Critique de film

Blood Father

"Blood Father"
affiche du film

John Link n’a rien d’un tendre : ex-motard, ex-alcoolique, ex-taulard, il a pourtant laissé tomber ses mauvaises habitudes et vit reclus dans sa caravane, loin de toute tentation. C’est l’appel inattendu de sa fille Lydia, 17 ans, qui va lui faire revoir ses plans de se tenir tranquille… Celle-ci débarque chez lui après des années d’absence, poursuivie par des narcotrafiquants suite à un braquage qui a mal tourné. Lorsque les membres du cartel viennent frapper à la porte de John, ils sont loin de se douter à qui ils ont affaire…

Les critiques à propos de ce film

Critique de Blood Father - Furieux Road Warrior
Par : Samuel Tubez


Dix ans après avoir tenté l’aventure américaine avec son remake d’Assaut, Jean-François Richet revient au pays de l’oncle Sam pour remettre sur les routes désertiques notre Road Warrior préféré.

Buriné, tatoué, cheveux blancs et barbe conséquente, John Link se remet d’un passé pas très reluisant en assistant aux réunions des Alcooliques Anonymes et en réalisant quelques tatouages pour les autochtones à l’arrière de sa caravane. Ex-biker et ex-taulard, il n’a plus vu son adolescente de fille depuis un bail. Alors quand cette dernière l’appelle, il est d’abord ravi mais le plaisir sera de courte durée : cette jeune délinquante (les chiens ne font pas des chats) a ramené des ennuis à la maison : elle a fricoté de trop près avec le chef d’une bande de narcotrafiquants qui sont désormais à sa poursuite après un braquage foireux…

Mel Gibson est John Link et John Link est (un peu) Mel Gibson. Dès l’apparition du personnage à l’écran énumérant ses erreurs de sa vie passée, on croirait entendre Mel vider son sac. De plus, Jean-François Richet étant un fan absolu de l’acteur, il truffe son film de clins d’œil à la filmographie de l’acteur. Blood Father, chant du cygne et film-hommage à l’inoubliable Martin Riggs ? Heureusement pas car, non seulement, le réalisateur de Mesrine parvient à tirer de son acteur principal une prestation d’une justesse incroyable, entre postures badass et regards affectifs envers sa fille (Erin Moriarty tire son épingle du jeu face à la star) mais en plus notre Mad Max préféré prouve qu’il a encore la forme pour des rôles de premier rang. Rien que pour ça, le film vaut le déplacement. Pour le reste, Blood Father gonfle sensiblement sa mince intrigue en l’ancrant dans le genre très prisé du film de cartel et en opposant vieux rednecks et génération Instagram (à ce propos, la présence de Michael Parks et le discours de son personnage vaut son pesant de cacahuètes grillées). Sec et brutal, le film de Jean-François Richet manque toutefois de scènes d’action mémorables, souffrant en outre d’un montage trop souvent haché, pour véritablement marquer les esprits et accuse quelques invraisemblances dans son déroulé (la visite en prison en pleine traque par les autorités, tranquille). Mais cela ne gâche pas vraiment le plaisir de retrouver un Mel Gibson charismatique en diable dans une série B qui s’assume sans aucun cynisme.

Film de cavale avec un Mel Gibson qui crève l’écran en dur à cuire grognon et sensible, Blood Father, convenu dans son intrigue, repose essentiellement sur les épaules de son acteur-vedette même si Jean-François Richet emballe le tout avec beaucoup de respect et une certaine efficacité.


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