Critique de film

Batman et Robin

"Batman & Robin"
affiche du film
  • Genre : Fantastique
  • Année de production : 1997
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Joel Schumacher
  • Pays d'origine : USA, Angleterre
  • Durée : 2h05
  • Budget : 125 millions de dollars
  • Scénariste : Bob Kane (personnages) / Akiva Goldsman (scénario)
  • Musique : Elliot Goldenthal
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Arnold Schwarzenegger, George Clooney, Chris O'Donnell, Uma Thurman, Alicia Silverstone, Michael Gough, Pat Hingle, John Glover, Elle Macpherson
  • Récompenses : Blockbuster Entertainment Awards de la Meilleur actrice (Uma Thurman) et du Meilleur acteur de second rôle (Chris O'Donnell) dans un film de science-fiction en 1998
    Kids' Choice Awards de la Meilleure actrice (Alicia Silverstone) en 1998
    Razzie Award de la pire actrice de second rôle (Alicia Silverstone) en 1998

Une vague de froid s'est abattue sur Gotham City. Un criminel d'un genre nouveau fait souffler sur la métropole un vent glacé. Les malheureux citadins se tournent, une fois de plus, vers les protecteurs de leurs nuits. Armés d'une nouvelle panoplie de gadgets et d'un impressionnant arsenal inédit, Batman et Robin ne sont plus seuls. Ils peuvent également compter sur une nouvelle arme secrète, la charmante et dynamique Batgirl qui les aidera à sauver Gotham City.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Batman et Robin - Tir aux pigeons
Par : Damien Taymans


Suite à un accident dans son labo, le docteur Freeze se voit transformé et n’arrive plus à supporter des températures supérieures. Désireux de ramener à la vie son épouse congelée dans un freezer géant, Mister Freeze se met en quête de diamants, congelant au passage tout ce qui passe à sa portée. Mais il trouve bientôt Batman et son fidèle acolyte Robin sur son chemin, deux adversaires qu’il entend éliminer, quitte à s’associer à Poison Ivy, jolie plante mortelle…

Après deux tomes d’une obscurité sans pareil créés parTim Burton, Schumacher s’était emparé de la franchise pour livrer sa propre vision de la mythologie de la chauve-souris. Batman forever créait un contraste étonnant avec l’univers mis en place par Burton. Loin de reproduire le poème dépressif livré dans Batman et Batman le défi, Schumacher préfère plonger ses racines ailleurs, se nourrissant plus volontiers de la série télévisuelle que des comics originels ou d’une quelconque relecture (Frank Miller). Le réalisateur de Chute libre s’inscrit avec Batman forever aux antipodes des œuvres tout en retenue qui parsèment sa filmographie. Gotham city s’est transformée en une gigantesque foire aux tons bariolés et aux nombreuses attractions. Préférant les explosions de couleur aux paysages monochromiques, se plaisant plutôt à décrire des entités simplistes que des personnages schizophréniques, Schumacher ose tout et fout toute son énergie à dépeindre un univers faussement décalé afin d’attirer à lui toute une génération de haut-comme-trois-pommes.

Compte tenu du précédent épisode, on était en droit de se poser de sérieuses questions à l’égard de ce Batman & Robin. Persévérant dans ses éjaculations bariolées légèrement extravagantes, Schumacher continue sa folle descente dans l’œuvre de Kane. Une descente au plus profond du comic, dans les limbes, endroit maudit d’où l’on ne revient pas. Car, outre son plumage gaypride, le film se paie un ramage plutôt inquiétant. Emplie d’une action omniprésente (comme c’était le cas dans le précédent épisode), Batman & Robin signe des deux mains ses prétentions gagatisantes en injectant continuellement des blagues faciles faites de jeux de mots honteux (« Je viens de jeter un froid », « Ice to meet you », réparties à-peu-presques d’un Arnold Schwarzenegger méconnaissable) ou de répétitions chiantissimes (les parades de drague de Poison Ivy).

Dès lors, pour se rassurer, mieux vaut se reporter sur les scènes d’action qui jalonnent le métrage. Mais, de ce côté-là, le bât continue à blesser. Grossièrement balancées par le truchement d’un montage bordélique, les dites scènes ne font qu’empiler exagérations capilotractées (les patins qui apparaissent sur les bottes des deux héros, ingénieux), gesticulations ennuyeuses (la course à moto de la future Batgirl) et inepties totales (les héros qui se changent entre deux interventions). Le foutage de gueule prémédité que constitue Batman & Robin est d’autant plus affligeant quand on constate la qualité du casting mis en place. Sauf que, dans les grands noms retenus, personne ne semble y croire, perdus qu’ils sont dans le scénario d’Akiva Goldsman déjà responsable du méfait Lost in Space. Un George Clooney toujours aussi charmeur mais mollasson (où est Michaël Keayon, bordel ?), un Schwarzie écroulé par ses blagues à deux balles, une Uma Thurman aussi séduisante qu’inintéressante, une Elle McPherson transparente et une Alicia Silverstone inutile, ça fait beaucoup pour un seul film ! Heureusement, quelque part dans le manoir de la chauve-souris traîne encore et toujours Michael Gough, émouvant malgré ses sentences moralisatrices à l’encontre de celui qu’il appelle son fils malgré les changements physiques subis (beau mec noiraud, pédale blonde et golden boy poivre et sel).

Batman & Robin fait pire que son prédécesseur en prenant la forme d’un lancement marketing de l’émission Vidéo gag auquel il ne manque que les rires préenregistrés. Une trouducuterie fomentée, légitimée à coups de billets verts et, au bout, la fin d’un rêve.


Oeuvres liées

Batman (1989)
Batman le défi (1992)
Batman forever (1995)
Batman begins (2005)
The Dark knight (2008)

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