Critique de film

Baxter

"Baxter"
affiche du film
  • Genre : Fantastique
  • Année de production : 1989
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Jérôme Boivin
  • Pays d'origine : France
  • Durée : 1h22
  • Scénariste : Ken Greenhall (roman) / Jérôme Boivin, Jacques Audiard (scénario)
  • Musique : Marc Hillman, Patrick Roffé
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  • Bande annonce
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  • Casting : Maxime Leroux, François Driancourt, Lise Delamare, Jean Mercure
  • Récompenses : Mention spéciale au festival d'Avoriaz en 1989

Baxter est un bull-terrier. Baxter est un chien qui pense et qui juge ses maîtres et les êtres humains en général, et quand il ne les comprend plus, il se débarrasse de cette compagnie encombrante jusqu'à ce qu'il trouve un humain digne de lui.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Baxter - Transfusion de pensées
Par : Damien Taymans




Baxter, un atroce bull-terrier, nous livre ses pensées au fil de ses pérégrinations qui le contraignent à changer de maîtres. De la vieille esseulée au couple de jeunes mariés en passant par le jeune marmot, Baxter multiplie les expériences et se fait une idée de plus en plus précise de la race humaine…

Fantastique, chien. Ces deux simples mots suffisent à cataloguer Baxter du côté des animal attacks, sauce canidés, façon Cujo, White Dogs ou encore Play Dead. Or Baxter s’éloigne des sentiers battus et propose a contrario un concept novateur. Ne se réduisant pas à de simples échauffourées entre des humains à la peau tendre et un molosse aux dents acérées, Baxter puise son originalité dans le traitement du rôle-titre qu’il propose. Le procédé introspectif du canidé, par le relais de la sublime interprétation de Maxime Leroux, confère au projet son décalage, signant du même coup une rupture à la française avec le cinéma américain largement plus performant en matière de fantastique. Tiré du roman Des tueurs pas comme les autres de Ken Greenhall, Baxter est un ovni frenchy inclassable dû à un Jérôme Boivin inspiré qui sut tirer le meilleur de l’analyse psychologique des personnages, aidé en cela par les truculents dialogues de Jacques Audiard.

Doté d’un physique peu avantageux, Baxter nous confie ses pensées et considérations existentielles en même temps que ses réflexions sur l’être humain qu’il voit évoluer à tous les stades (vieillesse, âge adulte, enfance). Si l’expérience de la vieille dame se finit mal, celle du jeune couple cesse d’être enrichissante à partir du moment où le chien est mis de côté. Ainsi, Baxter fonctionnerait-il à l’affectif ou préférerait-il l’innocence enfantine ? On serait tenté de confirmer l’une et l’autre de ces considérations. Mais, comme tout raccourci, cela reviendrait à renier la complexité du héros canin qui se moque de l’attention apportée par l’enfant, appréciant davantage les règles que celui-ci lui dicte. Quant à la présumée innocence pré-pubère, elle se transforme rapidement en une violente tendance fasciste dénuée de tout code moral. Le métrage de Boivin ne fait aucune concession et fonce dans le lard, bouleversant tous les préjugés pour asseoir sa théorie audacieuse.

Le message de Baxter est d’autant plus fort que sa conclusion dénote avec les thèses ontologiques habituelles. Baxter, chien affreux, amputé de tout sentiment, par essence inférieur à l’homme se révèle moins dangereux que son comparse humain pourtant porte-drapeau de ce que l’humanité a de plus émouvant : l’enfance et son innocence présumée. Fasciné par l’hagiographie d’Adolf Hitler, le jeune Charles tend doucement à révéler la facette la plus abjecte de l’être humain, torturant et massacrant à tout-va au nom de l’expérience, prenant un plaisir malsain à tenter d’assassiner un camarade de classe, à tuer de pauvres chiots sans défense ou à maltraiter son chien.

Peinture pessimiste que cette fable ordurière mais réaliste à l’égard d’un genre humain en décrépitude, Baxter puise sa force dans la moralisation sous forme de miroir grossissant qu’il propose à défaut de convaincre totalement en raison des nombreuses approximations d’acteurs peu inspirés.

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