Critique de film

Belenggu

"Belenggu"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2012
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Indonésie
  • Durée : 1h40
  • Musique : Aksan Sjuman
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses :

Une prostituée qui cherche à se venger de trois hommes qui l'ont violé croise un homme qui veut devenir un acrobate dans un costume de lapin. Mais ce dernier vient de sortir d'un hôpital psychiatrique où il a séjourné suite au meurtre de sa femme et de son enfant...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Belenggu - Ce matin, un lapin...
Par : Damien Taymans




Depuis Les Rongeurs de l’Apocalypse (1972), les lapins semblent exercer une fascination étrange sur quelques cinéastes déviants qui optent même pour des versions géantes sous la forme d’humains bardés d’un costume à grandes oreilles à faire déglutir les amateurs de pin ups de Playboy. Aux directeurs de conscience de Donnie Darko dans le film éponyme ou du petit Daigo dans le Tormented de Shimizu succède un nouveau lapinou qui, lanceur de couteaux la nuit, équarrit son entourage le jour. Enfin, c’est ce que croit en tout cas Elang qui s’inquiète vachement pour sa voisine et sa petite fille Senja, toutes deux menacées par le lapereau tandis qu’une autre de ses amies s’est fait prendre en levrette par trois crapules. Quel lièvre Elang doit-il courser en priorité ? Surtout que, sorti de sa tanière, un autre prédateur rôde qui s’attaque en priorité aux femmes...

Écrit et réalisé par l’Indonésienne Upi (ce n’est donc pas le distributeur du film), Belenggu rejoue la carte favorite du cinéma indé-indo, tout en atmosphère et en visions hypnotiques, à l’image du The Road de Yam Laranas, diffusé en 2012 au BIFFF. La cinéaste, comme son prédécesseur, soigne son image et tire le meilleur profit d’une photographie minutieuse qui magnifie ces Jakarta diurne et nocturne, deux faces d’un même monde en constante opposition. Dans cet univers tantôt mirifique tantôt suffocant, une galerie d’êtres se bousculent, gravitant autour du héros solitaire, obsédé par la protection de ces alter ego, âmes errantes abandonnées sur son chemin, avec lesquels il s’efforce de nouer des liens illusoires. Plus le récit progresse, plus le spectateur constate l’inertie de l’entreprise car, à force de cumuler les scènes contemplatives et de tergiverser dans la mise en lumière de la psyché troublée de son héros, Upi perd plusieurs longueurs sur l’assistance. Prévisible en diable, l’histoire se complait en sus à faire intervenir une enquête policière dévoilant lentement, plan par plan, le mystère déjà érigé avec pénibilité.

Belenggu perd donc toute crédibilité principalement à cause de sa durée. Trop long d’une bonne demi-heure, le film révèle que sa photographie et le soin de sa mise en scène ne jouent qu’un rôle de cache-misère pour un scénario convenu qui se déroule avec un train de sénateur voire d’académicien avant de tomber dans l’écueil de la sur-explication en fin de course. Navrant !


Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage