Critique de film

Batman forever

"Batman forever"
affiche du film
  • Genre : Fantastique
  • Année de production : 1995
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Joel Schumacher
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 2h02
  • Budget : 100 millions de dollars
  • Meilleures scènes : Le bal d'Edward Nygma
  • Scénariste : Bob Kane (personnages) / Lee Batchler, Janet Scott Batchler, Akiva Goldsman (scénario)
  • Musique : Elliot Goldenthal
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  • Casting : Val Kilmer, Tommy Lee Jones, Jim Carrey, Nicole Kidman, Chris O'Donnell, Michael Gough, Pat Hingle, Drew Barrymore, Debi Mazar, Elizabeth Sanders
  • Récompenses : Prix BMI de la Meilleure chanson (1996)
    Brit Award de la Meilleure bande son (1996)
    Prix du Meilleur film fantastique et de la Meilleure musique (Sci-Fi Universe Magazine) en 1995

Nul ne sait que Bruce Wayne, le patron d'un vaste et puissant consortium, l'homme le plus riche des Etats-Unis, revêt chaque nuit la combinaison et le masque de cuir de Batman pour voler au secours de ses concitoyens injustement opprimés. Personne, hormis son fidèle maître d'hôtel Alfred et son vieil ami, le commissaire Gordon.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Batman forever - Même pas comic
Par : Damien Taymans


C’est la panique dans Gotham city : Double Face terrorise la population et a pris en otage un flicaillon. Mais que serait donc Gotham sans son héros nocturne bodybuildé qui vole à la rescousse du moindre pauvre hère tombé dans les mains démoniaques d’un méchant très méchant ? Toujours aussi à l’aise dans son moule-zob en latex, Batman poursuit ses ennemis afin de faire triompher le bien…

Après deux épisodes de la trempe de ceux offerts par le génial et ténébreux Tim Burton, la Warner se devait de trouver un réalisateur au moins aussi bon pour continuer une franchise certes décalée (la patte Burton oblige) par rapport à la série des sixties mais en quoiqu’il en soit rentable. Ainsi, succède au créateur d’Edward aux mains d’argent le Joël Schumacher qui vient juste de signer coup sur coup deux thrillers, l’un nihiliste (Chute libre) l’autre judiciaire (Le client), qui suffirent à relancer la carrière du réalisateur.

Contrastant complètement avec l’œuvre pessimiste et névrosée de Burton, Batman forever constitue une rupture dans la franchise en replongeant ses racines dans l’univers coloré de la série (à l’inverse des choix burtoniens plus axés sur la noirceur entamée par Miller), ne lésinant pas sur les tons flashy et les couleurs criardes. Du coup, la sombre Gotham à l’architecture gothique, aux multiples gargouilles et aux ruelles enneigées se transforme en une ville version Barbapapa illuminée par des néons de lupanar. Sur fond d’un scénario simplifié à outrance (Batman est opposé à deux vilains qui sèment la terreur, quelle originalité !), l’action se déroule à du deux cents à l’heure, multipliant au passage les séquences de course-poursuite et les envolées vertigineuses au mépris de la psychologie des personnages. La faune qui compose l’œuvre de Schumacher témoigne de la simplification adoptée par le réalisateur qui a ramené le mythe de Batman à une simple confrontation manichéenne entre les forces du Bien (costumées de noir) et celles du Mal (déguisées en pantins), zappant du même coup les considérations schizophréniques du somptueux Batman returns.

Val Kilmer succède mollement à un Michael Keaton volontairement mis en retrait, offrant un Bruce Wayne convaincant au contraire du Batman fadasse dont il serine toutes les répliques avec l’entrain d’un second rôle de sitcom. Blonde éthérée oblige, Nicole Kidman prend le relais des Kim Basinger et autres Michelle Pfeiffer pour livrer un personnage chiantissime qui débite ses théories psychanalytiques pour calfeutrer son manque de personnalité. Quant aux vilains, ils ne sont réduits qu’à un statut de pauvres clowns insipides dénués d’humour. Un Double face, ersatz peu savoureux du Joker du premier Batman, à la schizophrénie trop grossière et un Homme mystère tout droit sorti de The mask sont le fardeau du chevalier noir qui doit traîner comme un boulet ces deux créatures enfantines qui ont versé du côté obscur pour da vagues raisons à peine énoncées. Entre toutes ces icônes insipides fusent des dialogues à la limite des onomatopées du comic originel. Des sous-entendus déplacés aux blagues gagatisantes en passant par les discours moralisateurs pompeux, Batman forever compile ce qui se fait de plus mauvais en matière d’écriture, s’évertuant par le truchement de répliques faciles à retenir à s’assurer la compréhension d’adolescents pré-pubères fanas de super-héros vengeurs vêtus de cuir.

Batman forever n’est rien d’autre qu’un divertissement rigolard qui se fourvoie complètement en tentant d’élargir ses horizons à un public plus étendu pourtant acquis à sa cause. Adieu les caractérisations complexes de Burton : Schumacher leur a préféré une opposition schématique et réductrice entre un héros fade et deux ennemis ridicules, sonnant du même coup doucement le glas d’une franchise qui connaîtra une mort brutale dans son quatrième épisode avant d’être ressuscitée par l’entremise de Nolan.


Oeuvres liées

Batman (1989)
Batman le défi (1992)
Batman et Robin (1997)
Batman begins (2005)
The Dark knight (2008)

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