Steven Kastrissios effectue le voyage dans la lointaine contrée albanaise pour y réaliser une œuvre du cru. Remarqué en 2009 avec The Horseman, le cinéaste transpose sa vision horrifique et la mâtine de légendes locales en mettant en images une guerre des clans remplie entre une famille traditionnelle bringuebalante (le patriarche voit son autorité mise à mal et son noyau familial se disloquer lentement) et une bande émanant de la rue observant des rituels tout aussi séculaires mêlant amour des tripailles et magie noire. Hélas, la sauce ne prend jamais au milieu des Balkans : le récit peine à décoller et se cantonne à mettre en opposition ces deux représentations d’une société engluée par le poids des croyances et des superstitions.

En l’état, Bloodlands s’assimile au mieux à une étude sociologique des rites locaux gratinée tardivement de soupçons d’éléments horrifiques. Le dernier acte montre la volonté du réalisateur de s’enfoncer un peu plus avant dans le terreau du genre en envoyant ses personnages pour un règlement de compte dans les profondeurs de la campagne. Las il est déjà trop tard et le récit s’est trop embourbé que pour se dégager totalement.


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