Critique de film

Batman v Superman: L'aube de la justice

"Batman v Superman: Dawn of Justice"
affiche du film

Craignant que Superman n'abuse de sa toute-puissance, le Chevalier noir décide de l'affronter : le monde a-t-il davantage besoin d'un super-héros aux pouvoirs sans limite ou d'un justicier à la force redoutable mais d'origine humaine ? Pendant ce temps-là, une terrible menace se profile à l'horizon…

Les critiques à propos de ce film

Critique de Batman V Superman - Des dieux parmis les hommes
Par : Fred Pizzoferrato

Alors que le Marvel universe est à présent entré dans sa troisième phase et bénéficie d’un large suivi public, la réponse de la Distinguée Concurrence a tardé à venir et l’établissement d’un univers cinématographique DC a, jusqu’ici, peiné à convaincre. Seule la trilogie consacrée au Chevalier Noir a réellement séduit, le pourtant plaisant Green Lantern n’ayant guère fonctionné au box-office. D’abord envisagé comme la séquelle du décevant Man of Steel, ce Batman V Superman fut par la suite transformé en véritable galop d’essai pour l’écurie DC comme en témoigne son sous-titre explicite : « Dawn of Justice ».

Le long-métrage fait ainsi office de transition, tirant parti des acquis établis par Man of Steel et la saga Dark Knight pour introduire les membres fondateurs de la future Justice League. A ce petit jeu, ce sont bien évidemment les héros titres, déjà bien connus, qui bénéficient du plus grand développement, Batman et Superman étant véritablement les stars de cette aventure dans laquelle les scénaristes injectent avec bonheur la présence de Wonder Woman (laquelle aura droit prochainement à son propre film). De leur côté, The Flash, Aquaman et Cyborg sont évoqués au travers d’images d’archives découvertes par Batman, l’existence des méta humains étant révélés de manière assez précipitée mais suffisante pour enthousiasmer les fans.

Nous retrouvons donc un Batman légèrement vieilli joliment campé par un Ben Affleck qui suit la voie tracée par les comics phares que furent « The Killing Joke » et « The Dark Knight Returns ». Le Caped Crusader a donc la quarantaine bien tassée et patrouille depuis une vingtaine d’années dans les rues de Gotham, toujours marqué par l’assassinat de Robin par le Joker. Il est énergique, brutal, déterminé, pas loin de franchir la ligne rouge et de verser dans le vigilante lorsqu’il imprime le bat signal au fer rouge dans la peau des pédophiles et autres raclures. De son côté, Superman subit les critiques virulentes d’une partie de la population qui ne lui pardonne pas les destructions massives et les nombreuses morts lors de son combat contre Zod. Entre les deux, un jeune homme d’affaires ambitieux nommé Lex Luthor va se dresser pour pousser les deux héros à s’affronter…

En dépit d’un scénario quelque peu erratique passant parfois d’une scène à l’autre sans transition (des défauts que l’on imagine corrigés par la future version longue), Batman V Superman demeure un excellent film de super-héros, conçu par un fan de comics pour les fans de comics. L’accueil de la majorité des critiques « traditionnels » n’est donc guère surprenant, ce n’est tout simplement pas un film pour eux. Imagine t’on un chroniqueur de Jazz Magazine à un concert de Morbid Angel ? Le long-métrage semble ainsi concrétiser différentes époques des comics et puise dans une riche mythologie jusqu’à un dernier acte clairement inspiré du culte « La mort de Superman » où apparaît un énorme Doomsday en constante mutation.
Les scènes de baston s’enchaînent alors de belle manière mais le cinéaste évite la lassitude qui plombait celles de Man of Steel pour approcher d’une dimension épique impressionnante soulignée par une bande sonore pétaradante qui martèle les oreilles autant que les images explosent les rétines. Certes la musique n’est guère mémorable et sent le recyclage de thèmes martiaux bien rodés mais peu imaginatifs mais elle illustre toutefois avec efficacité les visions dantesques proposées par le cinéaste. Le combat dantesque entre d’un côté la sainte trinité (Batman – Superman – Wonder Woman) et de l’autre le démoniaque Doomsday illustre parfaitement cette impression de voir « des dieux parmi les hommes », tout comme les rêves de Batman qui laissent la porte ouverte à la future invasion des para-démons de Darkseid qui seront probablement au cœur du film Justice League.

Quasiment dénué d’humour, sombre mais sans le côté ampoulé de Man of Steel, Batman V Superman possède certes quelques défauts d’écriture et de rythme (sans être ennuyeux un seul instant, certains passages auraient mérités davantage de développement et d’autres auraient pu être écourtés) mais s’impose comme une des meilleures productions super-héroïques jamais vues sur un écran. Un grand moment qui laisse espérer un Justice League monumental.


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