Critique de film

Lonely Place to Die (A)

"A Lonely Place to Die"
affiche du film
  • Genre : Thriller horrifique
  • Année de production : 2011
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Julian Gilbey
  • Pays d'origine : Angleterre
  • Durée : 1h38
  • Budget : 3 millions de livres sterling
  • Scénariste : Julian Gilbey, Will Gilbey
  • Musique : Michael Richard Plowman
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  • Bande annonce
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  • Casting : Melissa George, Ed Speleers and Eamonn Walker, Sean Harris, Alec Newman, Kate Magowan, Karel Roden, Garry Sweeney, Stephen McCole, Paul Anderson, Holly Boyd
  • Récompenses :

A Lonely Place to Die suit cinq amis qui ont loué un chalet en pleines montagnes écossaises pour faire de l’alpinisme. En pleine randonnée, ils découvrent une jeune fille enterrée vivante en plein bois. En tentant de la ramener au village le plus près, ils se retrouveront pourchassés par les kidnappeurs de la fillette, qui veulent ravoir leur butin à tout prix.

Les critiques à propos de ce film

Critique de A lonely place to die - Mortelle randonnée
Par : Seb Lecocq


Nouveau film de genre anglais, une des nouvelles places fortes du cinéma fantastique mondial, le premier film de Julian Gilbey est présenté comme un survival montagnard tendu et rugueux mais souvent suivi d’un « mais c’est aussi plus que ça… » Et c’est parfaitement résumé. A lonely place to die est bien « un survival montagnard mais c’est aussi plus que ça ». Pour le meilleur et pour le pire.

Le meilleur réside dans la partie survival montagnard qui n’est pas sans rappeler le traumatisant The Descent de Neil Marshall. Décors naturels de toute beauté, magnifiés par la mise en scène, petit groupe de sportifs de l’extrême (des alpinistes ici), réalisation sèche, rugueuse mais non dénuée d’amplitude. Pour s’en convaincre, les scènes d’exposition réussies présentant parfaitement les divers personnages et les motivations de tout le groupe. Puis intervient l’élément perturbateur : le groupe découvre une fillette ne parlant pas leur langue enfermée sous une trappe, à même le sol. Et c’est là que les emmerdes commencent. A partir de ce point de rupture, toutes les hypothèses deviennent plausibles et on est chauds bouillants pour la suite. Le groupe se met donc en quête des autorités afin de leur livrer la fillette. Mais les commissariats ne courent pas les rues dans les Highlands écossais.

Ensuite, le groupe se sépare. Monumentale erreur, il ne faut jamais se séparer. Le film emprunte les routes balisées du survival tout en restant très efficace et tendu. Bénéficiant d’une sacrée plus-value apportée par les décors fabuleux des hautes terres écossaises, A lonely place to die convainc énormément grâce à son ambiance à la Deliverance et à une mise en scène qui rappelle Les Proies de Lopez-Gallego. Ensuite, le film perd progressivement cette tension et prend en peu la pose gratuitement en multipliant les ralentis inutiles, les incohérences et un score plus propice à un blockbuster de Michael Bay qu’à un survival de ce type. Alors que jusque-là, Gilbey frôlait le sans faute, il va désormais multiplier les fautes de goût et les erreurs de débutants, souvent classiques des premiers films. Un exemple parmi tant d’autres : la mort d’un des personnages principaux filmée dans un ralenti racoleur qui montre bien chaque impact de balle le transpercer de part en part. Trois fois. L’impact, la surprise, la tension, l’ambiance sont diamétralement opposés à ceux instillés par le premier meurtre, sec, brutal et saisissant. A partir de cet instant, le réalisateur oublie ses intentions premières et part s’empêtrer dans des deuxièmes et troisièmes actes plus proches d’un épisode de 24H Chrono que du survival racé qui dominait la première demi-heure.

Gilbey, first-time-director, pèche essentiellement par excès. Il veut en faire et en dire trop au lieu de rester dans la simplicité. Il multiplie les plans gratuits et les arcs scénaristiques inutiles. Sa plus grosse erreur sera de quitter les somptueux décors naturels pour embarquer son casting dans un village écossais ; un déplacement qui coïncide avec un changement de registre déstabilisant, le métrage glissant du survival âpre au thriller basique. Avec des méchants méchants, des méchants moins méchants et des gentils qui se coursent et se tire dessus. Au milieu de tout ça, Melissa George (30 jours de nuit) se démène tant bien que mal entre tous les acteurs et les rôles secondaires aussi nombreux qu’inutiles (bien qu’excellents, pour al plupart). Que ce soit Sean Harris en salopard de première ou l’impeccable et trop rare Eamonn Walker (Kareem Said dans la série Oz).

On restera toutefois indulgent au vu des qualités indéniables de Julian Gilbey, capable de shooter avec force et pertinence par moments. Le réalisateur gagnerait à dépouiller son ciné, à revenir à l’essentiel de son histoire. A ne pas chercher à absolument épater la galerie. On se souviendra d’une première demi-heure de très haut vol et on préférera oublier la suite, digne d’un dtv avec Steven Seagal mieux shooté que la moyenne mais c’est tout.


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