Critique de film

Sac d'os

"Bag of bones"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2011
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Mick Garris
  • Pays d'origine : USA
  • Scénariste : Stephen King, Matt Venne
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  • Bande annonce
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  • Récompenses : --

Mike Noonan, un auteur de romans à succès incapable de se remettre de la mort soudaine de sa femme, Jo, décide de retourner vivre dans leur maison du Maine au bord d'un lac. Il reçoit alors la visite de fantômes et fait cauchemar sur cauchemar...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Bag of Bones - C’est là qu’est l’os
Par : Damien Taymans


Depuis quelques années déjà, l’inépuisable maître de l’épouvante Stephen King voit son œuvre se scléroser. La maîtrise de la description filée ne suffit plus à calfeutrer un manque d’inspiration évident : ses démons sont recyclés, ses personnages grossièrement taillés, ses situations par trop répétitives. Toujours dans l’attente que Rose Madder me scotche (ce qui n’est pas un pléonasme), que le Tour sur le bolid’ m’expédie dans un grand 8 de frayeur, que sa Désolation opère l’effet contraire de ce qui est annoncé, voilà que débarque sous forme de mini-série l’un de ses derniers romans maouss costauds répondant au doux nom de Sac d’os. Le squelette en question n’est autre que Mike Noonan, un auteur de best-sellers, angoissé de la page blanche (encore !?) depuis le décès de son épouse et égérie, qui se met au vert dans sa seconde résidence de Dark Score pour faire mu-muse avec la muse et, accessoirement, enquêter sur la grossesse de feue sa femme. C’est que le Noonan a été diagnostiqué fertile et que sa donzelle partait de temps en temps se planquer dans le patelin de bouseux sus-cité.

Pour transposer le tout pour la télé, le traîne-la-patte Mick Garris, adaptateur attitré de King (il a déjà imprimé six écrits du maître sur péloche parmi lesquels des échecs retentissants (Le Fléau, Un Tour sur le Bolid’, Désolation, The Shining) pour une seule réussite relative (La nuit déchirée), reprend une nouvelle fois le flambeau avec, en ligne de mire, un long-métrage bien torché. Mais, du haut de ses 600 pages, le roman supporte mal un format aussi court et calibré. Choix existentiel : le support sera télévisuel. Un téléfilm de luxe avec, pour têtes d’affiche, rien de moins que l’ex-James Bond Pierce Brosnan, absent de la petite lucarne depuis une quinzaine d’années, la ravissante Melissa George (Dark city, 30 jours de nuit, Triangle) et le second-couteau vétéran William Schallert (L’homme qui rétrécit). Des comédiens chevronnés chargés de donner du répondant à des personnages complexes dépeints avec brio. Car, à n’en pas douter, Bag of bones est, à l’instar du roman originel, plus une œuvre de personnages que d’ambiance. Aussi le premier tableau se focalise-t-il exclusivement sur le deuil du héros qui navigue entre le royaume des morts où réside sa femme et, avec elle, son mystère, et l’univers des vivants dominé par le tout-puissant milliardaire Max Devore qui entretient la peur au sein de sa petite communauté en proférant de sérieuses intimidations par l’entreprise des forces de l’ordre locales qu’il manipule.

La galerie du Roi s’étoffe progressivement, la dramaturgie s’épaissit, la tension va croissante. En arrière-plan surgissent des fantômes du passé sur le point de lâcher des révélations et de faire jaillir quelques cadavres des placards des habitants de Dark Score. Mais, pressés par le temps, Garris et son scénariste Matt Venne, avec lequel il a coopéré sur des épisodes de Masters of horror et Fear itself, quittent bientôt la léthargie d’un premier acte mélancolique et attachant. Le modus operandi formel ne bouge pas d’un iota (une alternance de plans larges et de flashs gerbante sur un montage de même teneur) quand la cadence elle s’accélère à un rythme effréné. Subitement, c’est la rafle : la moitié des personnages principaux y passe, les énigmes se résolvent au gré de révélations sommaires, le brouillard se lève définitivement pour révéler la vérité nue, Sac d’os est une arnaque de premier ordre, un pauvre amas d’ossements sans la moindre consistance dont les rares moments-clés (la séquence de viol, la révélation du mystère de Jo Noonan) font l’objet d’autant de soin stylistique et narratif qu’un morceau de l’épisothèque babylonienne de Santa Barbara (William Schallert y était d’ailleurs mieux mis en valeur).

Après La Tempête du siècle version Baxley (autre transposeur patenté de King), Garris est à deux phalanges de tisser le naufrage du siècle... Affligeant !


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