Critique de film

Banjo

"Banjo"
affiche du film
  • Genre : Comédie, Fantastique, Horreur
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Angleterre
  • Durée : 1h22
  • Musique : Kurt Dirt
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  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses :

Un jeun homme est manipulé par son ami imaginaire pour exercer une vengeance sur ses collègues...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Banjo - Plus d’une corde à son arc
Par : Damien Taymans


Peltzer Arbuckle est l’archétype même du bande-mou. Molesté par sa petite amie qui ne supporte plus ses problèmes d’érection, humilié par un patron que ses multiples retards mettent en rogne et qui de surcroît se tape sa gonzesse en loucedé, raillé par ses collègues, Peltzer vit sa petite vie d’insecte minable en proposant la joue droite à ceux qui lui crachent sur la gauche. Mais un événement bouscule sa vie de larve : lors d’une énième tentative pour faire grimper sa dulcinée au septième ciel, il pète le frein de son sexe, ce que la compagne en question ne tarde pas à expliquer à tous les collègues. L’humiliation de trop : Peltzer rappelle Ronnie, son ami imaginaire enterré depuis quelques années. Pour mémoire, la dernière fois que Ronnie a pris les choses en main, ça s’est terminé en bain de sang...

Biberonné depuis sa plus tendre enfances aux péloches déviantes de Troma et d’Henenlotter (Basket Case), Liam Regan rend à travers Banjo un vibrant hommage à ceux qui l’ont cinématographiquement dépucelé, offrant l’un de ses seconds rôles à Lloyd Kaufman et baptisant la ville, ainsi que tous les bâtiments qui la constituent, du doux nom d’Henenlotter. Alors, lorsque le réalisateur en devenir se retrouve la queue ensanglantée au pieu avec l’une de ses copines parce que son frein (sa corde de banjo) a cédé, il emmagasine cette vision d’horreur et décide de la placer au centre de son futur film, désireux de dépeindre ce Tromatisme. Le scénario semble d’ailleurs tout droit sorti des écuries de l’une de ces bêtes de bis à tendance Z : un loser patenté subit brimades et moqueries dans un microcosme aussi amoral de celui de Tromaville avant de prendre sa revanche sur les tortionnaires par l’entremise d’un élément fantastique (pas une barrique de produits toxiques mais un ami imaginaire un brin vicelard et sadique).

L’introduction de l’ami en question, interprété par Damian Morter, permet à l’œuvre de virer dans le burlesque cartoonesque. Sa composition, très proche au niveau du maquillage et des mimiques, très proche de celle de Tim James dans Funny Man est à l’aune de l’œuvre entière, voulue comme une bouffonnerie aux gags poussifs et visuels tout comme un splatter movie truffé de trésors gore (décapitations, taillage en deux, éviscération et, comme bouquet final, la corde de banjo pétée que le héros tente de recoudre avec du fil et une aiguille).

Banjo et sa bande de barjots se pose comme un rejeton de Troma au moins aussi fréquentable que certains "fleurons" de l’écurie (Tromo & Juliet, Class of Nuke’em High), parfaitement calibré pour une séance de minuit au BIFFF.


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