Critique de film

Black water

"Black water"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Animaux tueurs
  • Année de production : 2007
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Andrew Traucki, David Nerlich
  • Pays d'origine : Australie
  • Durée : 1h28
  • Budget : 700 000 dollars
  • Scénariste : Andrew Traucki, David Nerlich
  • Musique : Rafael May
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Andy Rodoreda, Diana Glen, Maeve Dermody
  • Récompenses : Aucune

En ballade dans le nord de l'Australie, région tropicale sujette aux inondations, Grace, son petit ami Adam et sa jeune soeur Lee décident de partir pêcher en compagnie d'un guide local. Alors que leur bateau file tranquillement sur la rivière, ils sont attaqués par un crocodile. Le guide est tué et les trois vacanciers se retrouvent bloqués sur un arbre parmi les Mangroves inondées. Pour survivre, ils devront éviter le crocodile mangeur d'hommes et atteindre le bateau qui s'est retourné.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Black water - Le concurrent direct de Gustave
Par : Damien Taymans


Décidément, les films inspirés de faits réels en milieu aquatique sont légions dernièrement. Après le truculent Open water (2003) dans lequel un couple voyait son embarcation s’éloigner les laissant seuls dans un océan dangereux, il y eut notamment Dérive mortelle, pâle copie du précédent où un groupe plus large se voyait à l’eau sans avoir la possibilité de rejoindre le bateau pourtant tout proche. Certes, Black water n’est pas de ceux-là puisqu’il nous conte les mésaventures d’un trio perchés sur un arbre à l’abri du crocodile qui vient de les accoster (oui, le crocodile l’accoste, c’est bien connu !). De par son pitch, le métrage semble davantage appartenir au genre horrifique qu’au simple thriller. Pourtant…

Pourtant, ce n’est pas le cas. Ne vous attendez pas à vivre la même expérience qu’avec le fameux Gustave de Primeval où nous pouvions admirer des tas de personnages se faire dévorer tout crus par ce croco surdimensionné aux dents aiguisées et au prénom ridicule. Black water ne mise pas sur les démembrements en tous genres et ne fait absolument pas dans le gore qui tache. Au contraire, fidèles à l’intention de départ, Nerlich et Traucki préfèrent le réalisme aux exagérations cadavériques. Adoptant un style proche du documentaire, les deux comparses livrent un film pragmatique qui n’accélère pas la cadence pour plaire aux néophytes venus contempler des scènes de carnage spectaculaires.

Disons-le tout net : Black water ne pourrait même pas être comparé aux autres films d’animaux tueurs, genre très en vogue depuis des décennies. Plus proche d’Open water que de Crocodile, le métrage revendique son réalisme total et les deux réalisateurs se contrefichent pas mal de livrer des scènes un peu longuettes puisqu’ils poursuivent leur credo : coller au plus près de la réalité et des faits réellement établis. L’essentiel de l’histoire se déroule donc en haut d’un arbre en plein milieu d’une rivière où notre trio de personnages tente tant bien que mal de trouver des solutions pour sortir de ce mauvais pas. Certes, certains dialogues sont assez gagatisants et les répétitions vont bon train dans les répliques des héros en herbe. Certes, l’ennui pointe rapidement son nez à force de contempler cette inertie totale (d’autant que le métrage aurait pu sans problèmes être réduit d’une vingtaine de minutes). Mais c’est que la tension s’installe progressivement pour permettre l’éclosion de l’une ou l’autre scène particulièrement réussies.

Et puis, surtout, il y a la bête. Un crocodile nature. Avec de vrais yeux, de vraies dents et une vraie queue. Ca change des effets numériques hyperboliques. Et rien que pour ça, ça vaut le coup d’œil. D’autant que lesdites scènes où apparaît le monstre sont réalisées avec brio grâce à une photographie envoutante (dans un cadre superbe, bien que monotone) et à une tempérance de tous les instants lors des assauts de l’animal.

En clair, Black water gagne en qualité grâce à son refus de la précipitation et du spectacle facile. Alors que Primeval se perdait dans des considérations politiques vaines et ennuyait avec des scènes d’attaque trop exagérées, Black water surprend par sa maîtrise filmique et sa sobriété de tous les instants…


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