Critique de film

Black christmas

"Black christmas"
affiche du film
  • Genre : Horreur, Thriller
  • Année de production : 1974
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Bob Clark
  • Pays d'origine : Canada
  • Durée : 1h38
  • Budget : 686 000 dollars canadiens
  • Scénariste : Roy Moore
  • Musique : Carl Zittrer
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Olivia Hussey, Keir Dullea, Margot Kidder, John Saxon, Andrea Martin, Marian Waldman, James Edmond
  • Récompenses : Meilleure performance pour une actrice principale (Margot Kidder) et Meilleur son aux Canadian film awards en 1975

Des étudiants basculent dans l'épouvante après avoir reçu un coup de fil leur annonçant une série de meurtres prévue pour les vacances de Noël...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Black Christmas - Noël aux tisons
Par : Damien Taymans




Pension pour filles à l’approche de la Noël. Emoustillées, les donzelles qui cohabitent sous le même toit s’agitent dans tous les sens, fortement perturbées par leurs problèmes personnels autant que par les coups de fil incessants qu’un malade schizophrène passe sur le téléphone de la pension…

Quand il s’agit de dresser un historique fiable en matière de cinématographie, les spécialistes se toisent, les cinéphiles s’aboient dessus et les réalisateurs, préoccupés par une paternité qui ne leur appartient pas toujours, s’accusent l’un l’autre, antéposant pour les besoins de la cause la date de mise en chantier du scénario afin de donner l’ultime estocade prouvant l’immensité de leur génie avant-gardiste. Depuis quelques temps, pareille réflexion s’est développée à l’encontre de la genèse du sous-genre slasher que d’aucuns attribuent à Mario Bava et à sa Baie sanglante dont la trame giallique tend doucement à se rapprocher du serial killer conventionnel qui connaîtra une envolée majestueuse post-Halloween. Au centre des débats émerge un certain Black Christmas longtemps boudé par un public qui y voyait une relecture hasardeuse du classique de Carpenter. Sauf que cinq années séparent les deux métrages aux destinées diverses, le premier masqué par la réussite précédente de Bob Clark (Le mort-vivant), le second traversant les écrans des salles obscures pour se poser comme LA référence en la matière.

Faisant fi des ces débats inféconds, le spectateur ne retiendra de ce métrage que les multiples qualités (innovations ou non, peu importe) qui le parsèment de bout en bout. Fortement teinté de l’univers giallique (le tueur tapi dans l’ombre voire carrément invisible, les incessants jeux de lumière, les charabias incompréhensibles serinés au téléphone, les enquêteurs de fortune), Black christmas joue merveilleusement sur deux tableaux habituellement antagonistes que sont l’humour et l’angoisse. Sans cesse sur le fil entre des personnages à l’ouest (la gérante de la pension un tantinet alcolo, le flic naïf gobant les plaisanteries vachardes des plaignantes) et une atmosphère anxiogène effilée à l’extrême (le cadre frigide de la bâtisse victorienne aux décorations festives sans éclat), l’intrigue provoque autant de sourires que de frissons (mention spéciale notamment aux appels plurivocaux tendance schizo passés par le malade mental). En sus d’être extrêmement réaliste et de proposer un spectacle varié peu enclin aux redondantes successions meurtrières, l’œuvre régale par son casting irréprochable aux gueules bien connues du cinéma de genre (Olivia Psychose 4 Hussey, Margot Lois Kidder, John Freddy 3 Saxon et Keir 2001 Dullea) et l’absence de légitimations psychanalytiques aux motivations du tueur, écueil habituel gracieusement évité par le truchement des évocations absconses du pervers voilée d’une brume épaisse (Billy… Agnès … ?).

A la genèse d’un genre, cette perle oubliée rappelle incontestablement qu’en l’espace de quelques films, Bob Clark révolutionnait le monde du cinéma en explosant le cadre conventionnel du genre pour y imposer ses propres lois. Black Christmas est le parfait opposé de son remake : une œuvre simple mais fouillée aux mille et une idées jubilatoires traitées avec un sérieux sans faille.


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