Critique de film

Ab-normal beauty

"Sei mong se jun"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2004
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Oxide Pang Chun
  • Pays d'origine : Hong Kong
  • Durée : 1h41
  • Scénariste : Oxide Pang Chun, Thomas Pang
  • Musique : Payont Permsith
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Race Wong, Rosanne Wong, Anson Leung, Michelle Mee, Ekin Cheng
  • Récompenses : Nominé au Prix des Meilleurs effets visuels à Hong Kong (2005)

Après avoir photographié un accident mortel, Jiney sombre dans la schizophrénie. Elle devient alors obsédée par l'idée de fixer le moment de la mort qui, à ses yeux, est la seule forme d'esthétisme…

Les critiques à propos de ce film

Critique de Ab-normal Beauty - Belle comme la mort...
Par : Gore Sliclez


Jiney, étudiante en photographie en perpétuelle quête de perfection, est un jour confrontée à la vision choc d’un accident de voiture qu’elle prend en photo. Cette approche de la mort devient alors une obsession pour la jeune fille qui prend goût aux visions morbides et entre dans une introspection malsaine qui va l’obliger à affronter ses démons du passé.
On ne présente plus les frères Hongkongais Oxide et Danny Pang, auteurs à succès de la saga The Eye ou du décevant The Messengers.

Pour l’occasion, le premier cité (à savoir Oxide Pang) se retrouve seul derrière la caméra et se lance ainsi dans une œuvre propice à une expression artistique personnelle, laissant son frère s’affairer à la production. On sait d’Oxide qu’il fut coloriste au début de sa carrière, dès lors quoi de plus normal pour celui-ci que d’apporter sa palette artistique pour nous offrir une œuvre dense et riche. Riche par son scénario qui nous dépeint dans une première partie poignante une jeune artiste aux prises avec des émotions perverses qu’elle ne connaissait pas en elle. Une héroïne seule, terriblement seule, pourtant mise en garde par sa meilleure amie et qui se lance à corps perdu dans une fascination destructrice. Race Wong est belle, émouvante et son interprétation est remarquable, superbement mise en valeur par une photographie léchée, étudiée et des plans soignés qui donnent à l’œuvre une connotation film d’auteur sans être nombriliste et tout en restant inquiétante.

Et puis, sauvée de la folie qui s’était emparé d’elle, Jiney devient victime d’un harcèlement étrange. Une deuxième partie de film qui va sombrer dans l’horreur pure quand l’étudiante reçoit des cassettes vidéo montrant des connaissances enchaînées à une chaise de torture et devenant sujets pour des snuff movies horribles. Autre perversion et autre démarche ultime d’un être malade, victime comme Jiney de l’obsession à l’image, du voyeurisme culturel propre à une société asiatique en proie à des problèmes identitaires et de communication. Une scène finale très dure voire insoutenable, d’un gore étonnant et très visuel une nouvelle fois.

Ab-normal Beauty est d’un esthétisme renversant, troublant. Un voyage introspectif fort, une réflexion sur l’attirance de la mort et sur la puissance et l’influence de l’image. Un témoignage poignant et comme initiatique d’une jeune fille qui se cherche et se découvre après avoir découvert l’enfer. Un film qui marque les esprits…

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