Critique de film

Baskin

"Baskin"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Turquie
  • Durée : 1h37
  • Musique : Ulas Pakkan
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Durant une ronde nocturne dans la banlieue d’Istanbul, cinq policiers se retrouvent pris au piège dans les décombres d’un vieux bâtiment en ruine et vont devoir affronter une secte menée par un inquiétant gourou.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Baskin - Turkish Delight
Par : Seb Lecocq


Tout comme le cinéma indien ne se résume pas aux fresques familiales bollywoodiennes, le cinéma turc ne se limite pas à Winter Sleep et aux zèderies de Cuneyt Arkin, la preuve avec Baskin qui a secoué les rétines lors de sa projection à l’Etrange Festival. Premier long métrage du jeune metteur en scène turc Can Evrenol, Baskin n’est autre que l’adaptation de son court homonyme projeté, lui aussi, en son temps, à l’Etrange Festival. On se trouve clairement en face d’un film qui ne fait aucun prisonnier, le genre d’œuvre qui divise le public de par ses partis-pris esthétiques et sa radicalité. Un film salvateur dans le petit monde de l’horreur moderne.

Sans second degré, sans discours critique « méta », sans ironie, sans cynisme ni regard convenu sur le genre, le métrage est un film d’horreur viscéral. Evrenol est un jeune metteur en scène, amoureux du genre qui en déteste la « Kevin Wllisamsonisation ». Via son oeuvre, il prône un retour aux vraies valeurs de l’horreur. Une horreur qui prend des risques, qui bouscule, qui sort des sentiers battus et qui s’aventure où on ne l’attend pas. Surtout dans sa dernière partie qui vient conclure une lente descente aux Enfers dans un climax graphique qui renoue avec la tradition d’un certain cinéma occulte des années septante, comme avait su si bien le faire Rob Zombie avec son The Lords Of Salem. Cependant, si la finalité est la même, le chemin pour y parvenir est tout autre.

Evrenol se dit fan de la dernière vague de « french horror » qui secoue le genre depuis le début des années 2000, ce qui se voit dès l’entame. S’y retrouve le même esprit, le même type d’images et une envie similaire de donner des coups de lattes dans la fourmilière. L’histoire aurait d’ailleurs pu se produire en France : une brigade de policiers est appelée, de nuit, en renfort pour une intervention dans un endroit isolé. De cette situation anodine, le metteur en scène va nous entraîner, avec ses hommes, au cœur de l’horreur et du fantastique. Tout démarre comme un survival classique : un lieu unique, une bande de personnages bien caractérisés, la nuit et une petite atmosphère pleine d’étrangeté avant de partir dans une direction inattendue et, il faut l’avouer, rarement vue sur un grand écran de cinéma. Baskin parvient, grâce à un scénario simple mis efficace et à une mise en scène au cordeau, à marier des ambiances occultes et malsaines avec une horreur graphique (le sang coule à foison).

Volontairement grotesque, le final de Baskin peut choquer voire totalement rebuter certains de par son absence de compromis et de concessions. On bascule d’une trame réaliste, presque policière, à un spectacle d’horreur pure, blasphématoire et frontal. Mais n’en dévoilons pas trop afin de ne pas déflorer l’effet de surprise. Le cinéaste évite la demi-mesure mais reste cohérent dans sa démarche, et livre des images brutes à un spectateur qui, de son côté, doit faire l’effort de décrypter s’il veut entrer et adhérer à l’univers de la pellicule. Cependant, l’œuvre n’est pas exempte de reproches : outre un final confus, il faut souligner cette intrigue parallèle qui s’intègre difficilement avec le reste de l’histoire. Un excès de générosité récurrent lors d’un premier film mais qui, au vu de la puissance des images, sera très vite pardonné. Baskin ne livre pas toutes ses clés et ne dévoile pas tous ses secrets, sachez seulement que le diable est souvent tapi dans l’ombre, dans les détails et beaucoup plus proche de vous que vous ne pourriez le croire.


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