Critique de film

Arac attack, les monstres à huit pattes

"Eight Legged Freaks"
affiche du film
  • Genre : Comédie horrifique
  • Année de production : 2002
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Ellory Elkayem
  • Pays d'origine : USA, Australie
  • Durée : 1h39
  • Budget : 30 millions de dollars
  • Scénariste : Ellory Elkayem, Randy Kornfield, Jesse Alexander
  • Musique : John Ottman
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  • Bande annonce
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  • Casting : David Arquette, Kari Wuhrer, Scott Terra, Scarlett Johansson, Doug E. Doug, Leon Rippy
  • Récompenses : Nominé au Saturn award du Meilleur film d'horreur en 2003

Les habitants d'une petite cité minière se retrouvent confrontés à une horde redoutable d'araignées géantes et affamées. L'ingénieur Chris McCormick et son ex-petite amie, le shérif Samantha Parker, vont unir leurs forces pour lutter contre ces monstres à huit pattes résultant d'un déversement de déchets toxiques.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Arac attack - Appelées à régner
Par : Damien Taymans




Joshua alimente ses dizaines d’araignées à l’aide d’insectes récoltés dans une eau irradiée par un baril de produits toxiques qui s’y est malencontreusement échoué. Résultat : les arachnides grandissent de manière démesurée et, après avoir radicalement éliminé leur possesseur, les monstres à huit pattes se déploient dans la ville pour se nourrir de ses habitants…

Après avoir réalisé deux relectures foireuses et déshonorables des classiques science-fictionnels concernant les films de monstres (Godzilla) et les invasions extra-terrestres (Independance Day), Rolan Emmerich, accompagné de son fidèle acolyte Dean Devlin, décide de suivre le phénomène actuel de résurrection des animonstrueux en investissant dans un métrage comptant comme guest stars des arachnides gargantuesques. Le cycle des animal attacks qui vient de déferler découle d’ailleurs de la relecture d’Emmerich du classique nippon d’Ishirô Honda directement suivi par des réapparitions des plus étonnantes : anacondas (le film éponyme), chauve-souris (Bats), cafards (Mimic), requins (Shark attack, Peur bleue), crocodiles (l’essai hoopérien) et, bien entendu, les fidèles araignées qui viennent à peine de ressurgir de l’ombre avec le Spiders de Gary Jones et le Arachnid de Jack Sholder. Dès lors, pour réussir au mieux cette tâche délicate, Emmerich confie la fonction de réalisateur au néo-zélandais Ellory Elkayem, habitué aux insectes carnassiers puisqu’on lui doit notamment le Eclosion, film lauréat du prix du public au festival de Gerardmer narrant l’invasion de cafards en territoire ilien.

Imposture patente, Arac attack régurgite tous les poncifs du genre et aligne maladroitement des stéréotypes surcaricaturés (le flic au bedon prononcé peu adroit, le gosse surdoué, la battle girl, le noir de service en guise d’exotisme) sans jamais tenir la pari originel de rendre hommage aux classique arachnéens de l’âge d’or cinématographique. Etrangement, le métrage évoque davantage le fourmiesque Des monstres attaquent la ville (la multiplicité et la taille des bestioles, l’invasion du système d’égouts) que l’arachnéen Tarantula dont il ne conserve qu’un seul exemplaire, le plus colossal en guise de renvoi fidèle du gigantisme du spécimen de Jack Arnold. Influencée par la Emmerich touch, l’œuvre d’Elkayem se vautre lamentablement en adoptant un second degré lourdingue (l’entrée dans le supermarché sous les yeux du politicard opportuniste) et en s’adonnant aux détournements destructeurs (les onomatopées des araignées) et aux exagérations cartoonesques (le chat dans le gyprok). Un humour légèrement contrebalancé par des effets spéciaux qui, à défaut d’être gore, s’avèrent tout de même bien foutus et permettent à l’œuvre de soutenir un rythme plutôt enlevé (voir la surprenante scène d’envolée motorisée lors de la poursuite des araignées sauteuses).

En résulte un film peu convaincant qui ne parvient qu’à décrocher que quelques rares sourires et une certaine nostalgie pour l’époque pas si lointaine où les films d’animaux tueurs savaient terroriser avec peu de moyens.

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