Critique de film

Abominable

"Abominable"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Monstres
  • Année de production : 2006
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Ryan Schifrin
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h30
  • Scénariste : James Morrison, Ryan Schifrin
  • Musique : Lalo Schifrin
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Matt McCoy, Haley Joel, Tiffany Shepis, Jeffrey Combs, Lance Henriksen
  • Récompenses : Prix du jury dans les catégories Meilleure musique (Lalo Schifrin) et Meilleur acteur de second rôle (Lance Henriksen) aux Austin Fantastic Fest 2006

Preston sort de l'hôpital après avoir subi un tragique accident dans lequel il a perdu sa femme. Il emménage dans son chalet accompagné d'un infirmier. Très vite, il découvre la présence d'une abominable créature dans les parages...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Abominable - Pas si abominable…
Par : Damien Taymans


L’abominable monstre hantant les forêts est l’une des figures emblématiques du cinéma horrifique. Changeant de nom selon les régions et les croyances (le yéti, l’abominable homme des neiges, le Sasquatch, le Bigfoot), le fameux monstre comporte des caractéristiques similaires d’un point à l’autre du globe : il est d’une grande stature (aux alentours de 2m et pouvant atteindre jusqu’à 4m, ouh la belle bête !), il est vêtu d’un pelage prononcé et a pour principal régime alimentaire l’anthropophagie. Assez étonnamment, si le monstre est une des figures légendaires qui hantent petits et grands de par le monde, celui-ci reste assez mal représenté dans le cinéma horrifique. Quelques films épars au sein d’une production plus encline à relater les aventures de comte transylvaniens dentés ou de morts-vivants bouffeurs de cervelle qui déboule finalement sur un nombre très restreint de réussites dans le domaine (pour s’en convaincre, La bête) tant le mythe n’excite que peu de réalisateurs. On n’entrevoyait déjà en Abominable qu’une pièce supplémentaire venant combler ce puzzle cinématographique incomplet.

Mené par Ryan Schifrin (novice en la matière), fils du célèbre Lalo du même nom (compositeur hors pair), le métrage semble prendre une voie toute tracée : direct-to-video avant de finir dans les oubliettes des vidéothèques de quartier. Mais il n’en est rien. Bizarrement, le sujet est bien exploité et son réalisateur sait comment s’y prendre pour manier cet objet délicat, banni d’avance des salles obscures. Présentant sa créature assez timidement au départ du métrage, Schifrin comble rapidement ces lacunes en lui accordant une place de plus en plus grande au fur et à mesure de l’oeuvre. Caché dans des arbres, apparaissant furtivement dans le chalet d’en face, elle fait finalement une apparition gigantesque dans le chalet de Preston pour effrayer ses locataires. D’apparence très réussie, la créature parvient à faire son petit effet et concorde avec sa légendaire réputation.

L’un des intérêts du métrage, outre sa créature en plein champ, réside dans son traitement singulier de l’opposant du monstre. En effet, le héros paraplégique se retrouve bloqué dans son chalet haut perché et n’a d’autre occupation que de regarder ce qu’il se passe dans les fourrages avec ses jumelles (en se permettant de reluquer ses voisines au passage). Puisant dans la mise en scène édifiée par Fenêtre sur couret utilisée depuis pour quelques oeuvres (Mimic 3 et autres Paranoiak), Schifrin n’innove pas tellement et parvient même à ennuyer son spectateur en restreignant son champ à un espace clos dont on a rapidement fait le tour.

ISchrifin compile les hauts et les bas pour sa première oeuvre, symbole du tâtonnement cinématographique que représente cette incursion. Abominable porte finalement assez mal son nom puisqu’il comporte quelques bonnes idées et permet surtout de voir réunis les trois larrons du cinéma de genre que sont Lance Henriksen, Jeffrey Combs et Rex Linn pour un moment d’anthologie aussi inutile que faramineux.

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