Critique de film

Abraham Lincoln: Chasseur de Vampires

"Abraham Lincoln: Vampire Hunter"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Vampires
  • Année de production : 2012
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : USA
  • Durée : 70 millions de dollars
  • Scénariste : Seth Grahame-Smith
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  • Bande annonce
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  • Récompenses : --

Abraham Lincoln: Chasseur de Vampires dévoile la vie secrète d’un des plus grands présidents des Etats-Unis, mais aussi l’histoire cachée qui a forgé toute une nation...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Abraham Lincoln : Chasseur de Vampires - Un film barbant ?
Par : Seb Brunclair

2012 fut une année riche en super-héros dans les salles obscures. Entre les Avengers côté Marvel et les aventures de Spidey et Batman chez les concurrents, voilà que débarque un autre super-justicier : le 16e président des Etats-Unis, Abraham Lincoln. Attendez …Quoi ???

Sous la houlette du producteur Tim Burton, cette adaptation d’un roman de Seth Grahame-Smith (qui signe lui-même le script du film) entend bien trôner au sommet du box-office de l’été, telle la statue de son héros à Washington. Avec un concept dément et la présence aux manettes de Timur Bekmanbetov, responsable du diptyque Night Watch/Day Watch et du déjanté Wanted, le projet avait dès le départ d’excellents arguments pour plaire aux amateurs de films d’action survitaminés.

Mais tout d’abord, oubliez tout ce que les livres d’histoire ont pu vous apprendre sur Abraham Lincoln. Le film va vous dévoiler tout ce qu’on vous a toujours caché sur cette icône du patriotisme américain. L’action se déroule aux USA, au XIXe siècle. Tout petit, Abraham (Benjamin Walker) voit sa mère mourir à la suite d’une attaque vampirique. Dès lors, il sera nourri par la vengeance et cherchera à tout prix à venger la mémoire de maman Lincoln. Après une tentative échouée, il est sauvé par un certain Henry Sturgess (Dominic Cooper), qui lui servira de mentor et lui apprendra tout ce qu’il doit savoir sur l’art du massacre de suceurs de sang. Pendant ce temps, une guerre menace de diviser le pays tout entier, et Abraham va se retrouver peu à peu impliqué dans la vie politique, tout en continuant sa tranchante double vie...

Au niveau de sa structure, Abraham Lincoln : Chasseur de Vampires emprunte le schéma narratif super-héroïque : Abraham passe de débuts modestes soldés par un échec à un entraînement rigoureux et la découverte de son réel potentiel pour finalement se retrouver au cœur d’un conflit global dont dépendent de nombreuses vies. Faire d’un président américain un super-héros aurait pu tourner au ridicule et à la caricature, mais cet écueil est en grande partie évité grâce à l’interprétation sans faille du presque inconnu Benjamin Walker. Parfaitement à l’aise dans son rôle, il campe un Lincoln charmant, compagnon idéal et, il faut bien le dire, idéalisé à outrance. Il s’agissait évidemment de ne pas salir l’image d’une figure historique vénérée par des millions d’Américains. Mais cette idéalisation va parfois trop loin : ne cessant de défendre les intérêts des esclaves, il est même flanqué d’un meilleur ami noir, histoire de pousser le politiquement correct jusqu’au bout. Mais ce genre de considérations ne saurait ternir la raison qui poussera les spectateurs à allonger les billets verts : du grand spectacle.

Et si vous voulez du spectacle, vous allez en avoir, vous pouvez le croire. C’est bien simple, chaque scène d’action est un vrai régal pour les yeux. A l’image du style qu’il avait développé pour Wanted, Timur Bekmanbetov envoie bouler toute sobriété et opte pour le « tiens, prends ça dans ta face ». En bref, ça charcute, ça voltige dans tous les sens, les gentils triomphent, les méchants morflent et le spectateur jubile. Magnifiquement chorégraphiées, les combats sont de purs moments de cinéma d’action post-Matrix, à coups de ralentis et de poses classieuses jusqu’à plus soif. Cette overdose de « style pour le style » pourra vite fatiguer les réfractaires au genre, surtout après 20 ralentis en une minute, mais l’amateur de scènes d’action décomplexées en aura pour son argent. D’autant plus que certaines séquences sont vraiment très inspirées, notamment une course-poursuite épique et hippique (et colégram) à travers un troupeau de chevaux déchaînés et un affrontement à bord d’un train en marche.

Cet appétit pour l’action se met au service d’un script mélangeant allègrement histoire avec un grand H et surnaturel. Les scènes de pure fiction se mêlent donc à une relecture de grands événements qui ont secoué l’Amérique, comme la Guerre de Sécession et plus précisément la bataille de Gettysburg. L’occasion d’apprécier un background rafraîchissant car peu exploité dans ce genre de cinéma. Le concept est intéressant et on en vient à espérer que d’autres cinéastes se prêtent au jeu en utilisant d’autres figures mythiques. Qui est motivé pour réaliser un Napoléon contre les loups-garous ?

Parfait exemple de blockbuster efficace et respectueux de son public, Abraham Lincoln : Chasseur de Vampires est un régal pour les amateurs d’action sanglante et de jolies pirouettes. Malgré quelques longueurs, l’ensemble se laisse suivre avec grand plaisir et prouve encore une fois que Timur Bekmanbetov maîtrise son art quand il s’agit d’en mettre plein la vue, même lorsqu’il entreprend de faire manier la hache à une figure historique qui n’en demandait pas tant, et de faire entrer Abraham Lincoln dans la liste des grands héros d’action. Chapeau, monsieur le Président !

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