Critique de film

Anamorph

"Anamorph"
affiche du film
  • Genre : Thriller
  • Année de production : 2007
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Henry Miller
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h47
  • Scénariste : Henry Miller, Tom Phelan
  • Musique : Reinhold Heil, Johnny Klimek
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  • Bande annonce
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  • Casting : Willem Dafoe, Scott Speedman, Peter Stormare, Clea DuVall, James Rebhorn, Amy Carlson
  • Récompenses : Aucune

Stan Aubray, un détective fait des recherches sur un dossier qui ressemble fortement à un cas de meurtre récent. Il réalise que ce cas récent ne s'est peut-être pas terminé comme il l'avait cru.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Anamorph - Bis cornu...
Par : Damien Taymans




Le détective Stan Aubray, largement affecté par l’affaire Oncle Eddie, qui le traumatisa cinq ans auparavant. Devenu enseignant de criminologie, Aubray se refait une santé avant d’être à nouveau enrôlé sur une enquête pour le moins déstabilisante puisque, amateur d’art, le sérial-killer semble nourrir de sérieuses affinités avec l’œuvre de feu Oncle Eddie…

La vague hollywoodienne des films de serial-killers qui sévit post-Se7en de David Fincher n’en est pas encore à son terme. Pour preuve, cet Anamorph largement imbriqué dans la grande tradition des films de tueurs en série mettant en scène deux policiers enquêtant sur un mystérieux assassin aux modus operandi originaux. Après Se7en et ses motivations religieuses centrées sur les péchés capitaux aussi nombreux que les nains qui matent Blanche-Neige, Copycat et son serial-Canteloup puisant son inspiration dans l’imitation d’autrui, Mindhunters et son parcours du combattant îlien, The Bone collector ou la méthode Marabout de « Je résous toutes mes enquêtes depuis mon plumard », voici Anamorph et son Andy Warhol psychopathe, plus enclin à devenir un serial-kill’art, multipliant les formes du déploiement de son génie à travers sculptures, peintures et tatouages par le biais d’un seul et unique matériau, à savoir les corps de ses victimes, qu’un véritable meurtrier sanguinaire. Révélé sur le tard de manière lacunaire, la personnalité à peine écornée, le tueur est bien en peine d’imposer son personnage, sa patte d’artiste, contrairement aux Hannibal Lecter et autres Billy the Kid mis au jour dans les années 90.

Si la première partie du film rappelle irrémédiablement les classiques qui se filèrent le train dès la moitié des 90’s avec son duo de flicards dont l’un, largement usé par son métier et un passé devenu un fardeau impossible à transporter (le charismatique Willem Dafoe), n’attend que la retraite et sa bête noire qui n’a de cesse de lui remémorer ses expériences douloureuses, le reste du métrage ne se cantonne qu’à baliser maladroitement une intrigue aussi évasive que les essais anamorphiques de l’assassin(un vrai casse-tête vitenamien). Car, n’en déplaise aux néophytes qui pensent que le Centre Pompidou est en constante rénovation eu égard de sa façade néo-moderne (un comble !), le meurtrier préfère l’art pictural à l’artisanat du crime, au point de soumettre constamment ses essais certes classieux mais tout à fait inutiles à l’œil hagard de spectateurs lobotomisés par une intrigue simpliste qui se veut complexe et, pour ce faire, multiplie les fausses pistes, les trompe-l’œil artistiques et narratifs (plutôt maîtrisés), recourant volontiers à des jeux de perspectives dont personne ne connaîtra jamais les tenants et les aboutissants. Au point de pratiquer force évocations floues (l’affaire de l’oncle Eddie en est le meilleur exemple), de louvoyer plus que de raison et, du coup, de ne profiter que très peu du casting mis à disposition (une Cléa Duvall transparente et un Peter Stormare qui écope royalement de dix minutes de film).

Anamorph s’efforce de livrer une lecture originale d’un thème largement resucé d’une époque pas si lointaine mais ne parvient jamais, faute de conviction et de cohérence, à atteindre les moyens de ses ambitions. Parti pour devenir l’égal des meilleurs serial movies, il ressemble en fin de compte à un épisode des Experts étiré pour le grand écran. Pas affligeant, mais pas bandant non plus…


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