Critique de film

All Cheerleaders Die

"All Cheerleaders Die"
affiche du film
  • Genre : Thriller
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
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  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses :

Choquant son entourage en décidant de rejoindre les pom-pom girls de son lycée, Mäddy Killian se retrouve bientôt confrontée à d'étranges évènements surnaturels qui semblent toucher les autres filles de l'équipe...

Les critiques à propos de ce film

Critique de All cheerleaders die - Dangereuse alliance
Par : Seb Lecocq


L’adolescence est une période de merde, l’âge ingrat. Les collèges et lycées sont une jungle quotidienne qu’il faut affronter totalement désarmé, sans même une petite machette pour défricher la cour de récré, lieu hamlettien où se nouent et dénouent les intrigues en tout genre. Amitié, trahison, amour, haine, toute la vie de millions d’adolescents se jouent dans ces quelque mètres carré de béton. Plus encore, beaucoup plus, aux Etats-Unis que chez nous où les établissements scolaires sont les lieux de vies principaux, pratiquement uniques, de tous ces jeunes adultes coincés dans un corps et un monde en constante révolution. C’est dans cet univers impitoyable que le duo McKee-Sivertson a décidé de situer l’intrigue de son film, inspiré par un premier film de jeunesse qui se voit upgradé et updaté aujourd’hui.

Le duo de réalisateurs puise son inspiration dans les innombrables séries télés des années 90 qui dépeignaient les affres de l’adolescence type Hartley cœur à vif, Les Années Collège, Angela 15 ans ou Sauvés par le gong pour le côté plus léger. Sauf qu’ici les héro(ïne)s sont stéréotypés, creux et sans aucune épaisseur. Identifiable au premier coup d’œil. Les joueurs de football sont forcément des décérébrés, les cheerleaders des pimbêches superficielles et la jeune fille un peu différente est elle, une sorcière. D’entrée de jeu, les metteurs en scène nous plongent au cœur du lycée via un reportage vidéo « en immersion » qui présente de façon succincte la vie et la mort de la capitaine de l’équipe des pom pom girls, ce qui permet en filigrane de rencontrer une bonne partie des personnages principaux. Le tout sur fond de langage djeunz, de musique assourdissante et de frime attitude. Bienvenue en Enfer.

A partir de là, les choses se gâtent, tant au niveau de l’intrigue où les meurtres et trahisons se succèdent, que du film lui-même où l’indigence finit par prendre le dessus sur tout le reste. Si les intentions de la paire McKee-Sivertson sont bonnes, l’exécution l’est beaucoup moins. Les réalisateurs ont beau être deux, il n’y a guère plus d’idées dans leurs deux têtes que dans une seule, même si on reconnaît leur touche respective au détour de plusieurs scènes. La scène des pierres rappelle par moment The Woods tandis que les scènes de fête avec les ados frondeurs et frimeurs évoquent The Lost, la poésie et le côté vénéneux en moins remplacés ici par une fascination pour l’univers bling-bling du hip-hop américain. Sur l’écran, malgré les tentatives d’insuffler rythme et vie, de façon souvent artificielle, l’ennui se fait de plus en plus présent et on est vite saoulés par les incessants bavardages des pintades en petite jupette d’un côté et des pittbuls en rut de l’autre. Mais, à intervalle régulier, des passages sympathiques ; les meurtres notamment avec leur côté cheesy très années 90 remonte la côte de sympathie de l’ensemble. Puis niveau poulette sexy en petite tenue et beaux gosses tout en muscle, il y en aura pour tous les goûts.

Sur le fond, c’est un peu plus intéressant. McKee et son acolyte n’épargnent personne et une fois de plus la société américaine, représentée ici via le microcosme du lycée, en prend pour son grade. La superficialité, le culte de l’apparence et la recherche de la popularité sont sévèrement brocardés. Sur ce point-là, au moins le film fonctionne. On remarque vite que c’est dans les quelques passages les plus sombres où les ados se livrent un peu que les réalisateurs sont le plus à l’aise, toujours au bon endroit pour capter les tourments adolescents qui au fond ne sont encore que des enfants. Avec des seins, des fesses et des muscles certes. Un film qui un samedi soir, avec des amis, des pizzas se savoure gentiment.

Le tandem McKee-Sivertson livre un film en demi-teinte, quelque part entre Charmed, Buffy et Dangereuse Alliance. Les parties censément fun sont les moins passionnantes, sans grande ampleur et rarement mises en valeur par une réalisation plutôt plate. All Cheerleaders die remonte quelque peu la pente grâce à son premier degré assumé, son casting et les quelques passages plus sombres qui pointent sous cette surface criarde et toute en apparence. Une fois de plus, c’est dans les tourments et dans l’ombre que les deux compères se sentent le plus à l’aise. Maintenant faut-il vraiment deux films pour raconter cette histoire somme toute insignifiante ? Poser la question, c’est en quelque sorte y répondre...


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