Critique de film

Batman

"Batman"
affiche du film
  • Genre : Fantastique - Super-héros
  • Année de production : 1989
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Tim Burton
  • Pays d'origine : USA, Angleterre
  • Durée : 2h05
  • Budget : 35 millions de dollars
  • Scénariste : Sam Hamm, Warren Skaaren
  • Musique : Danny Elfman
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  • Bande annonce
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  • Casting : Michael Keaton, Jack Nicholson, Kim Basinger, Robert Wuhl, Pat Hingle, Billy Dee Williams, Michael Gough, Jack Palance
  • Récompenses : Oscar de la Meilleure direction artistique en 1990
    Nominé aux Saturn Awards du Meilleur acteur (Jack Nicholson), Meilleurs costumes, Meilleur film fantastique, Meilleur maquillage et Meilleure actrice de second rôle (Kim Basinger) en 1991
    Nominé aux BAFTA Film Awards du Meilleur acteur (Jack Nicholson), Meilleurs costumes, Meilleur maquillage, Meilleur son et Meilleurs effets spéciaux en 1990
    Brit Award de la Meilleure bande son en 1990
    Nominé au Golden Globe du Meilleur acteur (Jack Nicholson) en 1990

Le célèbre et impitoyable justicier, Batman, est de retour. Plus beau, plus fort et plus depoussiéré que jamais, il s'apprête à nettoyer Gotham City et à affronter le terrible Joker...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Batman - The Dark knight
Par : Damien Taymans


Un mystérieux justicier, déguisé en chauve-souris, sème la terreur parmi les malfrats qui ont fait de Gotham City la ville du crime et de la violence. Parmi eux, un certain Carl Grissom, un parrain de la pègre locale et homme d’affaires peu scrupuleux, s’attaque à d’innocents passants pour les dépouiller. Par ailleurs, Jack Napier, bras-droit de Grissom, entretient une liaison avec la petite amie de ce dernier. Pour se venger de cet adultère peu flatteur, Grissom tend un piège à son homme de main en le propulsant dans les mains de la police. Napier tombe alors dans une cuve d’acide qui le défigure. Peu après, un nouveau criminel démoniaque, le Joker, sème la terreur sur la ville...

Désireuse de réitérer le succès rencontré par Superman lors de la précédente décennie, la Warner décide de mettre en chantier une adaptation de Batman, célèbre concurrent de l’homme au grand S. Le projet échoit à Tim Burton qui vient de remporter de francs succès avec Pee-Wee et Beetlejuice, deux comédies déjantées dotées d’un univers singulier.

Ebloui par l’œuvre de Frank Miller qui proposait une relecture du mythe de la chauve-souris en lui accolant une aura plus sombre et plus violente, Burton décide de retourner aux sources de l’œuvre créée par Bob Kane en 1939. Batman n’est plus le super-héros gentillet popularisé par la série télévisuelle : le héros, schizophrénique sur les bords et manichéen à l’extrême, se cherche et tente de légitimer chacune de ses actions. Du protecteur de la veuve et de l’orphelin, il s’est métamorphosé en un être intègre et honnête dont la seule soif de vengeance suffit à le rendre détestable en même temps que plus humain. Car, ce qui caractérise le héros burtonien, c’est justement l’humanité de celui-ci (le choix de Michael Keaton loin du golden boy bodybuildé attendu). Volontairement effacé, gangréné par un côté obscur qui sommeille en lui, Bruce Wayne, comme Batman, est un individu lambda capable du meilleur comme du pire. Ainsi, n’hésite-t-on pas à nous le montrer comme une créature vengeresse sans pitié (il exécute à tour de bras dans le feu de l’action les ennemis au lieu de les secourir) prête à tout pour assassiner celui qui a jadis tué ses parents : le Joker.

Outre cette liberté pris par rapport au matériau originel, la particularité de Batman est de mettre en ostentation la personnalité du Joker au détriment de celle du rôle-titre. Davantage fasciné par les méchants, Burton concentre l’essentiel de son œuvre sur la personnalité cruelle et maladroite (paradoxe étonnant) de ce Joker délirant magistralement interprété par un Jack Nicholson en roue libre. Le Joker, plus célèbre opposant de l’homme chauve-souris, ne respecte rien ni personne et n’éprouve de compassion pour personne (l’assassinat de Bob, son assistant). Le méchant donne un coup de pied dans le politiquement correct en faisant ressortir les aspirations vénales du peuple et la facilité de leur maniabilité (la pluie d’argent sur la foule), en détruisant toute forme d’art (le saccage du musée) et en tuant tout ce qui entrave son passage (sa maîtresse). Face à la transparence du héros masqué, le vilain crève l’écran et séduit par ses excentricités meurtrières autant que par son look violet.

Située dans un décor monochrome envahi par la pénombre que la lumière lunaire peine à éclairer, le propos de Batman, sans être fondamentalement intéressant, est magnifié par la peinture sombre de son héros autant que par la polychromie enivrante et la folie dévastatrice de son ennemi juré, offrant une lutte jubilatoire entre les sempiternels représentants du Bien et du Mal en évitant l’écueil d’offrir une dichotomie théorique flagorneuse. Le final, relativement bâclé, entache quelque peu cette première résurrection cinématographique de l’un des héros les plus prisés. L’erreur sera réparée par le truchement du second volet burtonien, chef-d’œuvre indétrônable.


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