Critique de film

Absurdistan

"Absurdistan"
affiche du film
  • Genre : Aventures, Conte Fantastique
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Veit Helmer
  • Pays d'origine : Allemagne
  • Durée : 1h28
  • Scénariste : Zaza Buadze, Veit Helmer, Gordan Mihic
  • Musique : Shigeru Umebayashi
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Kristyna Malérová, Max Mauff, Nino Chkheidze, Ivane Ivantbelidze
  • Récompenses : Prix Spécial aux Bavarian Film Awards 2008
    Meilleurs Costumes aux German Film Awards 2008
    Méliès d'Argent à Fantasporto 2009

Après avoir attendu avant de célébrer leur amour par un acte charnel, Aya et Temelko se retrouvent coincés par... une grève du sexe imposée par les femmes de leur village. En cause : l’eau de la source locale ne coule plus et les décideurs tardent à prendre une décision. Un terrible chantage s’installe donc.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Absurdistan - Grève des scénaristes
Par : Quentin Meignant






Tourné en russe dans les plaines d’Azerbaidjan, Absurdistan n’en reste pas moins l’œuvre de l’Allemand Veit Helmer, à qui l’on doit la comédie romantique Tuvalu qui fit le tour du monde à l’aube des années 2000. Loin d’être un passionné de genre, le cinéaste a tout de même teinté son Absurdistan d’un minimum de fantasy, l’action se déroulant dans un pays imaginaire et le ton de l’œuvre se voulant résolument léger et farfelu. Le métrage narre l’histoire de Temelko et d’Aya, deux jeunes gens profondément amoureux l’un de l’autre. Fort attiré par sa compagne, Temelko veut s’initier aux plaisirs du sexe mais se voit contraint d’attendre à cause d’une grand-mère astrologue qui leur recommande d’attendre quatre années avant de mettre le petit Jésus dans la crèche. Alors que le délai fixé arrive à son terme, les femmes du village décident de faire la grève du sexe car leurs maris passent tout leur temps au bar du village au lieu de chercher des solution quant à l’assèchement. Pas d’eau, plus de sexe, voilà qui fait une belle jambe à notre Temelko qui n’a toujours pas tiré sa crampe.

Résolument décalé, le métrage d’Helmer s’ouvre avec une séquence empreinte de poésie montrant l’amour que se portent deux jeunes tourtereaux. Cette scène est bien vite rendue totalement farfelue par l’une des inventions de Temelko qui transforme sa petite amie en… fusée. Drôle, riche d’une photographie peu commune et de dialogues profondément attendrissants, l’entame d’Absurdistan instille au film un caractère bien spécifique, à la limite du délire total. Se profilant doucement comme un conte enfantin, le métrage donne alors lieu à quelques séquences assez inutiles dont l’esthétique est, heureusement, toujours soignée.

Arrive alors l’élément perturbateur et, donc, le manque d’eau et de sexe. L’œuvre d’Helmer se livre alors dans sa légèreté la plus habile, offrant une caricature exquise des clichés masculins et un portrait assez piquant de matrones patibulaires et clairement détestables. Mais si les événements paraissent on ne peut plus savoureux, déversant au passage quelques dialogues d’un humour bien senti, il n’en va pas de même avec le traitement apporté à l’ensemble. En effet, Absurdistan semble être le descendant direct du cinéma décalé et festif d’Emir Kusturica, descendant qui, hélas, ne cerne que fort peu les qualités intrinsèques de son formidable ancêtre. S’ensuivent dès lors des séquences certes amusantes mais jamais capables de lorgner vers leurs modèles, ce qui, au fil du temps, rend l’ensemble irritant. Dès lors, pris en étau dans un déroulement loin d’être idéal, Helmer se voit obligé d’amener son métrage vers un happy end convenu et d’une simplicité effarante.

Partant d’une idée plutôt sympathique et profitant d’une photographie merveilleuse, Absurdistan n’aura hélas jamais su instaurer ce grain de folie qui lui aurait été grandement nécessaire. Se transformant instantanément en fable enfantine classique, le métrage d’Helmer abonde en lieux communs et ne laissera sans doute pas un souvenir impérissable à ses spectateurs, la grève du sexe s’étant muée en grève des scénaristes.

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