Critique de film

Bang Rajan, La Légende des Guerriers

"Bangrajan"
affiche du film
  • Genre : Aventures, Action - Epique
  • Année de production : 2000
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Tanit Jitnukul
  • Pays d'origine : Thaïlande
  • Durée : 1h53
  • Scénariste : Tanit Jitnukul, Kongkiat Khomsiri, Patikarn Phejmunee, Buinthin Thuaykaew
  • Musique : Chai Khongsirawat
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  • Bande annonce
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  • Casting : Jaran Ngamdee, Winai Kraibutr, Theerayut Pratyabamrung, Bin Bunluerit, Bongkoj Khongmalai, Chumphorn Thepphithak,...
  • Récompenses : Meilleur directeur artistique à l'Asia-Pacific Film Festival 2001
    Deuxième place dans la catégorie Meilleur film asiatique au Fant-Asia Film Festival 2003
    Meilleur film aux Thailand National Film Association Awards 2001

Birmanie, 1763 : le roi Mangra veut s'emparer de la capitale de la Thaïlande et envoie ses troupes vers celle-ci. Les soldats birmans avancent vers la capitale dans une folie meurtrière, semant terreur et carnages sur leur passage. Mais dans le village de Bang Rajan la révolte gronde et une poignée d'hommes du village va se lever contre les soldats birmans. La rébellion commence...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Bang Rajan, la Légende des Guerriers - Epique en diable
Par : Quentin Meignant




Primé au Festival Fant-Asia de Montréal en 2003 (second meilleur film asiatique de l’année, le Thaïlandais Bang Rajan, La Légende des Guerriers demeura relativement discret dans nos contrées malgré la sortie d’une excellente version DTV. Mis en scène par Tinit Jitnukul, réalisateur relativement néophyte à l’époque, le métrage peut être considéré comme le premier gros effort d’un cinéma thaïlandais désormais devenu l’eldorado asiatique avec ses Banjong Pisanthankun, Parkpoom Wongpoom et autre Nonzee Nimibutr (d’ailleurs co-producteur du film de Jitnukul). Dans une industrie cinématographique proche du néant, le cinéaste proposa en effet un premier véritable divertissement capable de franchir les frontières. Bang Rajan, La Légende des Guerriers place son action en 1765, période à laquelle des rebelles thaïlandais s’opposent à l’invasion de leur village par l’armée du roi birman. Commence alors la lutte impossible des "Village Warriors" de Bang Rajan pour vaincre les envahisseurs et gagner leur liberté.

Dès le départ, Jitnukul et ses scénaristes prennent le temps de poser les bases d’une mythologie assez riche, mêlant habilement faits historiques et croyances populaires. Transposition parfaite des histoires thaïlandaises d’un autre temps, le générique, constitué d’une simple voix-off et de quelques croquis, demeure un modèle du genre et évoque ce que Nimibutr tentera de reproduire, 8 ans plus tard, avec son savoureux Queens of Langkasuka. Après les quelques longueurs explicatives de forme, Bang Rajan se pose directement en œuvre réellement complète, laissant entrevoir des qualités graphiques incroyables par le biais de diverses luttes sanglantes mettant le gore et le spectacle à l’honneur. Véritable bain de sang, le combat initial est le meilleur exemple de la mise en scène de Jitnukul, bénéficiant par ailleurs d’une photographie crépusculaire du plus bel effet.

S’imposant avant tout comme une véritable œuvre d’art, tableau vivant d’une époque révolue où querelles intestines et rébellions régnaient en maîtres, l’œuvre tranche complètement avec un certain Apocalypto, cousin américain qui, six ans plus tard, donna lieu à un massacre à peine justifié et graphiquement bien moins évolué. Mettant en place quelques intrigues amoureuses et disséminant tout au long de son métrage des éléments rendant les personnages instantanément attachant, Jitnukul joue aussi bien sur l’émotif que sur le spectaculaire, le métrage redoublant de violence à des moments clés de l’intrigue. Véritablement poignant de bout en bout, Bang Rajan ne souffre que de fort peu de défauts, prenant place dans un montage parfois hasardeux et dans des choix ellyptiques parfois discutables.

Hormis ces quelques inconvénients, Bang Rajan, La Légende des Guerriers s’avère être un métrage d’aventures particulièrement parcutant, s’engouffrant tantôt dans les effusions de sang, tantôt dans un romantisme et un humanisme de fort bon goût. Tinit Jitnukul signe donc là un véritable ovni épique, s’adressant avant tout aux amateurs d’action et de culture asiatique.

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